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Moustapha Diallo : un féticheur hors pair au Mali

Nous sommes dimanche et le trafic de Bamako est très faible. Peut-être à  cause du Ramadan qui tire vers sa fin. Quelques véhicules seulement font le concert dominical de la capitale malienne. A l’ouest de Bamako, on emprunte la route de Farabana au niveau de Sébénikoro. Dans une Corola, mon collègue Hamidou Diarra dit Dragon et moi-même roulèrent à  80km/h. à  cause du mauvais état de la route, on peut pas aller plus vite que çà . Après une demi-heure de voyage, nous voilà  enfin à  Farabana. Bonjour Madame ! Salua mon collègue une dame au bord de la route. Nous cherchons le domicile de Moustapha Diallo. C’’est sur votre droite répond la quinquagénaire. Sur ses conseils, nous nous rendons jusqu’ à  la maison de Moustapha Diallo. Sur place C’’est un spectacle. Un des rares, une affluence digne du nom. Des hommes, des femmes, des autochtones, des étrangers… la cour de près 50m² est presque pleine d’hommes et de véhicules. O๠est le féticheur ? Après les salamalèques, mon collègue nous introduit. « Nous cherchons Moustapha Diallo ». « C’’est moi Moustapha Diallo », répond un homme habillé en basket derrière ses fétiches. Nous sommes surpris de voir Moustapha, puisqu’à  la veille, le commissariat du 6e arrondissement avait arrêté un homme qui se faisait passer pour notre hôte. Un « faux Moustapha, trafiquant d’armes et de drogue entre le Mali et la Guinée ». D’ailleurs, C’’est cette information qui nous a conduit à  Farabana d’o๠vie le féticheur. « Après les présentations, Moustapha accepta de répondre à  nos questions. Le mythe d’une pratique Poules attachées en troupes, chèvres égorgées ici, colas mâchées et versées sur des fétiches, des plantes mises au soleil là , et pourtant, Moustapha ne peut pas prononcer deux phrases sans rendre hommage à  Allah, le Dieu des musulmans, Ce Dieu Omniscient et Omnipotent. Et pourtant, Moustapha est l’un des rares Maliens à  se consacrer à  cette pratique aussi vieille que de la terre. Il ne prie pas comme les autres membres de sa famille qui sont musulmans. Mais il affirme être croyant. « Avant de prendre les fétiches, nous sommes d’abord crées par Un àŠtre Suprême et Invisible », explique t-il. Quand nous avons surpris Moustapha évoquant son fétiche, tous ses propos étaient compréhensifs. s’adressant en malinké à  son fétiche, on pouvait comprendre : , implore t-il à  son fétiche. La gloire du fétichisme Moustapha Diallo est un homme connu au Mali et à  l’extérieur. Son nom est chanté par les artistes. Chasseur, féticheur, guérisseur etc. on entend surtout ses louanges dans les chansons de Sékouba Traoré dit Sékoubani. Dans la cassette enregistrée lors d’une cérémonie de chasseur, Moustapha fait des promesses à  Sékoubani. Il lui promet un gigot d’antilope qu’il tuerait lui-même en brousse, sachant qu’il n’y a plus de gibier dans les brousses maliennes. C’’est en général des défis que se lancent les chasseurs. Et Moustapha en a relevé plusieurs défis selon son entourage. Autour de la cinquantaine, ce malien boit aujourd’hui dans son gobelet. Sa folie, C’’est de collectionner les marques de véhicule. Dans sa cour de Farabana, il échange Hummer et V8, deux marques qui font la une des marques prisées au Mali. telles sont les explications que donne le jeune chasseur à  ses détracteurs. Une clientèle élargie Le jeune féticheur n’a pas besoin de publicité autour de sa personne pour avoir des clients. Il reçoit en moyenne 80 visiteurs dans son Farabana natal. « Mes clients viennent de partout. Je dois recevoir cette semaine un arabe. Mes clients viennent de partout le monde. Au moment ou arriviez, je venais de libérer deux jeunes ivoiriens », a-t-il ajouté. Chrétiens, musulmans, animistes, Maliens et étrangers, bref il est sollicité par tout le monde. De grandes personnalités lui rendent nuitamment visite. Malgré notre insistance, il n’a pas cité de nom. [c Moustapha Diallo ]  » Quand J’ai payé ma Hummer, on m’a accusé de trafic d’armes et de drogue. Mais puisque vous voyez, je ne me reproche rien  » [c/] Un homme envié Le fétichisme est métier assez difficile pour ses pratiquants d’aujourd’hui à  cause de l’influence des religions musulmane et chrétienne. Ces religions dites révélées n’acceptent pas que leurs adeptes pratiquent ce « métier ». Quand on est alors féticheur, on est perçu autrement par société. Mécréant, infidèle, les qualificatifs n’en manquent pas. Les quelques personnes qui ont choisi le fétichisme se regardent en chien de faience. a déploré Moustapha. Le féticheur pense que les rumeurs qui courent dans son dos sont des machinations d’autres féticheurs qui n’ont pas encore eu son sacre. Intouchable, il croit bien mériter sa gloire.

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