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Lobi Traoré : Le précurseur du ‘bambara blues’ tire sa révérence

Ancré dans les profondeurs de la mysticité bambara Bourama Traoré alias Lobi, est né en 1961 Bakaridianna, un village situé à  vingtaine de kilomètre de Ségou la cité des balanzans. Il a hérité dès la naissance, du privilège d’être directement initié dans la société secrète le ‘komo’. Un lègue qui lui vient de ses parents qui étaient des chanteurs de cette société. l’initiation au komo ne se fait normalement qu’à  l’adolescence, juste avant la circoncision marquant l’intronisation du jeune garçon, dans le monde des adultes. Les bambara disent « on adhère au komo, mais on n’y sort jamais ». C’’est dire par là  que tous les secrets appris dans le komo ne peuvent et ne doivent être dévoilés aux non initiés sous peine de sanctions graves, telle que la mort. Ce privilège a permis à  l’homme d’acquérir un certain nombre d’expériences et de parer à  toutes les adversités de la vie. Il apprendra auprès de ses parents, les secrets et techniques les plus minimes de la musique traditionnelle bambara. Cela influera beaucoup sur son style musical. Un début de carrière prometteur Lobi Traoré commence très tôt sa carrière musicale. Dès l’âge de 16 ans, il quitte son village Bakaridianna, pour rejoindre un orchestre folklorique de Ségou au sein duquel, il interprètera les chansons bambaras. A cette époque, la quatrième région du Mali regorgeait d’énormes talents musicaux en émergence. Lobi faisait partie de ceux là . Après quelques lois, il fait ses bagages, direction la capitale Bamako om il est recruté par un autre orchestre du même genre. En 1977, Lobi Traoré reçoit sa première guitare et fait son entrée dans l’orchestre Djata Band du musicien Zani Diabaté. C’’est avec ce dernier groupe qu’il entamera des tournées à  l’extérieur du Mali. Le groupement musical faisait un tabac dans les années 1980 parce qu’il touchait tous les maliens en général avec ses interprètes bambara (Lobi Traoré), peulh, sonrhaà¯, bozo… Une carrière solo riche et variée Au début des années 1990, l’artiste se lancera dans une carrière solo. Il se fera remarquer grâce à  ses spectacles live au célèbre ‘bar bozo’, situé à  l’époque au quartier de Faladié sokoro’ mais qui n’existe plus aujourd’hui. C’’est dans ce bar que le public découvrira le blues bambara de l’homme. Il était beaucoup sollicité dans les mariages et baptême aux quels il assurait continuellement l’animation musicale en bambara. Il multiplie les prestations jusqu’à  se faire remarquer par des producteurs maliens et étrangers qui l’inciteront à  produire un album. Une discographie riche Lobi Traoré a réalisé en tout et pour tout, sept albums solo. Après la sortie des trois premiers opus, il fait la rencontre de l’harmoniciste du blues parisien Vincent Bucher. En 1996, ils joueront ensemble sur la scène du New Morning parisien (France). Les deux blues parisien et bambara combinées, donnent un mélange à  couper le souffle. Le musicien français accompagnera Lobi Traoré tout au long de sa carrière musicale à  partir de 1996. l’artiste est réalise son 1er album « bambara blues » en 1992 sous la direction artistique d’Ali Farka Touré. Il sera sélectionné parmi les meilleurs albums de l’année dans la catégorie ‘rock’ dans le quotidien libération et ‘musique du monde’ parle le journal français le monde. suivront ensuite « Bamako » et « Mali blues » en 1994, « Ségou » en 1996, « Douga » en 1999. l’artiste est décédé ce mardi 1er juin 2010 à  Bamako des suites d’une courte maladie. Il a été enterré le lendemain 2 juin, au cimetière de Kalabana coura. Dors en paix l’artiste !

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