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16è Conférence des Nations unies sur le climat: L’Afrique en rangs serrés?

Entrée dans le vif des négociations La conférence de Cancun sur le climat entame sa deuxième semaine avec le début du segment ministériel ce mardi. Les Africains sont décidés à  arracher des décisions qui leur sont favorables. Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement Tiémoko Sangaré s’emploie activement à  cela. Il a consacré la journée du lundi à  des réunions dont le but était de faire en sorte que les Africains parlent d’une seule et même voix. Comme ce fut le cas à  Copenhague l’année dernière et à  Nagoya en novembre dernier lors de la conférence sur la biodiversité. Tôt le matin, il a présidé la réunion quotidienne de la délégation malienne composée de représentants des structures gouvernementales et des ONG. Il a exhorté les uns et les autres à  tirer le meilleur parti de leur participation. Le Mali a la chance de disposer d’un des meilleurs experts du processus de négociation en la personne de Mama Konaté, le directeur national de la météorologie. « Nous devons profiter au maximum de l’expertise de nos représentants dans les négociations afin de faire avancer nos préoccupations nationales lors des discussions », a encouragé le ministre Sangaré qui a ajouté « Chacun de nous est là  en tant que Malien. Si vous obtenez des résultats, ça ne fera qu’enrichir notre pays. Créez des contacts avec des partenaires potentiels ». Le Mali a sa partition Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement a laissé entendre aussi que notre pays a la responsabilité d’œuvrer beaucoup plus à  la cohésion du groupe africain compte tenu du fait qu’il assure la présidence de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE) pendant 2 ans. « Nous allons travailler pour que l’Afrique se présente unie face aux autres parties durant les négociations », a-t-il assuré. Aussitôt après la réunion de la délégation malienne, Tiémoko Sangaré a participé à  une rencontre dirigée par le président de la commission de l’Union Africaine Jean Ping. Prenaient part aussi à  cette entrevue, les ministres congolais et algérien en charge de l’environnement. « Nous devons tout faire pour maintenir l’unité au sein du groupe africain. Nous avons un poids si nous sommes ensemble. C’’est pourquoi toutes les autres parties du monde veulent nous rencontrer. Si nous n’étions pas unis, ils ne l’auraient pas fait », a plaidé Jean Ping qui a obtenu l’adhésion de tous les ministres présents. Les quatre dirigeants sont ensuite allés rencontrer les délégués africains pour leur tenir le même langage d’unité et de cohésion. Le président de la CMAE a rappelé que la vocation de son organisation est de renforcer la cohésion des Africains lors des rencontres internationales afin de donner du poids à  la voix du continent. « Nous avons besoin de la fluidité de l’information entre les experts et les responsables politiques. A Nagoya, l’Afrique unie a pu imposer ses préoccupations. Pourquoi pas à  Cancun », a plaidé Tiémoko Sangaré. Les petits unis face aux grands Il faut dire que l’Afrique a besoin du poids de l’ensemble des pays pour se faire entendre dans ces discussions o๠les pays développés emmenés par les Etats-Unis et les pays émergents ayant à  leur tête la Chine s’affrontent âprement. Le Protocole de Kyoto considère la Chine et un certain nombre pays tels que le Brésil, le Mexique, l’Afrique du sud, l’Inde, comme étant des pays en développement. Or il se trouve que la Chine talonne aujourd’hui les Etats-Unis. l’Inde et le Brésil sont des pays à  l’économie florissante. Pour les pays anciennement développés comme les Etats-Unis, le Japon et l’Europe, les pays émergents doivent avoir des responsabilités accrues en matière de réduction des émissions de gaz à  effet de serre et de financement des mesures d’adaptation et d’atténuation dans les pays vulnérables. Voilà  qui explique pourquoi les Etats-Unis, le Japon et l’Europe ferraillent contre le Protocole de Kyoto et ne semblent pas prêts à  s’engager pour sa prorogation. A la surprise générale ici à  Cancun, le Japon s’est prononcé contre ce protocole qui porte le nom d’une de ses villes. Il y a un autre point d’achoppement. Selon Mama Konaté, aucune entité n’a été créée pour gérer les 30 milliards de dollars annoncés à  Copenhague, appelés fonds rapides. Ces fonds doivent être mobilisés entre 2010 et 2012. « Il n’y a aucune clé de répartition. Le problème est que les pays développés veulent comptabiliser les ressources déjà  mobilisées comme faisant partie intégrante des 30 milliards de dollars. Par exemple l’Union européenne considère qu’elle a déjà  mobilisé 90% de sa quote-part sur les fonds rapides. Or nous voulons que ces fonds rapides soient additionnels à  l’aide déjà  consentie à  nos pays », explique le négociateur principal du Mali.

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