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Edito du Lundi : la bataille de la pluie et du cinquantenaire !

«Â C’’est tout de même incroyable de voir ces ouvriers peindre un pont, en plein jour ! Normalement, C’’est la nuit qu’ils doivent faire ça ! », s’exclame Assane, un conducteur de taxi à  Bamako. Mais un Malien n’est pas un Chinois, habitué aux travaux nocturnes d‘une fourmi. Assane pourra donc rouspéter encore quelques jours car partout, Bamako vit un véritable lifting destiné à  redorer allées et avenues de l’aéroport à  la Cité administrative, on repeint le goudron, on arrange les voies et chaussées, pour mieux impressionner les visiteurs lors du 22 septembre. l’avenue de l’indépendance, o๠se déroulera le majestueux défilé militaire et qui doit voir 20 chefs d’états africains de la sous région , est même fermé à  la circulation sur un côté et voit le trafic bouleversé ! C’’est qu’il reste à  peine une vingtaine de jours pour que Bamako fasse peau neuve. Et à  côté, la nature s’en mêle ! Violente avec des pluies d’une intensité rare. Des inondations notamment sur l’avenue de l’OUA qui mène aussi à  l’aéroport. La boue s’amoncelle à  côté des rues repeintes, un véritable contraste entre le gris du bitume, le blanc de la peinture et l’ocre de la terre qui ne cesse de modifier le paysage urbain. Pourquoi faut-il attendre de grands évènements pour faire un semblant de réaménagement, bon d’accord, ça fait un moment que ça dure avec les grands travaux, l’échangeur, le troisième pont, les petites plantes vertes ça et là , etC’… ! «Â Mais les gens ont faim ! Le cinquantenaire, franchement, C’’est pas le moment ! », jure encore Assane qui tente de se frayer un chemin dans la circulation du nouveau pont vers le centre ville. Et toux ceux qui sont inondés dans les quartiers ? Par les eaux de pluie, faute de caniveaux curés ? De prise en charge de leur environnement par la mairie du district ? On se gonflera d’espoir avec les discours des autorités du district, du Maire central, du charmant Gouverneur Féfé Koné et des officiels à  peine consternés, mais à  quand un lifting en profondeur et pas seulement de forme, car le problème est là  ! Un vraie politique d’assainissement et d’évacuation des eaux de pluie, d’aménagement urbain. C’’est aussi cela le signe des grandes métropoles urbaines, vers lesquelles Bamako tend à  l‘instar de Dakar, d’Accra ou d‘Abidjan auparavant… Parce qu’une fois la fête terminée, chacun rentrera chez lui mais la pluie, elle ne s’arrêtera pas et les inondations non plus ! Et peut être ne restera-t-il plus trace de cette belle peinture blanche… du cinquantenaire. Vaya con Dios

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