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Un an jour pour jour, le bilan africain d’Obama

C’’est le premier anniversaire de l’investiture du président Obama. Pour toutes les femmes du monde ainsi que certains hommes, pour être politiquement correct, le mari de Michelle reste craquant. Elégance austère, costumes sombres, coupe de cheveux tropicalisée depuis par Yopougon, New-Bell et Kibera, le premier pensionnaire noir de la Maison Blanche garde le verbe haut. Mais, C’’est évident : il n’est plus prophète chez lui. Il exaspère l’Amérique bienpensante par sa rhétorique libérale et sa pratique hérétique. Non seulement, il a osé financer le déficit des entreprises avec l’argent public alors que les banques renflouées continuent leur pied de nez au contribuable avec leurs mirobolantes primes. Mais en plus, il veut remettre remettre ça pour l’assurance-santé à  tous les Américains. Obama n’est plus tout à  fait prophète ailleurs, non plus, malgré son prix Nobel qui lui est même disputé. On l’a vu à  Copenhague o๠le monde l’attendait pour annoncer qu’il mettait son pays au pas. Le président américain y a désillusionné, cependant beaucoup de ses fans de la société civile mondiale qui avait applaudi son arrivée. Les bourbiers irakien et afghan n’ont pas arrangé les choses pour lui. Le pays des Talibans est même devenu sa guerre, son futur Viet-nam, le pense t-on, depuis qu’il a décidé d’augmenter les troupes qui son prédécesseur lui avaient léguées. Et même si sur le front haà¯tien o๠Obama s’est surpassé, en engageant massivement l’Amérique, et que cela n’est pas pour déplaire à  l’Afrique, ce continent attend encore son messie. Lui-même n’a jamais promis le miracle. Et son discours d’Accra, au contraire, avait même des accents de réquisitoire contre la gouvernance calamiteuse qui a plombé le continent. N’empêche que les tontons africains ont espéré plus de leur neveu américain dont le discours ne manque jamais de générosité. Mêmes attentes un peu déçues du côte des oppositions qui virent dans le discours de l’homme le plus puissant du monde, les prémisses d’une révolution. Il est vrai que le Kenya est passé par les fourches caudines de la nouvelle administration, que la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Niger, ont tous senti la différence Obama, à  travers des prises de position moins familières de la Maison blanche sur les pays du pré-carré. Le genre d’actions qui tombent entre deux chaises, comme le dit l’Oncle Sam. C’’est-à -dire trop pour les pouvoirs qui eux attendent des chèques, et pas assez pour les opposants qui, eux réclament des sanctions fermes. Attendons pourtant la deuxième année du Messie.

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