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Présidentielle en Guinée : Probable scénario à l’ivoirienne…

A dix jours du second tour de la présidentielle guinéenne, la tension monte au sein de l’instance censée s’occuper de l’organisation du vote. Les membres de la CENI peinent à  accorder leurs violons. Adja Mame Camara qui avait remplacé le défunt Ben Sékou Sylla, a été remplacé par Loucény Camara lors d’une vote qualifié d’illégitime par certains. Il avait pourtant été élu par 17 des 25 membres qui composent l’instance, donc par la majorité. Cependant depuis quelques jours, les dissensions se font de plus en plus intenses à  la CENI. Il semble que ces problèmes aient pour principaux instigateurs, les deux finalistes du premier tour de la présidentielle, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé. Le premier est catégoriquement contre le maintien de Loucény Camara à  la tête de la commission, contrairement au second qui ne voit pas du tout la nécessité de remplacer l’homme. Cellou Dalein accuse Mr Camara d’être à  la solde de son adversaire Condé. Cellou menace de boycotter le second tour Dix jours avant le scrutin tant attendu de la présidentielle, le vainqueur du premier tour, le président de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Cellou Dalein Diallo menace de ne pas se présenter au prochain scrutin. La condition de son éventuelle participation est liée au départ du président de la commission électorale. Par ailleurs, le lundi dernier, 13 membres de la CENI ont signé une pétition demandant la démission de Loucény Camara et un nouveau vote. Et le lendemain mardi, trois chefs de département, faisant parti de la dissidence ont voulu organiser une passation de service afin d’imposer le doyen de la commission, Foumba Camara. Loucény de son côté, se considère tout à  fait légitime puisque « élu par la majorité des membres. Mais si les 2/3 de la commission convoquent une nouvelle élection, je me plierai aux règles. Je suis pour la légalité.» Les partisans de Cellou disent craindre un tripatouillage des votes de la part de certains membres de la CENI. Said Djinnit à  Conakry Said Djinnit, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, s’est rendu ce mercredi à  Conakry pour rencontrer les candidats et le conseil national de transition. Celui-ci estime que «Â étant donné que Cellou Dalein et Alpha Condé se sont engagés à  préserver la paix dans le pays, je leur demande de se calmer et faire de leur mieux, pour que la Guinée retrouve la stabilité politique. » Sa visite démontre l’inquiétude de la communauté internationale vis-à -vis de l’atmosphère actuelle. Au cas o๠Cellou refuse d’aller aux urnes ce 24 octobre, la Guinée risque de se retrouver dans la même situation que la Côte d’Ivoire avec des éternels reports d’élection. C’’est en somme ce que craignent les guinéens, leurs voisins et tous les organismes internationaux ayant des affaires (entreprises…) dans ce pays. La paralysie au sein de la CENI est de plus en plus intense. Les dissidents ont même fait parvenir des lettres de correspondances à  la présidence de la république et au CNT afin que ceux-ci interviennent aux sein de l’institution. Il faut avouer que la zizanie entre les membres de la commission, traduit un monopole qui importe aux yeux de Diallo et Condé. Car bon nombre de politiciens en Afrique, pensent que si la commission électorale est de leur côté, il est probable qu’ils seront élus et cela, avec un fort pourcentage des voix. Rappelons qu’à  l’époque du regretté Ben Sékou Sylla, il avait été taxé par les partisans de Condé, d’être du côté de Cellou Dalein Diallo. Mais cela n’a pas empêché le dirigeant du parti pour le peuple de Guinée (RPG) de se porter candidat. Il est donc important pour ces deux hommes, de consentir à  certains sacrifices afin de la stabilité revienne dans ce pays qui n’a pas connu de moments heureux depuis longtemps. En tous les cas, la probabilité que le scrutin du 24 soit reporté est énorme.

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