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Excision au Mali : une pratique toujours courante

Une pratique qui a la dent dure l’excision comme définie par l’OMS est une forme de mutilation sexuelle féminine qui désigne toutes sortes d’interventions aboutissant à  une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes ou toutes autres mutilations des organes féminins pour des raisons culturelles et autres et non à  des fins thérapeutiques. Au Mali, o๠la pratique demeure courante, 91,6% de la gent féminine est excisée. Ce qui fait dire Docteur Dolo, l’un des intervenants du débat sur la sensibilisation sur cette pratique que la difficulté de la lutte contre l’excision réside de la perpétuation de la pratique par les exciseuses qui en héritent de leurs parents. Véritable phénomène social, pratiquée sous certains cieux depuis des millénaires, cette pratique n’en est pas moins aujourd’hui un problème de santé publique de par ses conséquences néfastes sur ses victimes. Et pourtant, depuis quelques années les organisations non gouvernementales et les associations ne cessent d’en parler et de sensibiliser l’opinion afin d’y mettre fin. Mais, comme on le sait, les vieilles habitudes ont la dent dure et le combat semble très loin d’être gagné. De la nécessité de sanctions Dans la sous-région ouest africaine, certains pays ont adopté des lois interdisant l’excision. C’’est le cas du Burkina Faso o๠les exciseuses encourent de lourdes peines de prison. Au Mali, les autorités semblent craindre cette option. Le pays est cependant l’un des premiers à  s’être lancé dans la lutte. Il fait aujourd’hui office de mauvais élève, se faisant même réprimander par ses voisins. Ainsi en 2008, la représentante de Burina Faso lors d’un atelier sous régional déplorait l’absence de cette loi au Mali, car certains burkinabés quittent leur pays pour exciser leurs filles au Mali. Pour tenter de corriger cette situation et mettre un terme définitif à  cette pratique dans un avenir pas trop lointain, les acteurs de cette lutte ont décidé d’instaurer le dialogue direct entre différents acteurs et débattre de la problématique de l’excision. Pour eux, sur un plan juridique, la pratique est considérée comme une atteinte à  l’intégrité physique de la femme et de la jeune fille. Selon Mathieu Traoré, magistrat au tribunal de la commune IV, notre pays a ratifié plusieurs traités internationaux qui l’interdissent. Mais, beaucoup reste à  faire. Il a ainsi rappelé que la loi pénale est d’interprétation stricte. Or, aucun article de loi au Mali n’interdit l’excision. Il préconise alors de relever toute ambigà¼ité et de la classer comme infraction et de déterminer la peine applicable ou à  défaut, adopter une loi spéciale interdisant la pratique. Avant l’adoption d’une loi interdisant la pratique, il s’avère plus que nécessaire en l’état actuel des choses, de sensibiliser le maximum de maliens sur la question de l’excision. Et ce en utilisant des moyens adéquats pour éviter toute agitation sociale.

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