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10è Conférence des Nations-Unies sur la biodiversité : l’Afrique fixe ses priorités

La 10è Conférence des Parties à  la Convention sur la diversité biologique est prévue à  Nagoya (Japon) du 18 au 29 octobre 2010. Il s’agira d’une grand’messe qui réunira les représentants du monde entier autour de la diversité biologique. La rencontre de Nagoya est similaire à  celle qui a mobilisé la planète entière pour les changements à  la fin de l’année dernière à  Copenhague. Même si à  l’évidence, Nagoya soulève moins d’intérêt médiatique que Copenhague. Qu’à  cela ne tienne l’Afrique se prépare activement pour la conférence de Nagoya. Après la 13è Conférence ministérielle africaine sur l’environnement que notre pays a abritée en juin dernier, les ministres africains se sont rencontrés à  Libreville du 12 au 17 septembre 2010 à  l’occasion d’une conférence qui avait pour thème : «Â Biodiversité et lutte contre la pauvreté ». l’objectif de la conférence ? Affiner la position africaine, élaborée à  Bamako, en vue de la 10è Conférence des Parties à  la Convention sur la diversité biologique. Cette réunion était présidée par le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement Tiémoko Sangaré qui assure actuellement, pour un mandat de 2 ans, la présidence de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE). Dans la capitale gabonaise, les ministres africains de l’environnement ont d’abord présenté la situation de la biodiversité dans leurs pays respectifs. C’’est ainsi que le ministre Sangaré a rappelé que notre pays a ratifié la Convention sur la diversité biologique le 29 mars 1995. Il a laissé entendre aussi que le Mali comporte 5 types d’écosystèmes et présente une grande variété d’espèces. Notre pays compte 1739 espèces spontanées ligneuses reparties entre 687 genres provenant de 155 familles. La faune du Mali ne compte pas moins de 136 espèces de mammifères dont 70 grands mammifères. Tiémoko Sangaré a également fait savoir à  ses homologues africains que la préservation des écosystèmes pourra bénéficier au Mali de l’application de la loi portant sur l’Etude d’impact environnemental et social qui stipule que : «Â les projets, qu’ils soient publics ou privés, consistant en des travaux, des aménagements, des constructions ou d’autres activités dans les domaines industriel, énergétique, agricole, minier, artisanal, commercial ou de transport dont la réalisation est susceptible de porter atteinte à  l’environnement, sont soumis à  une Etude d’impact environnemental et social (EIES) ou à  une Notice d’impact environnemental et social (NIES) ». Plaidoyer du Mali Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement n’a pas manqué d’évoquer les principales menaces qui pèsent sur la conservation de la diversité biologique dans notre pays. Il a cité à  ce propos la désertification qui touche les 2/3 du territoire, la déforestation surtout dans les zones de fort peuplement humain, les feux de brousse qui ravagent les forêts en saison sèche, le surpâturage lié à  l’augmentation des troupeaux et le braconnage qui décime la faune. A ces nombreux défis, il urge de faire face au plus tôt. Pour ce faire, le Mali, au même titre que de nombreux pays africains, a besoin de l’appui des bailleurs de fonds pour financer la mise en œuvre de sa stratégie nationale pour la conservation de la biodiversité, élaborée en 2000. D’o๠la nécessité d’un plaidoyer commun de l’Afrique à  Nagoya pour attirer l’attention sur les défis de notre continent en matière de conservation de la diversité biologique. A l’issue de la conférence de Libreville, les ministres africains de l’environnement ont adopté la «Â Déclaration de Libreville sur la biodiversité et la lutte contre la pauvreté », dans laquelle ils conviennent de renforcer l’intégration et la prise en compte de la biodiversité dans les stratégies et politiques intersectorielles. Ils s’engagent à  actualiser leurs stratégies et plans nationaux d’action en matière de biodiversité. La position africaine commune, adoptée à  Libreville, soutient que le régime international sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages issus de leur utilisation doit bénéficier en priorité aux pays en développement, en particulier à  l’Afrique. Convention pour la biodiversité Les ministres africains soutiendront à  Nagoya le Plan stratégique actualisé de la Convention sur la biodiversité pour la période 2011-2020. En ce qui concerne la stratégie de mobilisation des financements, les Africains penchent pour l’amélioration du soutien financier, y compris par des moyens novateurs pour mobiliser les ressources permettant aux communautés locales de préserver leurs écosystèmes. Les ministres africains sollicitent auprès du Fonds mondial de l’environnement et d’autres donateurs, un soutien financier, technique et technologique additionnel pour assurer l’élaboration et la révision des stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité. Les Africains soutiennent l’établissement d’une Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité. A cet effet, un comité panafricain sera créé afin que l’Afrique soit un partenaire à  part entière de cette initiative. l’Afrique s’engage aussi à  Âœuvrer à  la mise en place de programmes d’économie verte avec des technologies propres, le recours aux énergies renouvelables, le développement de systèmes d’approvisionnement en eau, les transports écologiques, la gestion des déchets, l’éco-construction et la promotion d’une agriculture durable.

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