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Sirandou Diawara : L’Architecture entre traditions et modernité

Bamako, Dakar (o๠elle se souvient avec émotion de la magnifique maison en bord de mer qu’elle occupait avec sa famille), Abidjan et finalement Paris. C’’est donc en France qu’elle passa son adolescence et effectua ses études d’architecture à  l’école de Charenton d’abord puis à  celle de La Villette pour finir par une année d’Erasmus à  Berlin. Elle y fit également ses premières armes de professionnelle avec notamment l’aménagement des berges de quatre communes des Yvelines, la décoration d’appartements de luxe de la capitale mais aussi l’agencement d’agences bancaires. So Da, le seuil de la maison Sa silhouette gracile n’annonce rien, à  priori, de sa détermination et de sa rigueur. Et pourtant, dès 2005, à  à  peine 30 ans, elle crééa son propre cabinet, So Da qui signifie « le seuil de la maison « en bambara. Deux mots qui résument à  eux seuls sa conception de l’architecture. Sirandou aime penser et aménager un espace dans son ensemble, C’’est-à -dire non seulement le bâtiment mais aussi son intérieur et le jardin. Elle veut « raconter l’histoire jusqu’au bout » et non pas seulement un épisode. Mais pour elle, l’histoire doit toujours tirer un trait entre tradition et modernité sans jamais les opposer, selon la méthode japonaise. Ainsi, il s’agit de tirer parti des innovations techniques et des concepts architecturaux modernes tout en y associant des matériaux locaux, des savoirs faire, des richesses artisanales et des cultures ancestrales. Comme un clin d’œil à  sa double culture. Style et authenticité Pour autant, Sirandou refuse de se cantonner dans un style figé qui réadapterait à  l’infini un concept préétabli. Bien au contraire, elle étudie toujours le projet de ses clients afin de coller au plus près de leurs envies tout en les amenant à  aller plus loin. Ainsi, ses réalisations sont hétéroclites. On peut citer (et admirer) à  son actif la rénovation complète de l’Hôtel Azala௠Indépendance à  Ouagadougou qui associe architecture soudano-sahélienne, maroquinerie touarègue et sculptures en bronze typiques du Burkina Faso, des immeubles hi Tech dans le quartier d’affaires de Bamako ou bien encore l’élaboration complète d’une maison de prestige et de son jardin à  la Cité du Niger. Elle travaille actuellement à  la réalisation de la résidence de l’ambassade du Japon, toujours dans la capitale malienne, et est architecte-conseil sur la finalisation de la Cité Administrative qui rassemblera dans les prochains mois tous les ministères en un lieu unique sur les bords du fleuve. Enfin, elle concrétisera dès septembre un somptueux projet d’hôtel quatre étoiles en Côte d’Ivoire ainsi que l’aménagement intérieur de l’Hôtel Azalaà¯ à  Cotonou. Entre Paris et Bamako Après avoir fait la navette entre Paris et Bamako, Sirandou Diawara a fait le choix, il y a six mois de revenir s’établir de façon permanente dans la ville des Trois Caà¯mans. Si le marché malien et ouest africain lui offre des opportunités importantes, Sirandou en souligne néanmoins les difficultés liées principalement à  la perte du savoir faire de la main d’œuvre locale. La transmission des techniques se faisant presque exclusivement de façon orale et pratique, et n’étant pas suppléées par des écoles de formation, les ouvriers perdent peu à  peu les connaissances de leurs aà®nés, autrefois d’excellent niveau. Cependant, par sa présence quotidienne sur les chantiers, son exigence de qualité et son étroite collaboration avec chaque exécutant, cette jeune architecte, aujourd’hui largement reconnue dans son pays et au-delà , contribue à  donner un visage nouveau et moderne à  la Bamako de ses ancêtres.

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