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Biodiversité à Nagoya, un accord historique?

Un accord historique Ce protocole concerne les conditions d’utilisation et de commercialisation des ressources génétiques et des produits dérivés utilisés principalement dans l’industrie pharmaceutique et cosmétique. Ce protocole ouvre la voie à  une nouvelle répartition des bénéfices entre les utilisateurs de ces ressources ou des produits issus de ces derniers comme des médicaments et les détenteurs de ces dernières, comme les pays du Sud ou les communautés autochtones. Pour le Ministre malien de l’Environnement et de l’Assainissement, leader du groupe Afrique à  cette 10e conférence des parties à  la Convention sur la biodiversité, les négociations ont été très ardues autour des représentants du continent. l’Afrique a joué le rôle moteur à  Nagoya en se présentant en front uni. Le Protocole de Nagoya implique des engagements financiers importants de la part de certains pays, dont particulièrement les pays du groupe Europe. L’Afrique est très intéressée par ce Protocole parce qu’elle sera la première bénéficiaire de sa mise en œuvre. L’Afrique est dépositaire de 40 % de la biodiversité et tout protocole qui réglemente l’utilisation des ressources de la biodiversité sera en sa faveur. Nagoya a, pour une fois, été un succès de la communauté internationale. Le Mali, qui assure la présidence de la Conférence des ministres africains de l’environnement (CMAE), a joué le rôle de coordonnateur de cette dynamique. La conférence de Nagoya a été une consécration pour notre pays. Tous engagés pour le futur Point de blocage depuis la création de la CBD (Convention sur la Diversité Biologique) en 1993, ce protocole enfin adopté va permettre d’accélérer la signature de la création de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), l’équivalent du Giec pour la biodiversité. Cette décision pourrait être prise en novembre de cette année avant la conférence de Cancun sur le climat. Concernant, les autres enjeux de cette conférence, le plan stratégique, non contraignant a été adopté par les pays signataires. La stratégie est déclinée en 20 objectifs qui doivent notamment permettre de réduire au moins de moitié la perte des habitats naturels, incluant les forêts. Il est bien sûr indiqué que l’objectif à  terme est d’atteindre une perte zéro d’habitat naturel. Concernant, les objectifs en termes d’aires protégées, les engagements pris concernent 17% d’aires terrestres à  protéger (pour 12% actuellement sous protection) et 10% pour les zones marines d’ici 2020 (pour 1% de zones actuellement protégée). Cet objectif est en deçà  de l’engagement de 20% d’aire marine protégée pris à  Johannesburg en 2002. Enfin les pays se sont engagés, en termes de conservation et de restauration à  restaurer 15% des terres dégradées. En termes de financement, à  l’exception de quelques engagements importants comme ceux du Japon (deux milliards de dollars) et de certains pays ou régions comme la France et l’Union européenne, les pays ont seulement réussi à  se mettre d’accord sur une stratégie de mobilisation de fonds d’ici 2012. Ce qui gène… Pour les ONG, cet accord est le “fruit d’un consensus” et ne sera donc que “partiellement contraignant“: “sa plus grande faiblesse réside dans la définition trop vague des points de vérification (check-points) dans les pays exploitant ces ressources. Sans davantage de contrôles, les violations des règles éthiques de la Convention sur la diversité biologique vont persister ». En gros, retenez qu’aucune sanction n’est prévue pour celui qui ne respecte pas ses engagements. En outre, les Etats-Unis ne font pas partie des signataires et il est nécessaire de poser la question des financements: la manière dont sera financée les mesures adoptées reste très floue. Les mesures décidées ont un coût, et un groupe de travail en charge d’évaluer les besoins en financement devra rendre ses conclusions en 2012. Le fonds mondial pour l’environnement devrait être sollicité, un fonds finançant « un mécanisme multilatéral de partage des avantages », financé par les entreprises exploitant la ressource génétique, pourrait aussi être créé. Un premier pas au finish positif et de l’espoir pour le futur Au final et très concrètement, “cet accord implique désormais que les pays donnent leur consentement pour l’exploitation de leurs ressources et que les savoir traditionnels qu’ils abritent soient reconnus. Ainsi, une entreprise ou un organisme de recherche devra déposer une demande officielle auprès des autorités du pays concerné, qui donnera son consentement pour l’utilisation de la ressource. Ce consentement pourra également être demandé aux communautés locales le cas échéant. Un centre d’échanges sur l’accès et le partage des avantages enregistrera les dossiers, contrôlés ensuite par une procédure de surveillance mise en place dans chaque pays.” Tout n’a pas été résolu, évidemment, mais une grande étape a été franchie par 193 pays (à  l’exception des Etats-Unis qui n’ont jamais ratifié cette convention) engagés ensemble aux côtés de la biodiversité. Longue vie à  cette décennie de la biodiversité à  venir.

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