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Edito : 2012, élections en danger!

Même à  pas de tortue, 2012 finira par arriver. Et on est en droit de se demander si le Mali pourra alors continuer à  afficher l’image d’une démocratie encensée de par le monde. Allons-nous vers le scénario burkinabé, o๠le mandat présidentiel s’est retrouvé transformé au gré du prince du jour ? Nul ne peut aujourd’hui répondre avec certitude par la négative. Les dispositions constitutionnelles qui prévoient la tenue de nouvelles élections (législatives et présidentielles) auront du mal à  être respectées au rythme o๠va la réforme constitutionnelle enclenchée depuis quelques mois. Déjà , le référendum prévu pour la fin de cette année 2010 a été reporté sine die. Les observateurs se demandent si les prochaines élections qui devraient amener l’avènement d’un autre régime politique au Mali, peuvent avoir lieu ou si l’on s’achemine vers une prolongation du mandat d’Amadou Toumani Touré. l’éminent homme politique qu’est Bakary Koniba Traoré (vice-président du RPM) n’a jamais manqué de demander aux maliens de rester vigilants pour ne pas être surpris par un scénario qui apparait de plus en plus probable. Selon lui, ATT serait en train de tout faire pour prolonger son mandat. Avis partagé par le président du parti Codem, Fousseini Amion Guindo, qui doute foncièrement qu’il y ait des élections en 2012. « Les textes qui sont présentement à  l’Assemblée nationale, Dieu seul sait à  quoi et à  quand ça va nous mener. Mais soyez sûr d’une chose, nous devons être très vigilants… » a-t-il déclaré récemment. Et l’appel des associations et partis politiques qui acclament la politique et le leadership d’ATT sans encore oser ouvertement lui demander de rester au pouvoir, n’arrange pas les choses. Certes, il ne rate aucune occasion pour parler de son départ en 2012, mais les chantiers par lui-même lancés hypothèquent la tenue des scrutins aux dates prévues et donc risquent de prolonger son mandat de deux voire 4 ans. D’aucuns estiment cependant qu’ATT ne saurait se contredire lui-même. C’’est le cas du Dr Amadou Sissoko, constitutionnaliste, qui assure d’ailleurs qu’il existe des gardes fous constitutionnels clairs et limpides. « Aucun texte ne saurait justifier la prolongation du mandat d’ATT », affirme-t-il. Mais si jamais il venait à  obtenir cette prolongation, ATT aura forcément à  faire face à  certains dossiers brûlants. La relecture du code de la famille est entre autres un enjeu politique et social majeur et qui pourrait demeurer une grosse épine dans son pied. Les affaires de corruption qui se multiplient au sein de l’administration pèsent aussi lourd sur le crédit du Mali à  l’extérieur et augmente l’exaspération populaire à  l’interne. Aura-t-il envie dans ces conditions de se maintenir plus longtemps ? Rien n’est moins sûr ! Comme dirait l’autre, wait and see.

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