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8 Mars : Après les femmes, à quand la journée internationale des hommes ?

La scène se déroule dans un banal salon de coiffure de la capitale Malienne. Lieu par excellence o๠les femmes se retrouvent entre elles pour refaire le monde. C’est alors que le petit Moussa, caché dans les jupes de Mayan, sa tante, lui parle de la journée du lundi dont a parlé la maà®tresse le vendredi en classe. 8 Mars ? « Oui et alors, lui demande t-elle, on travaille ou pas ce jour là ? » « Si,si », répond l’enfant.  » Evidemment qu’on va bosser !,renchérit, une cliente. Je ne vois pas pourquoi on ne travaillerait pas et d’ailleurs, je comprends pas pourquoi il n’y a pas une journée internationale des hommes. Ca veut dire quoi le 8 mars, que nous les femmes nous n’y sommes pas encore ? Moi, j’ai pas besoin d’une journée pour me sentir Femme ! Et les hommes alors, pourquoi pas une journée pour eux hein ? » Moussa la regarde étonné. Il lui faudra quelques années de plus pour comprendre. Mon attention elle, est définitivement captivée par cet avis divergent, alors que partout dans le monde, on se prépare à  fêter cette journée internationale des femmes, à  magnifier la descendante d’Eve et à  rappeler au combien les femmes sont encore faibles, battues, violées, analphabètes et j’en passe… A bien y regarder, cette journée permet effectivement de nous plaindre davantage, que de nous célébrer et nous rappeler à  quel point, nous sommes fortes, braves, fonceuses, travailleuses et j’en passe… Ou alors, à  proclamer nos droits bafouées, notre égalité tronquée, notre sexe faible etc… Dieu sait pourtant que les femmes sont là  et bien là . J’ai envie de citer des modèles de réussite, Oprah Winfrey, icône des médias en Amérique, Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria, Wangari Maathai, Celle qui plante des arbres au Kenya, Christina Kirchner, qui dirige l’Argentine et ma grand mère, Assa Diallo, une femme d’exception et qui dirigeait une concession à  Hamdallaye en l’absence de mon Grand père… Une journée pour les hommes ? Et les hommes dans tout ça ? O๠se placent-ils obligés qu’ils sont de nous souhaiter une merveilleuse journée ? Mais si on passait à  l’acte ? Que font-ils ces messieurs pour nous la rendre exceptionnelle puisqu’elle a été instituée ? « Tiens, ils pourraient faire la vaisselle, le lit, nettoyer la maison, faire la cuisine ! » Oh scandale, s’exclame Souleymane. Et puis quoi encore ? C’est vrai, nous sommes en Afrique, au Mali. Il ne viendrait pas à  l’idée de ces chers messieurs de remplir les tâches dévolues à  la femme. Mais pour soutenir leurs épouses en public, la chose est acquise. Et pourtant, l’égalité commence dans le foyer. Quoi de plus satisfaisant que de voir un homme faire plaisir à  sa femme, sortir de son rôle traditionnel pour épouser les contours de la modernité, développer en lui cette fibre féminine, explorer son Yang refoulé. « Quand mon mari entre dans la cuisine, je suis enchantée, déclare alors Titine, parce que pour une fois, je vais pouvoir me faire les ongles, les doigts de pied en éventail. On imagine la scène avec envie « . Alors à  quand cette journée des hommes ? Oui parce qu’au lieu de nous complaire dans l’autosatisfation ou de nous rappeler à  quel point nous sommes des reines d’un seul jour, nous pourrions ainsi, à  l’occasion de la journée Internationale de ces messieurs, leur dire à  quel point ils sont merveilleux d’oser faire un lit défait, ou de préparer deux oeufs sur le plat, ou encore de baigner la petite, ou de brosser ses cheveux. Leur dire, bravo chéri ! Tu es un Homme complet à  présent ! Oui, nous les femmes, avons une journée internationale, mais c’est tous les jours que nous nous battons pour rendre ce monde meilleur, et avec les hommes, à  nos côtés, le 8 Mars deviendra une symphonie oubliée…

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