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Rencontre avec Alioune Ifra N’diaye : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années »

Il a fait des études de cinéma à  l’université de Montréal (Canada), avant de revenir boucler des études d’histoire et de géographie à  l’école normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Il ira ensuite parfaire les techniques de réalisation en audiovisuel en France. Alioune décroche un DEA en ingénierie culturelle et un DESS en économie de la télévision. En 2004, il reprendra la structure BlonBa avec l’écrivain français Jean – Louis Savaux pour un réaménagement en profondeur. C’’est donc un expert de la production et de la réalisation qui ouvre son C’œur à  JournalduMali.com JournalduMali.com : Qu’est-ce qui t’a motivé à  venir t’installer au Mali ? Alioune Ifra N’diaye : Lorsque J’ai terminé mes études en 2001, je suis rentré au Mali parce que J’avais déjà  une assise. Lorsque J’étais encore étudiant à  l’ENSup, J’étais déjà  à  l’ORTM comme stagiaire réalisateur. J’ai acquis une certaine expérience depuis ce temps là . Je savais à  peu près comment fonctionnait la profession à  la fin de mes études en 2002. J’ai donc préféré venir faire partager mon expérience avec mes compatriotes au pays. A mon retour, J’ai repris à  l’ORTM. Avant de m’assumer en tant qu’indépendant. J’ai pris le risque de reprendre BlonBa, qui existait déjà  structurellement. Et je ne le regrette pas du tout. Journaldumali.com : Est-ce que tu es fier de la structure BlonBa aujourd’hui ? Alioune Ifra N’diaye : Fier C’’est trop dire. Mais je pense quand même que les choses se mettent en place. On est reconnu et ça nous fait plaisir. Mais maintenant, le reste est de pouvoir faire de telle sorte que je puisse partager ce qui est entrain d’être créee petit à  petit au sein du studio BlonBa. Voilà  ce que je trouve génial dans l’affaire. Journaldumali.com : comment fonctionne la structure Blonba ? Alioune Ifra N’diaye : C’’est une entreprise privée qui fonctionne avec une économie mixte. Il y a un aspect ‘économie de subvention’ et, un aspect ‘économie de marché’. On essaye de les coupler pour pouvoir faire face à  nos charges. Nous avons une trentaine de salariés et essayons de fonctionner normalement comme une entreprise privée. Mais, on est avant tout, une agence culturelle. Et qui dit agence culturelle, dit subventions. Journaldumali.com : Quel genre de prestations propose l’espace culturel Blonba ? Alioune Ifra N’diaye : Nous faisons beaucoup de productions. On fait entre autre ‘’Magnamaga », une émission biennale de téléréalité qui met en compétition, de jeunes couples fiancés, sur l’ORTM. Et la 2e édition débute en 2010. C’’est nous qui avons fait la première édition de Case Sanga sur Africable. Je n’oublie pas notre émission phare ‘’A nous la citoyenneté » tous les samedi et jeudi sur l’ORTM. Pour finir, nous avons enclenché un nouveau concept qui s’appelle ‘’Citoyen nous sommes », dont la première diffusion est prévu ce jeudi sur l’ORTM. Journaldumali.com : La salle fait combien de places ? Alioune Ifra N’diaye : Ca dépend de la manifestation qu’on reçoit et de la configuration qu’on en fait. C’’est de 200 à  700 places. Plusieurs activités s’y passent : Les concerts, les dà®ners de mariages, les baptêmes. C’’est aussi un night-club ouvert tous les week-ends. Journaldumali.com : Comment se passe le partenariat avec l’ORTM ? Alioune Ifra N’diaye : Bien. Nous avons une série d’émissions en cours qui à  mon avis, si on arrive à  créer un partenariat plus structurel avec la chaà®ne nationale, pourra être développée dans les jours et les années à  venir. Journaldumali.com : Blonba fait-elle de la production d’artistes ? Alioune Ifra N’diaye : Non. A chacun son boulot. Nous sommes bien entendu dans l’ingénierie culturelle mais, notre rôle, C’’est la création. Moi-même étant créateur, je peux aider un artiste à  faire de la création lorsqu’il me le demande. Mais ça se limite à  ça. Blonba n’a pas les moyens de faire une multitude de choses en même temps. Nous ne pouvons donc pas produire les artistes. Les moyens dont nous disposons, sont utilisés pour créer nos réalisations. Journaldumali.com : Qu’est-ce qui est prévu pour la réouverture du BlonBa ce vendredi ? Alioune Ifra N’diaye : Nous organisons une opération de relations publiques autour de notre avant-dernier spectacle ‘’Bougougnéré invite à  dà®ner », dont je suis coauteur avec mon ami et écrivain français Jean-Louis Savaux. Il sera donc présenté au grand public ce vendredi. Nous aurons l’honneur d’accueillir le premier ministre Modibo Sidibé et quelques autres ministres. Ce sera également la première fois que BlonBa va préparer une saison culturelle. Journaldumali.com : Quels seront les must de cette saison 2009/2010 ? Alioune Ifra N’diaye : Nous avons prévu de structurer notre saison autour du vendredi soir. C’est-à -dire que chaque vendredi soir, on propose un spectacle vivant au public bamakois. Et le samedi soir, ce sera un peu du divertissement dans la discothèque qui sera axé autour de l’espace scolaire et universitaire, et le vidéo-jokey, c’est-à -dire le mixage vidéo. Journaldumali.com : De quoi parle votre spectacle ‘’Bougougnéré invite à  dà®ner » ? Quels sont les acteurs qui interviennent et quel est votre sentiment face à  la nomination de la pièce au grand prix Afrique terre francophone ? Alioune Ifra N’diaye : Dans cette pièce, nous essayons par une situation cocasse, de dénoncer cette culture d’assistanat qui s’installe dans nos pays. C’est-à -dire qu’on attend toujours de l’aide d’autrui. l’enfant attend toujours de l’aide de la famille, le cousin attend de l’aide de son cousin, l’administration publique attend de l’aide des partenaires. C’est-à -dire qu’il y a une culture d’aide qui s’installe. Faisant en sorte que nous ignorons nous mêmes nos propres moyens, pouvant nous permettre de nous développer. On essaye plus ou moins de dénoncer cette culture de médiocrité. La pièce a été nominée 6 fois en effet, dans les catégories meilleur auteur, meilleur comédien masculin, meilleur comédien féminin, meilleur spectacle de recherche… C’’est un plaisir pour nous, parce que ça fait quand même quelques années que la pièce tourne. On est à  plus de 150 représentations. Parmi les acteurs nous avons : Djara Sanogo plus connu sous le pseudo de Bougougnéré. C’’est d’ailleurs le personnage qu’on a récupéré pour écrire la nouvelle pièce. Il y a également Michel Sangaré qui est très connu et le rappeur King, qu’on a reconverti en comédien.

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