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Renversement de Tandja : une leçon pour les autres chefs d’Etats?

Nombres de chefs d’Etats africains cachent longtemps leurs intentions de rempiler au sommet de l’Etat autant qu’ils le voudront. Pour cela, le tripatouillage constitutionnel est de rigueur. Pour revenir au cas du Niger, il faut dire que C’’est une pure autocratie qui était en gestation dans ce pays. Pour la plupart, il s’agissait de mettre en berne les acquis démocratiques, dans le seul but de régenter la légalité constitutionnelle pour s’éterniser au pouvoir. Le Niger, une leçon de politique Au Mali, les sirènes d’un troisième mandat continuent de retentir. Et ce malgré les confessions d’ATT de n’être intéressé par un troisième mandat, et d’être pressé d’en finir. Ce qui s’est produit au Niger est plein d’enseignements. En acceptant de tomber dans le fossé « miasmeux » de l’histoire, le président Tandja sert désormais de leçon à  tous les présidents africains à  vie. « Cela marque le réveil progressif et remarquable des consciences africaines face au destin de leurs peuples pauvres et martyrisés. La belle raclée subite par le président Tandjà  servira certainement de leçon aux autres. », s’exclame un haut responsable du parti PARENA. Pourvu que les militaires qui ont pris le pouvoir maintiennent le souci de restaurer la démocratie et la légalité constitutionnelle, à  travers l’organisation rapide d’un scrutin présidentiel.Pour le professeur Dialla Konaté de l’Université de Mcbryde Hall (USA), « ce qui s’est passé au Niger n’est pas et ne saurait être un coup d’Etat, mais le rétablissement par tous les moyens de la légalité constitutionnelle que Tandja Mamadou avait confisquée, usurpée et brodée à  son goût narcissique. C’’est un cinglant avertissement à  tous ces hommes et femmes qui s’entêtent et ou projettent de s’accrocher au pouvoir ». Quand le cas du Mali s’invite dans le débat Pour nombre d’observateurs, le syndrome semblable à  celui du Niger était sur le point de se produire au Mali, et n’attendait peut-être que le succès définitif du scénario de Tandja pour s’installer comme un effet d’entraà®nement. En effet, malgré les clarifications et équivoques levées par le locataire de Koulouba, et président de la République ATT, le spectre d’un tripatouillage Constitutionnel continuait à  hanter les esprits. Et malgré que l’éventualité ait été écartée par la Commission de Daba Diawara (Commission de relecture des textes du Mali), la question du mandat présidentiel a rebondi sous une autre forme. Il s’agit de la possibilité de prolonger le mandat présidentiel au détour de l’harmonisation de l’ensemble des mandats électifs. Selon nos sondages, ce sont les proches même de l’homme qui le poussent à  l’œuvre. Des proches qui pressentent déjà  la fin du mandat du prince comme une douloureuse séparation qui les verrait perdre tous les privilèges inhérents aux postes par eux occupés. Du coup, tous les agissements d’ATT laissent planer le spectre de son éventuelle candidature en 2012. Eventualité qui ne sera pas sans conséquence, car il (ATT) sera emmené à  faire botter en touche l’article 30 de la constitution du 25 février 1992. Anguille sous roche ? Depuis son accession à  la présidence de la République, ATT n’a jamais lésiné sur les moyens pour prêter main forte à  certaines têtes d’affiches de l’opposition. Mais, joue-t-il franc jeux avec ces derniers, dont la plupart se sont complus dans l’occupation de haut postes, et souvent de privilèges indus ? Eu égard aux dissensions et divisions au sein de la classe politique, le rassemblement et l’unanimisme suscités par le président ATT, avait, au départ, été salués et applaudis par l’opinion nationale et internationale. Mali : un 3è mandat d’ATT est-il un scénario impossible ? En effet, bien de velléités contestatrices, d’ambitions démesurées et sordides ont permis à  l’actuel locataire de Koulouba de se positionner confortablement et de se percher au pouvoir en 2002. Dès lors, toute la classe politique malienne et le peuple malien, avaient trouvé en l’homme, le leader le plus à  même de donner un nouveau souffle au bateau « Mali ». C’’est ainsi que, bien de responsables politiques avaient choisi de taire leurs « animosité » pour s’allier à  l’occupant des lieux…au profit d’alliances opportunistes. En tout cas, l’attitude d’ATT a véritablement semé le doute chez plus d’un. O๠alors, serait-ce, pour le président ATT, une manière de sortir par la grande porte de l’histoire, ou encore l’ultime moyen pour se positionner pour 2012 ? En tout cas, l’homme a suffisamment ménagé la chèvre et le chou. l’heure est à  jamais venue pour la classe politique de s’armer de courage et surtout de… vigilance.

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