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Housseini Amion Guindo: « le Mali doit miser sur sa jeunesse pour éradiquer la mauvaise gouvernance ! »

Journaldumali.com : Comment vous est venue l’idée de créer votre propre parti, la Convergence pour le Développement du Mali (Codem) ? H. Amion Guindo : La création du parti Codem est la résultante d’une longue histoire. J’ai été élu pour la première fois député en 2005 lors des législatives partielles. C’’était ma première expérience en politique. Avant d’être député, je n’avais jamais milité dans un parti politique. Quand il s’est agi d’élire un député pour pourvoir le poste de celui décédé, ce sont les notables même de Sikasso qui sont venu me voir pour me demander d’être candidat de la circonscription. En fait ce choix procède du fait que, par le passé, J’ai accompli beaucoup d’actes à  caractères sociaux et humanitaires à  l’endroit des populations. Dans un premier temps, J’avais même refusé parce que les rapports de force étaient tellement disproportionnés. En effet, à  l’époque, le Mouvement citoyen et certains partis politiques s’étaient réunis autour de la mouvance présidentielle pour présenter un candidat. Par contre le RPM, lui n’avait pas de siège. Alors J’ai osé et J’ai tenté. Ma candidature a divisé beaucoup de partis politiques à  Sikasso. Car nombre de militants d’autres formations politiques se sont regroupés autour de ma candidature. Et J’ai réussi à  être élu en 2005. C’’est quand J’ai été élu député que je me suis inscrit dans un comité RPM. Il y’avait une incompatibilité dans nos manières de voir les choses. J’étais novice politique, je n’avais pas encore fait une vie de militant. Alors nous avons créé une association dénommée Union pour le développement de Sikasso (UDS). Au sortir des législatives de 2007, dont avait participé l’UDS, nous avons eu 3 députés. Alors il s’agissait de faire de l’association une entité qui peut politiquement agir au niveau national. Après cette élection, J’ai fait le tour des 42 communes et les 903 villages dont dispose Sikasso. Et partout o๠je suis passé, C’’était pour m’enquérir des réalités des populations, parce que si je suis député à  l’Assemblée nationale, C’’est pour porter le message des populations. C’’est là  en réalité que J’ai découvert que la politique était très mal pratiquée. Pire, les populations étaient très déçues. Partout o๠je suis parti, les populations m’ont juré qu’ils n’ont jamais vu de député, même ceux pour lesquels ils ont voté. Selon eux, les députés ne viennent qu’à  la veille des élections, pour leur amener du sucre, du sel, et les amener à  voter à  voter pour eux. Mon passage a donc suscité un espoir pour ces populations. Vous voyez ? Donc, tout cela mis ensemble m’empêchait d’aller militer pour un parti autre qu’un nouveau parti. C’’est ainsi que J’ai été commis par les populations, par la base, par mes plus proches collaborateurs pour démarcher d’autres personnes qui seraient dans les mêmes dispositions, afin que nous puissions faire chemin ensemble. Et progressivement nous avons installé les bases du parti à  l’intérieur comme à  l’extérieur du pays. Voilà  comment la Codem est parti depuis un certain mai 2008. Journaldumali.com : En créant la Codem, vous avez lancé la vague de l’avènement des jeunes aux affaires. Voudriez-vous mettre un terme au règne des ainés ? H. Amion Guindo : C’’est vrai, l’emblème de la Codem C’’est le tournant générationnel. Ce n’est pas parce que nos ainés n’ont rien fait. Ils nous ont donné un pays apaisé, ils nous ont donné la démocratie. Mais, nous nous pensons aujourd’hui que, cinquante ans après l’indépendance, il y a tellement de domaines dans lesquels le pays doit évoluer si bien que la vieille génération est très limitée pour y faire face. Un exemple concret, sur le phénomène de la corruption. Quand le président ATT dit qu’il ne va pas humilier des voleurs, pardon des chefs de familles sur la base de simples rapports, il convient de répliquer que, il ne faudra pas non plus permettre à  des voleurs d’aller humilier le peuple. Et quel exemple cela va donner à  notre génération. Que serons-nous demain si nous devons grandir dans un tel environnement. Il faut que notre pays sorte de ce cycle infernal de la mauvaise gouvernance. Et C’’est par la jeunesse qu’on arrivera à  le faire. Si aujourd’hui la lutte contre la corruption n’est pas possible C’’est parce que tout le monde est mouillé. Si les gens ne sont pas directement, ils le sont indirectement. C’’est une chaine qu’il faut démanteler. Et cela ne sera possible que par l’avènement de la jeune génération aux affaires. Quand je parle de jeunesse, ce n’est pas pour régler des comptes, mais pour donner un nouvel élan et instaurer le renouveau. Je pense sincèrement que les jeunes peuvent donner un nouveau visage à  ce pays. C’’est pour cela que nous nous battons à  travers la Codem pour le tournant générationnel du leadership politique au Mali. Journaldumali.com : Avez-vous commencé à  préparer les élections de 2012 ? H. Amion Guindo : D’abord, je ne sais pas s’il y aura des élections en 2012. Parce que les textes qui sont présentement à  l’Assemblée nationale, Dieu seul à  quoi ça va nous mener. Mais soyez sûr d’une chose. Pour nous, toute élection est une opportunité pour afficher notre ambition de conquérir le pouvoir, et de tester notre force. Quand nous avons été créé en mai 2008, 9 mois après, nous sommes allé aux élections communales 2008, en y sortant 5ème parmi 119 partis politiques. A 9 mois d’existence, nous avions pu nous implanter dans 323 communes à  l’intérieur du pays. Aujourd’hui, nous sommes dans plus de 600 communes. Nous avons commencé avec 5 députés, aujourd’hui, nous en avons 7. C’’est dire que si élections il y a, la Codem y participera ! Journaldumali.com : Etes-vous le candidat naturel de la Codem ? H. Amion Guindo : Je n’ai aucune ambition personnelle. Je suis porteur d’une ambition collective. C’’est au collectif de décider de qui portera les couleurs du parti. Journaldumali.com : Que répondez-vous à  ceux-là  qui pensent que la Codem finira par se fondre dans le parti des « amis » d’ATT? Avez-vous peur du Pdes ? H. Amion Guindo : Nous n’avons peur de personne ! Personne ! Je le dis, car nous avons des valeurs à  défendre. Pour revenir à  votre question, si Codem et Pdes se ressemblaient, je crois que les fondateurs de ce dernier ne l’auraient pas créé. Un célèbre dicton Bambara affirme que « ceinture en argent vaut mieux que couronne dorée ». Autant je félicite la création de ce parti, autant je critique la pratique politique de ses membres, qui ne cessent de se réclamer d’ATT. Pour tout dire, le président ATT, C’’est le président de tous les maliens. Celui-là  même qui a dit qu’il ne créera pas de parti. Et nous à  la Codem, nous défendons aussi l’image d’ATT, parce que nous pensons qu’il est une chance pour la démocratie. Mais qu’un parti se prévale de son nom pour aller dire : C’’est le parti d’ATT ! C’’est le parti d’ATT ! Pour moi le Pdes est un parti qui ne défend aucune valeur. Nous condamnons le fait que notre leader soit sali pour des fins politiciennes. Journaldumali : Quel est votre mot de la fin ? Un appel a lancé aux jeunes maliens ? H. Amion Guindo : J’appelle les jeunes de mon pays à  rester vigilants. Ils doivent savoir prendre leur destinée en main .Trop souvent, nous nous laissons manipuler par des politiciens qui ne défendent que leurs ambition et intérêts personnels. Il est plus que temps désormais de travailler pour bâtir notre avenir et partant celui de notre Mali. C’’est ce que je souhaite pour la jeu

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