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Que s’est-il passé le 26 Mars 1991 ? ATT témoigne

Que s’est-il donc passé ce jour là , quand le fringant lieutenant colonel Amadou Toumani Touré, renversait le Général Moussa Traoré, en Mars 1991, après 20 ans de dictature sous le règne du parti Unique ? C’est la première question que Sidiki Nfa Konaté, Directeur de l’ORTM, a posé à  un ATT, de 20 ans plus vieux, mais toujours aussi pétillant, quant il s’agit de relater les souvenirs de lutte. Alors à  la tête du Comité National de Réconciliation et du CTSP, le comité de Transition pour le salut du peuple, ATT se souvient de ces évènements mémorables, qui ont a jamais scellé son destin, et façonné un pan de l’histoire du Mali démocratique.  » Aujourd’hui, je ne vous parle pas en tant que président de la république, mais en tant que lieutenant colonel de l’armée, président du CRN et du CTSP. Avant d’évouer le 26 Mars, il faut rappeler de nombreux évènements, pour comprendre la mise en place du processus démocratique, rappelle ATT, le pays était en désordre, avec les nombreuses manifestions, mais souvenons-nous également des acteurs, de l’AEEM, de l’Adema, de toutes les associations engagées dans le changement, de la lettre des évêques, qui pronait une ouverture démocratique, de l’UNTM ( l’Union Nationale des travailleurs du Mali), de l’AGDP et tous ces mouvements qui ont porté le flambeau ». A l’époque, les manifestations se multipliaient et, ajoute ATT,  » il fallait arrêter le spectacle désolant. Deux forces allaient l’une vers l’aure, celle du maintien de l’ordre vers celle du désordre ». Conférence nationale A la question de savoir ce que sont devenus tous ces militaires, qui ont pris le pouvoir en même temps que lui, et s’ils sont retournés à  la caserne, ATT évoque la conférence nationale, le comité de transition destiné à  réunir les acteurs pour définir la stratégie d’alors :  » Dans l’armée, il y a une hiérarchie, des valeurs, je suis là  pour témoigner, et pas pour donner une leçon de coup d’état. Alors, nous avons instauré cette conférence nationale, pour l’ouverture démocratique, instaurer le multipartisme ».S Beaucoup d’eau a coulé depuis sous les ponts, a résumé le président :  » Notre pays a fait du chemin. La démocratie s’est installée et le pouvoir quant il a fallu le rendre, nous l’avons rendu », évoquant sans doute Alpha Oumar Konaré, le président avant lui.  » Nous avons de très bons rapports lui et moi, nous nous voyons quant l’occasion nous est donné et je le consulte même pour certaines questions ». Et le général ? Idem, rétorque ATT,  » Je ne l’évite pas mais j’ai aussi de bons rapports avec lui ». Pour toi Mali « A travers cette révolution démocratique, j’ai voulu être utile à  mon pays, c’est tout. Le 26 Mars, c’était un autre départ pour le Mali », conclut ATT. L’histoire elle est là  pour témoigner de cette date mémorable dans l’histoire du Mali indépendant. En effet, la démocratie Malienne a fait du chemin, le pluralisme politique s’est installé, mais que reste t-il des idéaux du 26 Mars, dans un pays o๠la démocratie est critiquée, o๠la corruption règne, o๠l’école est en faillite, o๠les jeunes regardent l’avenir avec crainte ? Si le 26 Mars a le mérite de poser le débat, la célébration du cinquantenaire, est une occasion de mener la réflexion encore plus loin, comme l’indiquait l’écrivain Seydou Badian Kouyaté, dans un propos, dénué de tout complexe.

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