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Médecine traditionnelle à Ségou

Abdoulaye Koné est le président de la fédération des tradi-thérapeutes de Ségou. La fédération regroupe plus de 70 personnes venant de Ségou. En plus de ceux-ci, d’autres sont basés dans toutes les localités de la cité des balanzans (Ségou). Il estime que « de nombreux thérapeutes sont des opportunistes et racontent des bêtises à  la radio. Cependant, nous ne sommes pas tous pareils.» Les thérapeutes travaillent en collaboration avec les médecins. Ils échangent souvent leurs patients. C’est-à -dire, lorsqu’un malade n’arrive pas à  se rétablir chez le guérisseur, il est tout de suite ramené par ce dernier, à  l’hôpital. Ce sont le plus souvent, des malades atteints de tuberculose ou de paludisme, comme l’explique le Dr Dicko, responsable de la Direction Régionale de la santé de Ségou. « Nous organisons des séries de formations avec les thérapeutes qui, il faut le signaler, disposent d’un plan d’action sur toutes les activités que nous menons ensemble. » Les thérapeutes en campagne pour planification familiale Le Dr Dicko affirme que l’utilisation de la planification familiale s’accroà®t considérablement après chaque campagne menée avec les thérapeutes. Cela tient certainement au fait que, les populations rurales accordent plus de crédit aux traditionalistes qu’aux médecins. La médecine traditionnelle est la pratique la plus courante dans les communes rurales de Ségou. Mais de plus en plus, les choix se portent vers la modernité, grâce bien entendu, à  l’implication de nos guérisseurs. Ces derniers se disent même satisfaits de l’étroite coopération entre eux et « les modernistes » comme ils disent souvent. Mr Koné explique qu’ils sont conscients de l’importance de la santé de la femme et de l’enfant. « Mieux vaut avoir deux enfants en bonne santé, plutôt que 20 qui se suivent étroitement et tout le temps malades. » La fédération des tradi-thérapeutes de Ségou, mène régulièrement de campagnes d’information et sensibilisation pour la planification familiale. Avec 2.229.919 habitants, le taux de prévalence de planification familiale est de 5,9 %. Le Dr Dicko estime que des efforts sont encore à  fournir. Même si un grand pas a été fait depuis 2002, date de début des campagnes. Difficulté de compréhension Néanmoins, la collaboration n’est pas toujours facile. Mr Koné explique que la plupart des médecins refusent d’admettre qu’ils ont échoué dans les soins. « Ils refusent de nous impliquer dans les traitements des malades. Or, nous sommes formés pour cela. Nous connaissons les différentes compositions des médicaments que nous prescrivons à  nos malades. Parce que nous suivons régulièrement des sessions de formations avec des experts venant non seulement d’Afrique, mais également des Européens et des Américains. Nous ne sommes pas des criminels après tout. Aucune science n’est à  100% exact. Il faut donc que les docteurs, infirmiers, sages femmes, et tout le personnel des hôpitaux comprennent que ce n’est que lorsque nous nous donnerons la main, que nous pourrons faire avancer le pays en matière de santé publique. » Médecine traditionnelle contre médecine moderne Mr Koné se dit désolé que les plus réticents aux pratiques traditionnelles, soient essentiellement les internes dans les hôpitaux. En effet, les chefs donnent leur accord afin que les thérapeutes puissent exercer librement avec leurs collègues médecins, lorsque ces derniers sont en blocage. Mais C’’est presque utopique. Rare sont les hôpitaux ou encore, centre de santé de référence à  Ségou qui accepte l’idée de partager les connaissances.

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