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Copenhague 2009 : l’espoir d’un nouvel accord sur le climat ?

Les enjeux du sommet l’enjeu affiché de cette messe est de parvenir à  fixer des règles plus sûres que celles posées par le Protocole de Kyoto. Le débat doit quitter le monde de l’abstrait pour se focaliser sur des objectifs chiffrés.C’’est à  ce titre que ce sommet est décisif pour le présent et le futur de l’humanité. Cette intention a été dite avec force dès l’entame des travaux quand lors de la cérémonie d’ouverture un film d’une grande portée pédagogique a cristallisé un message d’une rare densité tenu par des enfants : s’il vous plaà®t, aidez nous à  sauver la planète ! ». Lars LOKKE, le Premier Ministre danois qui, le premier a pris la parole dans cette antre archicomble, a dit avec insistance que le réchauffement climatique est un phénomène global avant d’émettre le vœu de voir la conférence déboucher sur un accord qui d’après lui est à  portée de main. « La volonté politique est là , nous vous soutenons. Mettons-nous d’accord sur une convention qui soit efficace, constructive et facile à  mettre en œuvre. Soyez visionnaires. Le monde entier compte sur vous », a-t-il laissé entendre. Mme Ritt Bjerregà¥rd, le maire de Copenhague, après son mot de bienvenue a interpelé les participants en ces termes : « Aidez-nous à  faire de Copenhague une « Copenhague », une ville d’espoir, pendant ces deux semaines. S’il vous plaà®t, scellez l’accord ». Cet accord, au centre de toutes les préoccupations revêt des enjeux énormes ; des enjeux qui touchent aux fondements même de l’économie des pays industrialisés, les plus gros pollueurs. Les 30 % de l’Union Européenne Andreas CARLGREN, le Ministre suédois de l’environnement, au nom de l’Union européenne a abattu ses cartes. Sa déclaration est pleine d’espoir : « Je suis ici pour qu’un accord soit conclu. L’UE veut augmenter sa mise et passer de 20 à  30 pour cent de réduction des émissions, mais cela dépend des concessions réalisées par les à‰tats-Unis et par la Chine. La décision finale ne sera pas adoptée avant la phase finale de la conférence. » Six ans pour éviter la catastrophe Au deuxième jour de la conférence, le Président du Groupe international d’expert sur l’évolution du climat (GIEC), n’a pas mis ses gants. Son tableau de la situation est implacable car d’après lui si des concessions notoires ne sont pas faites, la catastrophe longtemps prédite par les scientifiques pourrait arriver dans seulement six ans. Il a cité, à  l’appui de cette thèse, le dernier rapport de son organisation dont la substance peut être ainsi résumée : – disparition possible de la banquise vers la fin du 21ème siècle ; – augmentation de la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes, des vagues de chaleur et des violentes précipitations ; – diminution des ressources en eau des plusieurs régions du monde : pays de la Méditerranée, Ouest des Etats-Unis, Afrique australe et Nord-Est du Brésil ; – élimination possible de la calotte glaciaire du Groenland ce qui entrainerait une hausse de 7 mètres du niveau des mers ; 20 à  30% des espèces vivantes sont menacées d’extinction à  court terme si la température moyenne augmente au-delà  de 1,5-2,5 degrés ; – tensions sur les ressources en eau dues à  la croissance de la population et à  l’urbanisation. Le mot du GIEC Rajendra Pachauri a dit notamment que l’accent doit être mis sur Les moyens d’atténuer les effets du changement climatique. Pour lui, la priorité est à  la limitation des émissions de gaz à  effet de serre : « Nous avons clairement spécifié dans le dernier rapport du GIEC que pour que la hausse de la température n’aille pas au-delà  d’une fourchette comprise entre 2 et 2,4 degrés, les émissions ne doivent plus augmenter après 2015. Cela fait six ans à  partir d’aujourd’hui » a-t-il conclu dans son adresse à  la conférence. Le «texte danois » Au deuxième jour de la conférence, le « Guardian » a publié une exclusivité désormais connue sous le vocable de « texte danois ». Ce texte qui serait une « fuite » date du 27 Novembre représenterait la position du Danemark, des USA et du Royaume Uni. Que dit ce texte ? -le transfert de la gestion de l’aide financière à  la Banque Mondiale et au FMI – l’abandon du Protocole de Kyoto, – l’acceptation d’une inégalité en termes d’émissions de CO2 par personne entre pays pauvres et pays riches à  l’horizon 2050. Les pays sous développés ont vite fait de crier au scandale, car pour eux les termes du jeu sont clairs : le pollueur doit payer, autrement les pays industrialisés sont responsables du changement climatique, ils doivent non seulement réduire leurs émissions de façon significative, mais ils doivent mettre la main au portefeuille pour aider les pauvres s’adapter. Désormais, « le texte danois » est devenu une véritable déclaration de guerre qui a retenu l’attention de tous. La claque chinoise Daredare, la délégation chinoise a animé une conférence de presse sur le sujet. Su Wei, le principal négociateur chinois, a disséqué les propositions de l’Union européenne, du Japon et des Etats-Unis. Il a d’abord évoqué la proposition chinoise : une diminution des émissions de gaz à  effet de serre de 45% par unité de PIB. Cette position sera une contribution importante à  la résolution du problème du changement climatique, a-t-il indiqué. Il a ensuite mis au crible les propositions faites par certains pays occidentaux dont les USA. Pour lui, la proposition de Barack Obama, qui est de réduire les émissions américaines de 17% d’ici 2020 n’et rien moins qu’une blague de mauvais goût. Il affirme que les 17% sont bien dérisoires par rapport aux augmentations constatées entre 1990 et 2005 ; augmentations estimées à  16%. En réalité dira le conférencier chinois, les USA ne proposent d’une réduction de seulement 1%. M. Su WEI a aussi essuyé ses souliers sur l’Union Européenne dont les engagements annoncés ne sont pas d’une grande consistance : seulement 2,6% par an depuis l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto Quid du Japon ? Sa proposition de diminuer de 25% les émissions du Japon est un progrès positif à  mettre au crédit du nouveau gouvernement a reconnu le conférencier chinois qui s’interroge quand même sur la composition ce pourcentage En réalité, cette annonce correspondrait à  une baisse de 8% par rapport à  1990, l’année de référence des Nations-Unies pour évaluer les efforts des pays riches. Le négociateur chinois a déclaré au terme de sa dissection que les pays industrialisés doivent « libérer l’espace atmosphérique » pour que les pays pauvres puissent « brûler » les énergies fossiles dont ils ont besoin pour assurer leur développement économique. A l’occasion, il n’a pas manqué de rappeler « le rôle historique » joué par certains pays industrialisés. « Les causes du réchauffement climatiques, ce sont deux cents ans d’émissions des pays développés… Le volume de l’atmosphère est limité, ce n’est pas parce que vous avez de l’argent et de la technologie que vous pouvez acheter le droit de polluer », a-t-il poursuivi en substance. l’élan du G 77 Les pays en développement eux aussi ont tenu à  se faire entendre. l’un des principaux négociateurs de ce groupe, le soudanais Lumumba Stanislaus Di-Aping, a animé une conférence de presse sur le même sujet. Il a à  cette occasion fustigé les « manigances des pays industrialisés ». «Le texte danois est une tentative pour imposer une solution sur nos leaders politiques», a-t-il déclaré avec emphase. Pour lui, la proposition contenue dans le « texte danois » sur la gestion des fonds d’adaptation par la Banque mondiale n’est que pure diversion car l’échec de la Banque mondiale et de son acolyte le FMI en matière de développement est désormais légendaire sur toute la ligne. Lumumba s’est aussi démarqué totalement du montant annoncé pour le financement. «Les US$10 milliards par an ne suffiront pas à  acheter assez de cercueils pour les habitants des pays en développement », a-t-il laissé entendre. Quel mécanisme de financement ? l’ONU a fixé la barre à  10 milliards par an (sur une période de cinq ans) en attendant une révision à  la hausse. Comme si la source était divine, subitement des centaines de milliards devraient être déboursés pour aider les pays les plus vulnérables à  faire face aux conséquences des changements climatiques et à  augmenter le niveau de vie de leurs populations par des moyens propres. Cette question a été au centre de la première séance plénière qui a suivi celle d’ouverture. Le pavé venu du Pacifique Tuvalu est un minuscule archipel du Pacifique. Il a cependant fait l’actualité de cette conférence des parties. Ces à®les pourraient tout simplement être les premières à  disparaà®tre de la terre si le niveau des océans augmentait. Plusieurs fois, Tuvalu a été complètement submergé par de grandes marées. Maintenant, ce peuple est à  la recherche d’une nouvelle terre d’accueil, car le risque est la disparition définitive de son pays sous les eaux du Pacifique. Après trois jours de débat, le défi apparaà®t clairement. Comment concilier les intérêts de 20% de la population du monde qui entrent en contradiction avec ceux de 80% de l’humanité, en sachant que 80% de l’humanité n’est en rien responsable du changement climatique, mais en paie le prix le plus fort aujourd’hui.

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