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Ibrahim Al Koni : Un geste pour la révolution grise

Ibrahim Al Koni, un écrivain au grand coeur Ibrahim AL-KONI est né en 1948 dans le désert Libyen. De culture touareg, il n’apprend à  écrire l’arabe qu’à  l’âge de 12 ans. Il fait ensuite des études d’histoire et de journalisme en ex-URSS, avant de s’installer en Pologne. Si l’on excepte deux brefs recueils de nouvelles parus en 1975 et 1976, ce n’est qu’à  la fin des années 80 qu’il fait connaà®tre au monde son œuvre (plus de 20 titres publiés à  ce jour), saluée à  travers tout le monde arabe — au moins dans les cercles éclairés — comme l’une des révélations majeures de cette fin de siècle. Un premier roman traduit en français (Poussière d’or, Gallimard, 1998), puis deux autres (L’Herbe de la nuit et Le Saignement de la pierre, L’Esprit des Péninsules, 2000 et 2001), ainsi que quelques nouvelles recueillies dans la revue Le Serpent à  plumes, lui ont valu les plus hauts témoignages d’admiration : « Retenez bien le nom de cet auteur : Ibrahim Al-Koni réunit les dons d’un grand artiste et ceux d’un profond connaisseur des différentes traditions littéraires arabes. Il est temps que le public européen le connaisse et lise ses œuvres. Inutile d’ajouter qu’il ne s’agit pas du pain — ni d’un succédané de pain — de tous les jours. » écrivait Juan Goytisolo du Nouvel Observateur. Son oeuvre a été couronnée par de nombreux prix littéraires, parmi lesquels le prix spécial de l’Etat suisse pour l’ensemble de son œuvre, le prix du roman saharien, le prix Sheikh Zayed Boo Award et le prix Mondello. « Ange, qui es-tu ? », son dernier ouvrage, est sorti en 2010 et rencontre déjà  un grand succès. Ibrahim Al-Koni vient de recevoir la semaine dernière au Caire en Egypte le prix du 5ème forum du roman arabe pour l’ensemble de son oeuvre et il a décidé d’offrir le montant de son chèque aux écoles des sables d’Er Intedjeft dans la région de Tombouctou, de Taboye dans la région de Gao et de Tallabite dans la région de Kidal. Un geste pour les écoliers du désert La cérémonie de cette remise de prix s’est déroulée au Centre culturel pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel touareg en présence du consul de la Libye au Mali, S. E. M. Moussa Al-Koni, qui n’est autre que le frère de l’écrivain. l’école des sables est une petite école primaire à  Taboye dans le cercle de Bourem et qui reçoit cette année 110 élèves dont 60 en internat. Le président de l’association a, à  cette occasion, lancé la « révolution grise ». Pour lui, il s’agit de contribuer à  la formation de futures élites du Mali. « Nous nous révoltons ainsi contre l’ignorance, l’analphabétisme, nous sommes pour la paix et le développement. Je pense que C’’est essentiellement par une bonne éducation qu’un développement durable peut se faire. C’’est une stratégie à  long terme et tous ceux qui veulent y participer peuvent nous rejoindre dès à  présent » lance- t-il. Grace à  cette somme, chaque enfant des trois écoles de l’organisation plantera un arbre et s’en occupera tout le long de sa scolarité. « Nous construirons aussi une bibliothèque dans chaque école et chacune portera le nom d’Ibrahim Al koni. Ce projet qui vient d’être financé par un homme de C’œur s’appellera « un enfant, un arbre, une école, une bibliothèque » a déclaré M. Ag Assarid, président de l’association. Les enfants des sables de ces écoles, par la voix de Moussa Ag Assarid,ont exprimé à  leur généreux donateur,leur reconnaissance et leur gratitude pour ce geste.

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