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Vie chère au Mali : le prétexte de la situation ivoirienne tient-il?

Habituellement, les maliens s’attendent à  la hausse des prix à  l’approche du Ramadan. Mais la donne a-t-elle changé avec la crise politique ivoirienne ? C’’est en tout cas la situation chez nos voisins qui sert de prétexte aux commerçants. La difficulté est réelle ; il n’est pas évident d’acheminer les marchandises depuis le port d’Abidjan, et le corridor Abidjan-Bamako est quasiment asphyxié depuis plusieurs semaines. Avec la situation ivoirienne, il fallait donc s’attendre à  l’augmentation du coût de la vie. Là  o๠le bât blesse, C’’est qu’on dirait que les commerçants saisissent cette occasion pour causer une situation de pénurie, mettant à  genoux des consommateurs dont les ressources fondent chaque jour un peu plus. On crie à  la pénurie alors que d’après les informations, de nombreux opérateurs ont des magasins remplis de produits achetés avant décembre mais qu’ils sortent au compte-goutte, spéculant à  tout-va. D’autre part, au lieu de sauver les meubles et de jouer son rôle de régulateur des prix sur le marché, ou à  défaut, d’apporter des éclaircissements sur la hausse des prix, la Direction nationale du commerce et de la concurrence (Dncc) se mure dans un silence assourdissant. Le panier de la ménagère reçoit donc un coup de plus avec cette crise. L’absence de régulation des prix, qui est pour beaucoup la cause de cette situation, fait souffrir plus d’un consommateur. En effet, tous les produits de première nécessité connaissent une hausse assez conséquente. Le kilo de sucre est passé à  600 voire 700 Fcfa ou plus. Le litre d’huile se vend à  partir de 1050 Fcfa, certains allant jusqu’à  1200F contre les 900 Francs d’il y a encore quelques semaines. Parallèlement, apparaissent sur les marchés des produits de mauvaise qualité comme des huiles frelatées sur laquelle se ruent les ménagères pour économiser quelques sous. La grosse inquiétude des chefs de famille, C’’est que les prix restent les mêmes après la fin de la crise. On se souvient qu’en 2002, Bramali avait fait observer une augmentation de 25 F cfa sur les boissons. C’était, à  l’époque pour soutenir les Aigles pour la Coupe d’Afrique des nations que le Mali organisait. Mais après, la CAN, les prix ne sont pas redescendus, au contraire, ils viennent récemment de connaitre une nouvelle hausse. L’on se demande o๠sont passées les Associations de consommateurs, lesquelles ne réagissent que mollement à  ces différentes hausses. Le département en charge du Commerce semble avoir baissé les bras et se cache derrière la commission mise en place pour gérer le problème. Une commission qui jusqu’à  preuve de contraire n’a produit aucun résultat tangible et ne propose rien pour soulager les populations. En attendant, celles-ci poursuivent leur descente aux enfers.

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