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Cinquantenaires Africains : La Renaissance en marche !

Les symboles sont là . Et le Sénégal n’aura pas fait les choses en petit. Devenu indépendant un 4 Avril 1960, le pays de Léopold Sédar Senghor, d’Abdou Diouf, de Blaise Diagne, de Lamine Guèye, mais aussi d’Abdoulaye Wade, l’actuel président, recevait une vingtaine de chefs d’états africains pour commémorer le cinquantenaire. Durant tout un week-end, Dakar était le centre, que dis je, le point de mire de toute l’Afrique. Et l’affaire aura fait du bruit. Avec d’abord l’inauguration de ce monument de la Renaissance, qui se veut un élan vers le futur, celui de cet homme émergeant de la terre, tenant sa compagne et son fils dans les bras. A l’extrême pointe du Continent donc, est Dakar, ex capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF) et première ville faisant face à  l’Amérique. De l’autre côté se dresse, la statue de la liberté, un autre monument, auquel celui de la Renaissance veut se comparer… Monument et éternité Les monuments, voilà  ce qui nous occupe en cette année de célébration de cinquantenaires. Sont-ils donc l’expression ultime de la volonté d’aller de l’avant pour tous ces pays qui autrefois ont été sous le joug du colonisateur. Pour sa part, Abdoulaye Wade, le président sénégalais souhaite laisser une œuvre à  la postérité tout en y tirant un bénéfice. Le monument s’il rappelle quelque peu une sculpture de Rodin ou une Marianne Française de la Révolution, n’a finalement pas grand-chose d’africain. l’on cherche l’identité de l’homme noir à  travers ce personnage de forme athlétique, puissamment bâti, et une femme à  demi nue, quant ce sont des Coréens qui l’ont construit. « Il n’évoque en rien notre identité », affirme, un sénégalais dubitatif face à  l’oeuvre de 52m, la plus haute du monde, et qui aura coûté 13 milliards de nos francs CFA. « Les personnages ont plutôt les traits des Coréens, qui l’ont construit », juge Aminata, résidente à  Dakar. « Moi je le trouve beau, porteur d’un élan, symbolique, il me fait penser à  la Tour Eiffel ou à  la Statue de la Liberté », commente une spectatrice interrogée lors de l’inauguration. Mais à  vol d’oiseau, l’œuvre est visible tout comme du hublot d’un avion. Du centre-ville comme du quartier de Yoff en bord de mer, on aperçoit cet élan, et ce vent qui évoque la liberté, liberté de penser, d’agir, de vivre… Est-ce en cela que les monuments sont nécessaires ? Pour se souvenir et se projeter dans le futur? D’une durée de vie de 1200 ans, le temps fera donc son oeuvre. Postérité Après la pierre, les hommes sont là , tous égaux devant l’éternel, porteurs de l’élan du futur, à  l’image de ces jeunes enfants défilant sous le ciel clément de Dakar. A Bamako, la communauté sénégalaise du Mali faisait aussi son défilé sur le boulevard de l’indépendance, celui des handicapés du quartier de Niaréla, une manière de ne pas oublier ces éprouvés, mais qui impressionnent par leur détermination. Et puis, leçon de « Sabar », la danse traditionnelle sénégalaise toujours à  Niaréla à  Bamako. Retour à  Dakar, le soleil se couche sur l’atlantique, le monument se pare de lumière et l’image captive. l’homme est lui universel face à  l’invisible, au tempsqui passe et à  l’incertitude de l’avenir. N’a t-il pas toujours besoin de se représenter lui-même, au travers d’une image, pour prouver son existence fragile face à  l’insondable. Abdoulaye Wade voit-il en cette statue le prolongement de son existence à  durée limitée ? Mais là -haut, que pense Dieu de ce monument dédié à  la Renaissance ? Et vous chers lecteurs ?

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