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Festival au désert : Bye bye Tombouctou !

Pari tenu pour les organisateurs Pendant trois jours de spectacles, d’échanges, de découvertes touristiques, de brassage culturel…Tombouctou la cité mystérieuse, la ville sainte grouillait de monde. Un public venu des cinq continents. Le festival au désert était jumelé cette année à  la traditionnelle course de chevaux de Tombouctou sur les dunes de sable de la flamme de la paix. Les festivaliers sont rentrés chez eux avec des images plein la tête. Le Mali vient de démontrer encore une fois sa richesse culturelle couplée d’une chaleur humaine qui rend tout séjour d’un étranger inoubliable. Le festival au désert 2011 aura eu un cachet particulier. Il y a quelques mois, nul ne pouvait assurer sa tenue dans les dunes tombouctiennes. Les consignes sécuritaires des pays d’origine de la plupart des festivaliers occidentaux faisaient peser une chape de plomb sur la manifestation et les organisateurs redoutaient une faible affluence. La fête a donc été d’autant plus belle que près de 10 000 participants ont pu la partager. Venus essentiellement d’Afrique, des Etats Unis et de l’Europe de l’Est, ils ont démenti de la plus belle des manières, les rumeurs et autres informations alarmistes sur la sécurité du festival. ATT : « Le Mali est un pays de paix » Venue spécialement de Bamako pour ces deux grandes manifestations, le président Amadou Toumani Touré est revenu sur les précédents évènements survenus dans le désert malien il y a quelques mois et qui avaient fait couler beaucoup d’encre. Il parlera notamment de la fameuse histoire du cargo chargé de drogue qui avait atterrit puis brûlé en plein désert. Le tort du gouvernement, selon lui, a été de garder le silence pendant quelques jours, le temps de boucler l’enquête. Et « ce laps de temps a été l’occasion pour certains de donner des interprétations de toutes sortes. De fausses interprétations, je dirais. Le Mali a porté plainte contre X dans cette histoire pour menace à  la sécurité intérieure et à  l’intégrité nationale. Nous ne sommes pas venus à  Tombouctou pour braver la menace terroriste. Nous nous disons simplement que quelques soient les difficultés, nous devons rester soudés. Le nord Mali n’est pas uniquement le désert, C’’est aussi la joie, les rencontres, le divertissement et beaucoup d’autres choses. Si nous perdons la bataille des populations, nous perdrons aussi la bataille contre les bandits et le terrorisme. Chaque fois que nous reculons, C’’est le terrorisme qui avance. Il faut donc que les populations de la région s’impliquent et cessent d’avoir la phobie de ces menaces.» ATT estime que l’unique issue, C’’est le développement économique et social. Le Mali présente ses regrets à  la France Le chef de l’Etat a par ailleurs exprimé sa peine face aux récents enlèvements des ressortissants français à  Niamey. Une histoire qui a d’ailleurs tournée au drame avec la mort des français et quelques blessés. Notons que le Mali comme l’a assuré le chef de l’Etat, avait mis toutes ses bases et troupes à  la disposition du Niger. Il exprime également sa peine à  l’endroit des otages français enlevé à  Arlit( au Niger) en septembre dernier, en indiquant être de C’œur avec eux. ATT est également revenu sur l’incident de l’ambassade de France à  Bamako. Il s’agit notamment d’un jeune tunisien d’une vingtaine d’années qui avait fait exploser une bombonne de gaz devant les locaux de l’ambassade. Le président a expliqué qu’il s’agissait d’un acte isolé, inspiré et exécuté par l’individu lui-même et que celui-ci n’avait pas l’intention d’attenter à  la vie de qui que ce soit ». Néanmoins la question qu’il se pose, C’’est « pourquoi la France et pourquoi au Mali ? Ce jeune homme sera bientôt devant la justice. Nous exprimons par la même occasion, nos regrets à  la France.» Il indique que nul n’est à  jamais à  l’abri, nulle part dans le monde, et par conséquent, il remercie tous les touristes qui ont bravés les supposées menaces sécuritaires et sont venues au Mali, jusqu’à  Tombouctou. ATT félicite le directeur du festival au désert, Manny Ansar qui a eut la magnifique idée d’organiser cet évènement en plein désert et cela, depuis 11 ans. Les artistes et l’hymne du festival Les artistes présents, nationaux et étrangers ont tenu le public en haleine pendant une « jam session » inédite. Pendant une dizaine de minutes, ils ont chanté dans plusieurs langues en présence du président, une chanson spécialement composée lors du festival. Le texte appelait à  la paix, l’entente, la cohésion et l’amour entre les uns et les autres. Cette chanson, qui est en quelque sorte l’hymne du festial, été chantée en français, anglais, sanskrit (ethnie indienne), bambara, peulh, tamashek, wolof, sonrhaà¯Â…Sur scène : Oumou Sangaré, Haira Arby, Waflash, Ami Sacko, Habib Koité et beaucoup d’autres. Ce melting pot a été suivit d’un concert géant animé par Oumou Sangaré, Baba Salah et Amkoullel. Vivement 2012 !

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