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Témoin du Cinquantenaire : Fily Dabo Sissoko, de l’anti-socialisme à la poésie

Né en 1900 à  Bafoulabé, dans la région de Kayes, Fily Dabo Sissoko, est l’une des grandes figures qui ont marqué l’histoire du Mali. D’ethnie, Kassonkhé, il fait ses études primaires à  Bafoulabé, puis s’inscrit à  l’à‰cole normale William Ponty de Gorée (Sénégal). Il enseigne à  l’école régionale de Bafoulabé avant de devenir en 1933 chef de canton de Niambia, succédant à  son père. Il participe aux activités liées au Front populaire et à  la Résistance. Nommé chef de canton de Niambia dans le cercle de Bafoulabé en 1933, il participera aux organisations nées de l’activité du Front populaire et de la Résistance au Soudan français. C’’est en 1945, qu’il débuta la politique, avec son élection à  l’Assemblée constituante en 1946, 1951 et 1956 à  travers le parti progressiste soudanais (PSP) qui a été absorbé par l’US-RDA en 1959. Ainsi, il fut élu à  l’Assemblée nationale française en 1946, 1951 et 1956. Il devient sous-secrétaire d’à‰tat à  l’Industrie et au Commerce du gouvernement Robert Schuman (2) (du 5 au 11 novembre 1948). Prisonnier de l’indépendance Plus tard, Fily Dabo Sissoko est à  la tête du Parti progressiste soudanais (PSP), parti politique conservateur, ayant le soutien des chefs traditionnels et des colonisateurs. En 1957, lors des élections cantonales, le PSP est battu pour l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US/RDA) de Modibo Keita. Alors que les partis fusionnent en 1959, Fily Dabo Sissoko s’oppose à  l’option socialiste prônée par Modibo Keà¯ta. C’’est ainsi que celui-ci, devenu président du Mali indépendant, le fait prisonnier en 1962 parce qu’il s’oppose à  la création du Franc malien. Condamné donc à  mort pour tentative de déstabilisation de l’à‰tat, sa peine est commuée en prison à  perpétuité. Il purge sa peine dans un bagne près de Kidal o๠il meurt dans des conditions mystérieuses en 1964. Homme de lettres Parallèlement à  sa carrière politique, Fily Dabo était écrivain. Il publia de nombreux poèmes, des nouvelles et des essais, s’attachant à  la défense de l’identité culturelle malienne. Il participe à  la réhabilitation de la tradition orale. La Politesse et la civilité des Noirs (essai publié dans le Bulletin de la recherche du Soudan) 1950 : Les Noirs et la culture : Introduction aux problèmes de l’évolution des peuples noirs (essai publié à  New York) 1953 : Crayons et portraits (poésie, Mulhouse, Imprimerie Union) 1953 : Harmakhis, poèmes du terroir africain, en 1955 : Sagesse noire, sentences et poèmes malinkés (Paris, à‰ditions de la Tour du Guet) 1955 : La passion de Djimé (roman Paris, à‰ditions de la Tour du Guet) 1957 : Coup de sagaie, controverse sur l’Union française (essai, à‰ditions La Tour du Guet, Paris,) 1959 : Une page est tournée (essai, Dakar, Diop) 1962 : La savane rouge (Avignon, Presses universelles) 1963 : Poèmes de l’Afrique noire, en 1970 : Les Jeux de destin 1970… Notons qu’aujourd’hui, plusieurs structures éducatives (lycées, Centre de formations professionnels…) portent le nom de cet illustre homme.

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