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Etat Généraux du Foncier : quelles perspectives tirer des prochaines assises ?

Le comportement peu orthodoxe des vrais acteurs du foncier au Mali constitue, à  n’en pas douter, un véritable goulot d’étranglement qui jure avec toute tentative de réorganisation du secteur domanial. Tout d’abord, il faut entendre par vrais acteurs, tous ceux qui interviennent d’une manière ou d’une autre dans la chaà®ne d’attribution des terres et ou de délivrance des titres fonciers. Il faut citer les élus locaux, les services techniques de l’Etat, la société civile, les détenteurs de droits coutumiers, les exploitants ruraux. Spéculation à  outrance Aussi, personne n’ignore qu’au Mali, la gestion foncière reste très problématique car le secteur souffre à  tous les niveaux d’une spéculation à  outrance. Le secteur se trouve ainsi, de plus en plus meurtri par l’amateurisme de ses propres acteurs. Egalement, il faut mettre à  l’index les élus communaux en passant par les particuliers, qui opèrent sous caution de hauts responsables des domaines et du foncier. Tout en s’adonnant à  des exercices de spéculations frauduleuses, ces derniers se sont érigés en grands instigateurs du désordre foncier. Ainsi, tout acte par eux posé dans le domaine du foncier, est sujet à  polémique. La plupart de ces acteurs, au quotidien, cèdent (par exemple) un domaine à  plusieurs détenteurs de titres, d’o๠les récurrents litiges fonciers. Et pire encore, n’importe qui, est habilité à  faire ou à  se lancer dans la délivrance des titres. Ou est donc passée l’autorité de l’Etat ? Litiges fonciers Force est de reconnaà®tre que l’existence de ces nombreux litiges autour du foncier remettent suffisamment en cause la crédibilité de l’Etat et de ses démembrements. Aussi, y a-t-il un paradoxe, quand on réalise que ce sont les « bourreaux » du foncier qui veulent nous faire avaler la pilule « Etat généraux du foncier ». Il va s’en dire que la montagne accouchera d’une souris. Car, à  défaut d’un changement de comportement de ces véreux acteurs, on ne parviendra jamais à  clore le débat autour du foncier au Mali. Mieux, le problème du foncier n’est pas que d’ordre législatif et réglementaire. Certes, notre code domanial et foncier recèle d’un certain nombre d’insuffisances, à  combler nécessairement…Qu’à  cela ne tienne, il y va, tout d’abord d’une refondation des mentalités et de l’adoption de comportements intègres, dignes et responsables sans lesquels, le tonitruant label « Etats généraux » encourt à  coup sur, un échec avéré. De ce point de vue, les fameux Etats généraux du foncier sauront difficilement apporter la solution à  un secteur aussi « miné ». Si globalement, l’initiative entend dégager, de manière consensuelle, les ingrédients d’une nouvelle politique de gestion foncière adaptée au contexte de développement économique et social du pays, il faut d’abord, qu’à  la base, existe une culture citoyenne émanant des acteurs du foncier.C’’est le seul gage d’un système de gestion juste, équitable et durable des terres. Puisque, il faut le dire, nul n’ignore que le foncier constitue à  la fois un important support de production, un patrimoine culturel et social indéniable.

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