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Huicoma Koulikoro : la descente aux enfers

Les travailleurs avaient donné un délai de 15 jours à  la Direction de la société et aux autorités maliennes de tout mettre en œuvre afin de résoudre la crise qui secoue la société. Suite à  la déclaration remise au gouverneur de la région, le ministre des investissements, de l’industrie et du commerce a initié un dialogue entre les deux parties. Mais la rencontre n’a rien donné parce que le PDG de la société s’est fait représenter. Toute chose qui a provoqué la colère des porte-paroles des travailleurs. Quelques semaines après, les délégués des travailleurs se sentent dans l’obligation d’informer leur base. « Nous avons fait appel à  cette population qui nous a accompagné tout le long du processus, pour partager avec elle les informations que nous avons depuis la grande manifestation du 24 septembre », a lancé Bakary Berthé, secrétaire général du comité des travailleurs d’Huicoma; l’ultimatum « Trop C’’est trop », « Huicoma est notre raison d’être! », ce sont de tels slogans qu’on pouvait lire sur les pancartes au meeting de samedi dernier. Les responsables des travailleurs ont brossé la situation de long en large. A l’issue des échanges, une nouvelle déclaration a été faite par le secrétaire général. l’assemblée a demandé le paiement sans condition du plan social des travailleurs. La reprise sans délai des activités de l’entreprise, le paiement des arriérées de salaires et le retrait du groupe Tomota de la gestion de la société. Cette dernière requête semble être le point essentiel des revendications depuis la mise en concession de Huicoma. « Si l’Etat ne fait rien, nous avons tous les moyens de retirer la société des mains du groupe Tomota », a menacé M. Berthé. La menace est on ne peut plus claire si l’on se réfère à  l’arrestation d’une trentaine de travailleurs après la grande marche de septembre. Une ville paralysée l’usine s’est arrêtée et avec elle toutes les activités de la ville. Près de 80% activités économiques sont liées au de Huicoma. Avant la privatisation près de mille personnes étaient employés dans l’usine. Plus de 400 ont été licenciés et les travailleurs actuels n’ont pas perçu de salaire depuis le mois de mai. La situation affecte aujourd’hui des centaines de famille. Du coup C’’est toute l’économie de la ville qui est touchée. Les produits de l’usine (savon, huile…) sont devenus des denrées rares sur le marché national et même koulikorois. C’’est pour toutes ces raisons que le comité des travailleurs demande l’annulation du contrat de cession de l’usine. La requête est assez lourde à  résoudre pour un gouvernement engagé dans un processus de privatisation.

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