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Soussaba Kouyaté ou la passion du maquillage artistique

Fille du célèbre acteur et comédien panafricain Sotigui Kouyaté, Soussaba est poursuivie malgré elle, par le succès de son père. Elle regrette «Â partout o๠je vais, toutes les portes s’ouvrent à  moi non pas parce que je bosse bien, mais plus tôt parce que je suis la fille de Sotigui. Cette situation me désole vraiment car j’ai parfois l’impression de ne pas être reconnue et traitée en fonction de mes qualités. » Artiste de C’œur et de sang Soussaba, affectueusement appelée Soussa, est né le 15 octobre 1973 à  Ouagadougou (Burkina Faso). Elle est issue d’une famille polygamique de neuf (9) enfants dont elle est la première fille. Prédestinée à  une carrière de sociologie, la petite griotte optera finalement pour le maquillage, malgré les réticences de son père. Elle explique que «Â mon papa était contre le fait que je sois dans ce milieu. Si ça ne tenait qu’à  lui, je ne serais jamais entrée dans cet univers artistique. » De la couture au maquillage En 1989, après l’obtention de son BEPC à  Ouagadougou, Soussa est piquée par la crise d’adolescence. Elle n’avait que 16 ans lorsqu’elle refuse de poursuivre ses études. N’ayant plus goût pour les études académiques, le père de la maquilleuse l’envoie en France l’année suivante pour des études de haute couture. Il l’amènera voir les meilleurs écoles de couture mais rien de tout ceci n’enchantera guère la jeune fille. Au bout de trois mois de cours de couture, elle décide de retourner au Burkina Faso. Une carrière prometteuse A son retour au pays, Soussaba restera deux longues années sans aller à  l’école. Un jour, alors qu’elle est installée devant la télé, son grand frère vient lui faire une proposition. Il s’agit notamment du cinéaste Dany Kouyaté, fils ainé de la famille. Il l’interpelle en lui disant « Soussaba, puisque tu n’arrives pas à  te décider, tu refuses tout ce qu’on te propose et tu ne veux pas non plus continuer les études. Alors moi je te propose de faire un stage de maquillage sur le tournage de mon film ‘l’héritage du griot’. Tu verras après si ça t’intéresse ou pas. » Elle fait ainsi ses premiers pas dans cette carrière de maquilleuse en 1994. Soussa avoue qu’à  la fin du tournage, elle était tellement passionnée qu’elle a déposé une demande de stage à  la direction nationale du cinéma de Ouagadougou. Et tout est parti de là . Son amour pour le métier la poussera à  faire deux années de stage non rémunéré à  l’actuelle direction Générale des programmes du cinéma du Burkina Faso. Néanmoins durant ce laps de temps, elle était entre le bureau et le terrain o๠elle a rencontré les plus grands maquilleurs du pays, de la sous région. Elle a notamment travaillé avec Mariam Sidibé qui lui mettra sa première houppette entre les mains. s’ajoute Ami Zouré, l’une des plus grandes maquilleuses du continent. Elle apprendra énormément auprès de ces figures africaines du maquillage. Un face à  face finalement agréable En 1997, Soussaba Kouyaté demande un stage de maquillage sur le plateau de maquillage du cinéaste malien Cheick Oumar Sissoko. Il lui sera accordé pour la durée du tournage de « la genèse », grâce à  l’appui d’Ami Zouré. Le film a été tournée à  Hombori (nord du Mali). Une situation inattendue attendait Soussa à  son arrivée sur le plateau de tournage. Dès qu’elle arrive, elle voit son père Sotigui. Les premiers mots qu’il prononcera C’’est « qu’est-ce que tu fais là  ? » La fille de son père répond immédiatement par la même question en précisant être venue travailler. Dès cet instant, il comprend à  quel point sa fille tient à  ce métier et lui promet de l’aider dans sa formation. « Je n’y croyais pas au départ parce que je m’attendais à  une remontrance. Et au départ ça n’a pas été facile parce qu’il en a voulu à  mon frère. Lui reprochant le fait de m’avoir encouragé à  intégrer ce monde du show biz oà¹, il n’était pas évident que je gagne ma vie. » Cependant, le vieux sage du cinéma africain voyant sa fille se battre corps et âme pour ce qui la passionnait vraiment, a finalement décidé de lui payer des études dans l’une des plus grandes écoles de maquillage en France. Elle y décroche son diplôme à  la fin de l’année 2000. En 2001, elle devient Mme Ouloguem Soussaba Kouyaté. Pour la petite histoire, elle a rencontré son mari par le canal de son père avec qui travaillait ce dernier. Elle a trois enfants de 14, 8 et 5 ans. Elle essaye de gérer autant que possible sa vie de femme mariée. Son mari est selon ses dires, très compréhensif et la soutient dans son job. Néanmoins, Soussaba reconnait qu’il n’est pas toujours facile de gérer la maison parce qu’elle et son mari son tout le temps partis. Les enfants sont avec leur grand-mère à  Bamako. Mais, durant les vacances, toute la famille se retrouve à  Bamako o๠elle est basée. Un prénom coûte que coûte l’unique chose que la maquilleuse déplore, C’’est le fait qu’elle soit poursuivie par la célébrité de son père. « J’ai parfois l’impression que les gens m’apprécient non pour ce que je fais, mais plus tôt pour ce que je suis, la fille de Sotigui Kouyaté. C’’est une situation qui me déplait vraiment parce que je ne sais pas si ce que je fais est bien ou non. » Pour contrer cette situation, Soussa a trouvé le moyen de maquiller les choses. Ainsi, elle se fait appeler uniquement Soussaba Ouloguem, évitant de mettre en exergue son nom de jeune fille. Malgré tout, elle reste une maquilleuse de talent. Soussaba Kouyaté a été chef maquilleuse sur plusieurs plateaux de tournages et a maquillé de grandes vedettes dont : Sotigui Kouyaté, Dani Glover, Eric (acteur principal du film Lumumba). Elle est présentement chef maquilleuse pour la caravane de l’intégration africaine qu’elle suit depuis bientôt trois mois.

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