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Corruption à la FIFA : Trois ans de suspension pour Amadou Diakité

De lourdes sanctions, pour l’exemple Après un mois de procédure, suite à  une enquête publiée par le journal britannique Sunday Times le 17 octobre, la FIFA a donc sévit. A l’origine de cette affaire, des journalistes qui se sont fait passer pour des lobbyistes favorables à  l’organisation du Mondial par les Etats-Unis. Ils ont approché des membres du comité exécutif de la Fifa – enregistrés à  leur insu – en leur proposant de monnayer leur vote lors de la désignation des prochains pays d’accueil de la Coupe du monde en 2018 et 2022. Le Nigérian Amos Adamu, président de l’Union des fédérations ouest-africaines (Ufoa), aurait accepté le deal en réclamant, en échange de son vote, quelque 580 000 euros. Le Tahitien Reynald Temarii, vice-président de la Fifa et patron de la Confédération océanique de football (OFC), aurait réclamé pour sa part 1,7 million d’euros pour créer une académie. à€ l’issue de trois jours de réunion, la commission d’éthique de la Fifa a rendu sa décision le jeudi 18 novembre, au siège de l’organisation, à  Zurich (Suisse). Amos Adamu, membre du Comité exécutif et président de l’Union des fédérations ouest-africaines (Ufoa) écope d’une « interdiction d’exercice de toute activité relative au football (administrative, sportive ou autre) à  un niveau national et international pour une durée de trois ans » et d’une amende de 10 000 CHF (francs suisses, environ 7 440 euros), pour s’être rendu coupable de corruption, selon le code d’éthique de l’instance mondiale du football. Quant à  Reynald Temarii, vice-président de la Fifa et patron de la Confédération océanique de football (OFC), il a écopé d’une interdiction d’activité d’un an et a été condamné à  une amende de 5 000 CHF (3 720 euros). Les quatre autres officiels, anciens membres du Comité exécutif ont également été sanctionnés, tous accusés par la Fédération d’avoir enfreint plusieurs articles du code d’éthique. Chacun d’entre eux devra s’acquitter d’une amende de 10 000 CHF et est interdit d’exercer une activité liée au football aux niveaux national et international pendant deux à  quatre ans. C’’est le cas du Malien Amadou Diakité (membre de la commission des arbitres de la Fifa) qui écope de trois ans de suspension. Pressenti pour briguer un mandat au Comité exécutif de la Fédération, il voit ses ambitions s’envoler. Des réactions contrastées Du côté de Bamako, les réactions sont nombreuses et contrastées. « Nous allons interjeter appel au niveau du tribunal arbitral des sports (TAS). C’’est une aberration et une conspiration contre Amadou Diakité, qui n’est même pas membre de la FIFA, a réagi un parent du dirigeant sportif. « l’acte de Diakité ternit l’image de l’ensemble des acteurs du football malien et réduit profondément à  néant les chances du Mali à  siéger au sein du comité permanant de la FIFA. Surtout qu’il avait été jusqu’en 2006 membre africain à  la FIFA. C’’est vraiment dommage que Diakité arrive à  une telle extrémité », a déclaré un responsable du ministère malien des Sports. Pour l’instant, aucune déclaration officielle n’est venue ni de la fédération malienne de football et ni du ministère de la Jeunesse et des Sports concernant la sanction qui frappe Amadou Diakité. C’’est surtout le silence de M. Diakité qui trouble le plus. Le principal intéressé par cette affaire n’a fait aucune déclaration et la presse malienne, qui ne veut pas le desservir, est obligée elle aussi d’observer une certaine réserve. « Je ne comprend rien à  cette histoire. Je voudrais savoir aussi les raisons qui font que Amadou Diakité s’enferme dans un mutisme total, en refusant de donner sa version des faits aux médias nationaux. Se reproche-il quelque chose ? s’interroge Drissa Koné, journaliste à  la télévision malienne. Il relève en outre que cette affaire « est très mal venue » pour Amadou Diakité qui était en campagne pour reconquérir son fauteuil de membre du comité exécutif de la FIFA. « Mais nous ne savons pas quelles attitudes prendre pour le défendre, tant qu’il refuse de communiquer »,a constaté Drissa Koné.

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