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Procès bâclé des islamistes libérés : La justice malienne bafouée

Les colonisés toujours sous domination des colonisateurs « La libération des terroristes à  la suite d’un procès bâclé par la justice malienne sous l’injonction du pouvoir exécutif (en mission commandée) de la France, décidée à  faire libérer un coopérant français, M. Pierre Camatte, prouve à  suffisance que les colonisés resteront toujours sous domination des colonisateurs. » C’’est du moins l’avis du Cercle de réflexion et d’action des jeunes (CRAJ). C’’est en somme ce que pense le Cercle de réflexion et d’action des jeunes (CRAJ) des autorités judiciaires maliennes à  propos de l’élargissement de quatre islamistes en échange de la libération du désormais ex-otage d’Aqmi, Pierre Camatte. Nous sommes au meeting organisé par CRAJ, au centre Djoliba, dans l’après-midi du samedi dernier. Au menu, tous les dossiers brûlants de l’heure. Ils sont venus de partout : jeunes gens pour la plupart ; compressés de Huicoma ; sympathisants du maire déchu en commune IV, Moussa Mara. Cible choisie, la justice malienne assujettie au pouvoir exécutif. Le menu était pour le moins copieux. Au cours de ce meeting, Mahamane Mariko, président du CRAJ, a interpellé les autorités politiques maliennes face aux mauvais traitements réservés aux dossiers brûlants de l’heure. Il s’agit de la libération « honteuse » de Pierre Camatte contre les quatre terroristes d’Aqmi, le folklore de la fête du cinquantenaire, l’annulation de la victoire de Moussa Mara, la descente aux enfers des agents de Huicoma et enfin la violence inter-ethnique entre les éleveurs et les agriculteurs dans le Wassoulou. l’heure n’est pas à  la fête Le 22 septembre 2010, le Mali aura ses 50 ans d’indépendance et presque deux décennies de démocratie. Pour fêter cela avec faste, le Mali a mis en place une commission d’organisation pilotée par Oumar Hammadoun Dicko. Aux yeux du CRAJ, l’heure n’est pas à  la fête mais au bilan pour parfaire les insuffisances. « Je suis désolé… il ne s’agit pas de donner des tee-shirts aux jeunes à  l’effigie du cinquantenaire mais plutôt d’organiser un forum pour faire le bilan des 50 ans d’indépendance », croit savoir Mahamane Mariko. Le pouvoir judiciaire sous le joug de l’exécutif Selon le CRAJ, la séparation des pouvoirs est loin d’être une réalité au Mali. « Les récents événements illustrent la fragilité de notre indépendance vis-à -vis de la France, mais aussi celle de notre justice qui doit pourtant représenter le dernier rempart de notre démocratie, chèrement acquise, même au prix de sacrifices humains », affirme le CRAJ. à€ titre d’exemple, le numéro un du Craj, cite la libération des terroristes à  la suite de ce qu’il appelle un « procès bâclé » par la justice malienne sous l’injonction du pouvoir exécutif. Selon les responsables du CRAJ, un tel procès pour la libération des terroristes prouve à  suffisance que le pourvoir judiciaire est à  la merci du pourvoir exécutif. Et ce n’est pas sans conséquence, puisque ce procès « peut ternir l’image de notre démocratie », dénonce-t-il. Et Mahamane Mariko de déplorer le laxisme de nos hautes autorités, qui fait du Mali un « no man’s land », avec ses corollaires d’insécurité frontalière et urbaine (les émeutes du 22 février 2010 à  Bamako). Complot politico-judiciaire ourdi contre Moussa Mara « Cette annulation est synonyme de complot politico-judiciaire ourdi contre le jeune Moussa Mara, qui avait donné de l’espoir aux populations de ladite commune par une pratique politique innovante de déclaration de ses biens, mais aussi une gestion participative et concertée des populations aux affaires publiques », déclare le président du CRAJ. Sur un tout autre registre, le leader du Craj dénonce « l’indifférence inqualifiable des plus hautes autorités face au sort désespérant des travailleurs de HUICOMA, victimes d’une gestion mafieuse et d’un capitalisme sauvage, dit-il. » Au demeurant, selon Mariko, le CRAJ affirme avec rigueur toute son indignation et son inquiétude quant à  l’avenir de la démocratie, de l’indépendance du Mali et particulièrement celle de sa justice. à€ sa suite, Bakary Berthé, représentant des compressés de Huicoma, a tenu le public en haleine en expliquant les conditions d’infortune de ses camarades suite à  la privatisation de Huicoma. Sory Ibrahim Camara du camp de Moussa Mara a saisi cette occasion pour lancer un appel à  la jeunesse afin qu’elle reste derrière Moussa Mara, pour ses idéaux de transparence dans la gestion des affaires communales. La violence interethnique au Wassoulou a attiré l’attention de CRAJ qui rappelle à  l’autorité d’assumer sa responsabilité. Enfin, le Craj rappelle qu’il reste fidèle à  ses idéaux démocratiques et de bonne gouvernance des affaires publiques et réitère toute sa disponibilité et son engagement dans le combat pour un Mali émancipé dans une Afrique unie et prospère.

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