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Ibrahim Boubacar Keita : « un Etat à repenser pour qu’il soit rigoureux »

Prôner le respect de la chose publique La rigueur dans la gestion des affaires de l’Etat comme bannière, C’’est là  l’image qu’Ibrahim Boubacar Kéita a laissé dans la mémoire des maliens quand l’opposition donnait le fil à  retordre à  Alpha Oumar Konaré président à  l’époque(1994). Ce qui d’ailleurs lui a valu son surnom de « Kankelétigui » (l’homme de parole)… Il a su malgré tout maintenir le cap malgré la banalisation de l’Etat et la capitulation des tenants de l’heure. Aujourd’hui, ils sont nombreux, les maliens à  aspirer à  un véritable retour de l’autorité d’Etat. l’homme qui pourrait instaurer cette autorité serait El Hadji Bourama selon les sondages. Pour d’autres observateurs, cependant, IBK serait un « anti-modèle » pour la génération actuelle et surtout l’environnement politique accentué par le laisser-aller. En sa qualité député, IBK a été invité par son ami le député maire socialiste d’Evry, Manuel Valls, à  participer le 31 Octobre dernier à  un colloque sur la « nouvelle Afrique, bilan après 50 ans d’indépendance ». Pour la circonstance, il était accompagné de Cheik Tidiane Gadio, ancien ministre d’Etat et des affaires étrangères du Sénégal et d’Antoine Glaser, journaliste rédacteur en chef de la Lettre du Continent. IBK , un homme de rupture et de vérité Selon la cellule de communication du parti RPM, ce colloque a été organisé dans le cadre d’une semaine célébrant l’amitié entre Evry, qui abrite une forte communauté malienne, et Kayes, sa ville jumelée au Mali. Un colloque qui a été précédé la veille par un concert de Salif Keita et suivi par celui de Youssou N’Dour aux Arènes de l’Agora. Pour l’occasion un village artisanal malien a également été installé pendant toute la semaine. Le 31 Octobre, ces festivités ont été ponctuées par la signature du protocole de coopération décentralisée 2010-2013 entre Manuel Valls et Abdoulaye Camara, maire de Kayes, et d’un accord quadripartite de coopération entre les villes de Dakar, Bamako, Evry et l’agglomération d’Evry. Dans son intervention, Babacar Sall, qui dirige la mairie de Dakar depuis 2009, a rendu un hommage appuyé à  IBK, « un homme de rupture et de vérité » selon ses mots. Animé par Jean-Baptiste Placca, éditorialiste à  RFI, le débat a été ouvert par Cheik Tidiane Gadio, l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise, qui a insisté sur le retard pris par l’Afrique malgré ses ressources naturelles abondantes et sa vitalité démographique. Selon lui, cela pose la question du leadership, qui se doit d’être exemplaire pour tirer le continent vers le haut. Très en verve, Gadio, désormais membre de l’opposition sénégalaise, a fortement dénoncé « les tentatives de transmission dynastique du pouvoir qui ne font pas avancer l’Afrique ». Quant à  IBK, ancien Premier ministre du Mali, il a noté les progrès accomplis dans le sens de la démocratisation, tout en précisant que « l’Afrique a été dépassée par d’autres pays d’Asie autrefois plus pauvres qu’elle, car elle n’a pas su construire un Etat postcolonial conforme à  sa vocation ». C’’est donc l’Etat, sujet cher au président du RPM, qui a été l’axe central de son intervention, « un Etat à  repenser pour qu’il soit rigoureux, socle de droit, impartial et juste, avec une autorité et un leadership assumés. » « La jeunesse africaine est prête pour le combat de l’excellence » selon IBK Arguant que C’’est un Etat fort qui peut assurer le développement, IBK a insisté sur la nécessité d’un investissement massif dans la formation des ressources humaines, car « la jeunesse africaine est prête pour le combat de l’excellence. » Dernier orateur, le journaliste Antoine Glaser a expliqué que pour lui l’Afrique n’était devenue indépendante qu’à  partir de 1989, à  la chute du mur de Berlin, car elle était pendant la guerre froide sous l’influence des puissances occidentales, qui cooptaient ses dirigeants. Il a aussi déploré le manque de leadership, tout en remarquant certaines réussites démocratiques telles que le Ghana ou le Mali. Des personnalités de la diaspora malienne telles qu’Ali Soumaré, conseiller général socialiste du Val d’Oise (Nord de Paris), Hatouma Doucouré, présidente d’association, ainsi que Patson, humoriste ivoirien, ont apporté au public leur point de vue sur l’intégration des communautés africaines en France et sur le rôle de la coopération décentralisée. Manuel Valls a conclu le colloque en saluant la franchise et la profondeur des débats, tout à  l’image de la coopération entre Evry et Kayes. Comme à  son habitude, IBK a profité de son séjour pour échanger avec des représentants de la communauté malienne de France, venus nombreux assister à  la rencontre d’Evry, dont la section RPM de France menée par son secrétaire général Magassa.

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