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L’édito du Lundi : Des millions de moutons au paradis

Au delà  du sacrifice d’Abraham, ce qui me fait plaisir dans la fête de Tabaski, c’est l’esprit de solidarité qui se dégage de cette fête religieuse. Après avoir sacrifié ce bélier qui s’en sera allé au paradis d’Allah, ne faut-il pas découper l’animal et le partager en quartiers de viande à  distribuer aux pauvres et aux amis. Et c’est une incroyable caravane de solidarité qui anime les quartiers de Bamako. On frappe alors à  la porte du voisin pour lui tendre une cuisse ou un dos; Parfois ce sont des plats fumants qui arrivent dans votre salon. Et ceux qui n’auront pas eu assez de pouvoir d’achat pour s’acheter un bélier, auront droit à  la viande cuite. D’ailleurs, la tradition veut aujourd’hui que le sacrifice ait lieu devant le seuil de sa maison. Ainsi voit-on des carcasses de moutons pendues aux branches des arbres, des trous de terre à  peine rebouchés et fumant encore du sang frais de l’animal, des peaux qui sèchent déjà  sur les murs et de jeunes gardiens, qui brûlent à  grands feu, la tête du mouton, les pieds et la queue… Coutumes Africaines Le sacrifice du Mouton est un véritable art de vivre et qui touche aussi à  la coutume des différents pays de la sous région. Au Mali, on dévore le foie et la viande grillée, le jour même de la fête. En Algérie, au Maroc, au Niger, o๠existe une forte communauté Touareg, on consomme d’abord les abats ( foie, rognons, intestins) le premier jour et la viande à  proprement dite les deux autres jours, car la fête dure trois jours. De villages, en villes, de localités en bourgades, le mouton a milles et une manières d’être dégusté. Dans les tribus berbères du nord du Maroc, on enterre la viande sous des pierres chaudes et on la consomme longtemps après, tandis qu’au Niger, elle est séchée au soleil. Ailleurs, en Afrique, la cervelle est consommée en soupe et fait le bonheur des gourmets. D’autres aiment les tripes accompagnés de couscous de mil comme au Sénégal ou à  la mode de Caen. Pour ma part, j’ai une préférence pour les côtes grillées. Alors, s’il vous reste encore quelques morceaux de viande, n’oubliez pas le voisin d’à  côté ou le pauvre vagabond qui passera devant votre porte. N’omettez pas le mendiant qui supplie, ni le jeune chômeur qui n’a pas d’emploi. Si la crise économique est là , le pouvoir d’achat n’a pas les mêmes détenteurs. Et si vous entendez frapper doucement à  votre porte, qui sait, c’est peut être l’ange Gabriel, déguisé, qui vient vous rendre visite ! Saha Aidkoum ! Bonne fête de Tabaski !

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