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Second tour-Guinée: Rééditer l’exploit du premier tour

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Les Guinéens iront aux urnes demain. Le second tour sera l'occasion ou jamais de tourner le dos aux vieux démons.

De commun accord pour une meilleur préparation Initialement prévu pour le 24 octobre passé, ce rendez-vous avec les urnes était a été finalement repoussé d’une semaine. Et cela au regard du délai jugé trop bref entre la nomination du nouveau président de la CENI, le Malien Siaka Toumani Sangaré, et la mise en branle de la machine électorale pour l’organisation d’un scrutin exempt de tout reproche. Si cette hypothèque est aujourd’hui levée, il reste une qui demeure toujours, à  savoir la tension intercommunautaire.En effet, on se rappelle qu’après les violences du 22 au 24 octobre dernier, la tension reste vive entre les deux candidats et donc entre leurs communautés respectives, c’est-à -dire les Peuls et les Malinkés. Une escalade de la violence avait conduit à  la migration des militants de Dalein Diallo et à  l’intoxication de ceux de l’alliance Arc-en-ciel du Pr Alpha Condé. Et pour l’heure, c’est la votation de ces déplacés et intoxiqués qui devient délicate, si bien que l’on se demande quelle sera l’issue de cette échéance tant attendue.On croyait pourtant finies les surenchères et les jérémiades infantiles et guignolesques qui ont été à  l’origine de tous les atermoiements auxquels on a assisté. Sur ce point, les hommes politiques guinéens n’ont pas encore pris l’exemple de leurs homologues ivoiriens qui ont réussi un bel exploit en organisant le 31 octobre dernier, un premier tour dans la sérénité, même s’il reste entendu que la bataille est loin d’être gagnée. Toutes les cartes en main En tout cas, il revient aux hommes politiques guinéens de faire preuve de responsabilité en surmontant leurs bisbilles ou leurs chicanes de mauvais aloi afin de vaincre ce qui apparaà®t désormais comme un signe indien. Certes, les Guinéens avaient également fait une prouesse le 27 juin dernier en organisant sans couac le premier tour de l’élection présidentielle. Si bien qu’on peut se permettre, sans être dupe ou candide, d’espérer une agréable surprise. De toute façon, la délicate question des militants déplacés ou malades ne saurait être brandie comme un argument pour compromettre cette nouvelle échéance.D’ailleurs, la CENI (Commission électorale nationale indépendante) semble avoir trouvé un modus vivendi à  cet épineux problème. En effet, elle propose aux électeurs déplacés de se faire enregistrer au niveau de ses démembrements situés dans leur préfecture d’accueil et aux électeurs hospitalisés pour cause d’intoxication de voter par procuration. Mais, sans jouer les oiseaux de mauvais augure, le contexte actuel de la Guinée subodore un nouveau climat de violence. On se demande jusqu’o๠pourra mener l’incurie politique des hommes politiques guinéens. Incapables de s’entendre au nom de l’intérêt supérieur de la nation.Ce qui est sûr, ils doivent savoir que tout le monde entier les regarde. Veulent-ils que l’histoire retienne d’eux qu’ils furent des héros ou des fossoyeurs pour leur nation ? Le politique le plus nuisible et le plus dangereux est celui qui, sous prétexte d’affranchir les hommes, leur enseigne la haine et l’intolérance. Le peuple guinéen a besoin d’hommes politiques sincères et sérieux et non de farceurs. Il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Et on ose espérer que les hommes politiques guinéens remonteront la pente, pour que le 7 novembre soit une réédition du 27 juin.

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