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Anniversaire du 8 Juin : Les 600 jours d’ATT

Alors qu’en 2009, les analystes politiques s’interrogeaient sur le troisième mandat éventuel du président Malien, ATT a mis fin aux supputations et déclaré qu’il n’en serait rien ! Les spéculations n’ont pourtant pas cessé, et la réforme constitutionnelle entreprise par le président Malien, est venue enfler le débat des observateurs de la scène politique Malienne. Que se cache t-il derrière cette révision ? Quel nouveau tour ATT va-t-il nous jouer, s’inquiètent ceux qui visent le sommet de la colline. Celle du pouvoir bien entendu. Une image ternie Eprouvé par l’Affaire Camatte, en début d’année, le président Malien qui a souffert dans son image, mais gardé la tête haute, a fait l’objet de toutes les critiques pour sa gestion approximative, de la crise du Nord, une crise qui connaà®t un répit depuis la libération d’otages cette année, d’abord le français Pierre Camatte, puis l’espagnole Alicia Gamez et enfin le couple burkinabè dernièrement retenu. Cette fois, il n’y a pas eu morts d’hommes, à  l’inverse du britannique Edwyn Dyer, assassiné en 2008. Le sang versé inutilement, voilà  ce qu’ATT voulait éviter à  tout prix, quitte à  traverser un blizzard diplomatique, ce qui fut le cas, avec l’Algérie et la Mauritanie. Puis tout passe avec le temps. De la guerre froide, l’on est passé au réchauffement du côté d’Alger et de Nouakchott, jusqu’ à  la tenue d’un mini-sommet des ministres des affaires étrangères, en prélude au grand sommet tant voulu par ATT. Une petite déception certes pour l’hôte de Koulouba. 3è mandat ? Entretemps, la question du 3è mandat » a été temporairement mise en berne, mais pas pour longtemps, car à  peine, ATT revenait-il de deux voyages à  Ouagadougou et Tripoli, en Mars, que la réforme constitutionnelle relançait le débat. Et pourtant, ATT l’a dit, et répété : « Je ne briguerai pas de 3è mandat ». Le Mali devrait donc avoir un nouveau président en 2012 ; A vos pronostics ! Il reste donc à  l’actuel locataire de Koulouba, deux ans pour achever les chantiers entrepris, en cette année de cinquantenaire, ceux du PDES ( le prgramme de développement économique et social) un véritable leitmotiv politique et destiné à  rehausser l’image d’un Mali qui se veut moderne : On ne compte plus les poses de première pierre du chef de l’état : l’échangeur multiple, le 3è pont, les hôpitaux de Mopti, de Kati, le centre commercial, les barrages, celui de Taoussa, les universités etC’… Mais deux ans suffiront-ils au président pour tout accomplir ? Qui prendra la relève ? Le mouvement citoyen laissera t-il partir son héros sans le convaincre de rester ? Si réforme constitutionnelle, il y a, ce ne serait donc pas pour tripatouiller la constitution au profit d’ambitions personnelles, mais plutôt dépoussiérer cette constitution malienne intouchée depuis 92, veut laisser croire ATT. En voilà  une innovation, comme un message lancé, lors de cette première moitié d’année mouvementée, surtout au Nord… Et la menace plane toujours avec les enlèvements et le narcotrafic, les attaques rebelles, une vaste toile d’araignée, qui doit ôter le sommeil au locataire de Koulouba. La réforme constitutionnelle On y voit un chantier de poids et d’autres restent suspicieux quant à  l »article 30 ? N’y a-t-il pas un risque de tourner ce texte à  l’avantage de l’exécutif ? Les spéculations vont bon train, mais ATT reste serein et s’en va jouer sur la scène Africaine, o๠il a tant fait défaut. l’on se souvient pourtant de ses médiations en Centrafrique ou au Congo, mais l’on critique son absence sur les scènes ivoiriennes ou guinéennes, là  o๠Blaise Compaoré se dit désormais las. Mais ATT garde le cap et multiplie les voyages de coopération, dernièrement la Chine avec l’exposition Universelle. On retiendra donc cette sérénité du président Malien en toutes circonstances, cette constance dans l’exécution du pouvoir, même si du côté de Koulouba et dans les coulisses, l’on juge l’homme imprévisible, on verra aussi l’accueil toujours chaleureux d’ATT envers ses pairs, libyen, chinois ou brésiliens, surtout quant il s’agira de coopération économique, un homme sachant toujours observer ce continent en évolution… et s’inspirer des autres… ATT le modèle politique ? l’on se plaira aussi à  admirer ATT, à  l’occasion de ce 8 Juin, tout comme l’on n’hésitera pas à  le critiquer dans un pays o๠la pauvreté sociale demeure, o๠les infrastructures miroitantes ne cachent plus le chômage des jeunes, la dérive de l’école, la colère des enseignants. Un pays o๠les poses de première pierre ne camouflent plus le manque d’assainissement des villes. De même que malgré l’initiative riz, on verra la faiblesse d’une agriculture, faiblemeent mécanisée, peu exportatrice, un vaste état o๠les industries restent rares et o๠la présence étrangère défile par vagues au pays de Modibo Keita, pour exploiter à  son compte les richesses nationales. l’or, le coton, bientôt le pétrole… Les prédateurs restent tapis dans l’ombre. L’autre côté du miroir Qu’il est dur de régner, qu’il est beau de faire campagne, plus dur est de partir ! ATT doit le savoir lui qui se dit épuisé, fatigué du pouvoir. Les ballets diplomatiques, les voyages, les sommets exaltent un moment puis lassent, et surtout, ils ne changent rien cette étrange solitude du pouvoir qui enferme(comme ce fut le cas de Tandja au Niger jusqu’à  la chute) ou au contraire, une solitude qui ouvre vers le raisonnable (quitter donc les arcanes dorées de l’état et redevenir un simple citoyen)comme le souhaite ATT. Il le sait, lui le locataire de Koulouba, dont on murmure, qu’il retrouverait parfois son vieux « grin » de Bamako le soir, cet homme qui a désormais hâte de retrouver les siens, à  Mopti, sa région natale, entouré de ses petits enfants. l’envie est-elle toujours aussi vive un an après ? Réponse le 8 juin 2012. Dans 600 jours à  peu près…

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