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Lutte contre l’excision : le Mali à la traine malgré la sensibilisation

Depuis 1996 le Burkina Faso dispose une loi interdisant la pratique de l’excision et le Sénégal depuis 1999. Dans ses pays, la pratique de l’excision encourt des peines d’emprisonnement. A cet effet les ressortissants de ces pays voisins ou l’excision est interdite viennent faire opérer leur fille au Mali qui ne dispose pas encore une loi. Ce qui fait que le Mali est dans le viseur des pays voisins. Pourtant le Mali a signé des conventions internationales qui l’obligent à  abolir l’excision. C’’est le cas du Protocole de Maputo, ratifié en 2005, qui condamne les Mutilations génitales féminines (MGF). Un projet de loi gelé sur la table de l’Assemblée Nationale Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’excision est définie comme « toute intervention aboutissant à  une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre mutilation des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour des raisons culturelles ou autres et non à  des fins thérapeutiques ». Selon une enquête sanitaire conduite par le gouvernement en 2006, 85 % des Maliennes âgées de 15 à  49 ans sont excisées. Ces femmes qui ont subi cette mutilation, ont de nombreux problèmes de santé. Face à  cette situation un groupe d’ONG a remis, début juillet, un projet de loi ‘interdisant la pratique de l’excision sur les bancs des députés et qui doit être débattu. Ce projet élaboré soumis en début juillet à  la Commission des lois de l’Assemblée nationale est resté sans suite à  cause du non adhésion de la population en majorité. Selon certains députés, C’’est l’opinion de leurs électeurs qui sont pour la plupart contre l’abolition de l’excision. « En tant que politiciens; nous tiendrons compte de leur opinion » a dit un député de l’Assemblée Nationale. Les avis restent partagés sur la loi interdisant la pratique Pour vérifier les informations avancées par le député;nous avons approché certains citoyens sur l’adoption d’une loi interdisant la pratique. Les avis restent très partagés. Agé de 65 ans, N’Golo est vendeur des colas , « ça m’énerve que vous m’abordiez sur ce sujet, les femmes qui luttent contre l’excision sont excisées non. à‡a veut dire qu’elles ne sont motivées que par l’argent donné par les occidentaux pour combattre l’excision », s’insurge t-il. Son point de vue est largement partagé par la plupart des Maliens et relayé dans certaines radios, pour qui cette pratique fait partie de leur identité. « Ces femmes sont les ennemies de notre culture. Nos parents ont appris l’excision de leurs ascendants. Nous, nous devons la transmettre à  nos enfants », commente Abdoulaye Ballo un jeune cadre d’une entreprise de la Place. Le rôle des religieux Quant aux religieux, ils s’opposent aussi à  la lutte contre la pratique de l’excision. Les plus fervents détracteurs de la lutte contre l’excision sont qui se réclament de l’Islam. Adama Sylla commerçant détaillant au Marché et membre des associations des jeunes musulmans a rejeté en bloc la lutte contre l’excision. « ‘Soubana allah’ la pratique de l’excision est citée dans les hadiths donc sa pratique est normale, je ne vois d’inconvénient sa pratique par les musulmans» avance t-il. Par contre, ce jeune est farouchement contre cette pratique; « il n’est dit nulle part dans le coran que la pratique de l’excision est autorisée, elle relève de nos pratiques traditionnelles ». « Si cette pratique est néfaste pour la santé de la femme, je pense que l’on peut l’interdire » argue Kalifa Traoré; professeur d’arabe au lycée. De même avis que cette dame transitaire Awa Samaké qui a comparé le Mali aux autres pays « J’ai voyagé dans beaucoup de pays musulmans ou l’excision n’est pas pratiquée tels que l’Iran, Arabie Saoudite et même l’Egypte, ces pays sont cités en référence comme les pays musulmans. Le sujet n’est plus tabou au Mali Malgré la réticence de la majorité des maliens face à  l’adoption de la loi contre la pratique de l’excision, le sujet n’est plus tabou au Mali. Mme Maiga Kadiatou Touré; représentante de l’organisation mondiale de la francophonie lors d’un atelier de formation des journalistes sur l’excision a laissé entendre « Contrairement à  leurs aà®nés, les jeunes abordent aujourd’hui facilement ce sujet. à€ travers des troupes scolaires, ils sont nombreux à  présenter des pièces de théâtre sur les conséquences de cette opération ». A noter que la sensibilisation a permis à  certaines exciseuses d’abandonner la pratique dans les contrés du Mali.

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