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Laurent Gbagbo sur Canal + : Le Grand bluff !

Les interviews de chefs d’états sont un graal pour les journalistes vedettes comme Michel Denisot, présentateur du sur Canal Plus la chaà®ne cryptée, pour essayer de tirer les vers du nez de «Â puissants » avec l’illusion de la fameuse objectivité et peut être, ce sentiment d‘influer un tout petit peu sur le cours des choses… Mais la situation en Côte d’Ivoire est toute particulière ainsi que ceux qui convoitent cet eldorado de ressources naturelles. C’’est après un vol de 6h que Denisot a atterri dans la capitale ivoirienne pour confronter Gbagbo dans des conditions difficiles dira t-il ensuite. D’autres sources affirment que Gbagbo et son entourage auraient commandité cette interview sur CanalPlus… Si on craignait un journaliste trop convenu comme dans l’interview de Sarkozy, à  l’Elysée après le 14 juillet, on a vu là  un Denisot pugnace face à  un Gbagbo dont les hésitations masquent à  peine l’incongru de la situation,(un fauteuil pour 2), et dont les roulades verbales peuvent sans doute faire rire quelques partisans, mais sont difficiles à  avaler désormais pour l‘opinion internationales. «Â On vous surnomme le boulanger, » lâche Denisot, peu dérangé par la chaleur et après un matraquage de questions sur les résultats validés par la CEI puis invalidés par le Conseil Constitutionnel, la juridiction suprême. Et Gbagbo de rétorquer : «Â Vous connaissez un chef d’état qui n’a pas surnom ? Cela est même une marque de respect. Et d’ailleurs, votre Mitterrand, ne se faisait-il pas appeler Dieu ?». l’homme se prendrait-il pour un messie? Et de contre attaquer : «Â C’’est Alassane Ouattara qui a introduit la violence en politique en Côte d’Ivoire ! ». Denisot riposte : «Â Mais pourquoi aimez-vous le pouvoir ? ». «Â Partout dans le monde, tout le monde aime le pouvoir, tous ceux qui le cherchent aiment le pouvoir, pour changer les choses ». On y croirait presque, dans cette résidence de la présidence, o๠les arbres imposent un sorte de rempart, alors qu’au dehors, les affrontements grondent. Mais Gbagbo se défend de toute violence. «Â Alors pourquoi Ouattara ne peut se rendre chez lui à  pied ? », demande Denisot. «Â Mais il le peut, personne ne l’en empêche », ironise le boulanger. On imagine déjà  les militants de Blé Goudé, postés aux intersections. Mais oui, la situation se décantera par la discussion, je n‘y vois pas d‘inconvénient, bluffe Gbagbo avant de remercier les téléspectateurs de Canal+. De son côté, Ouattara, qui a eu droit à  un duplex, face au présentateur, s’est montré calme mais répétitif :«Â Il faut que Laurent Gbagbo lâche le pouvoir, des Ivoiriens sont entrain de mourir sous les balles des milices. Ce pays ne peut supporter cette situation. Laurent Gbagbo fait du mal à  la Côte d’Ivoire, alors s’il l’aime, qu’il quitte le pourvoir ». De son côté, l’occupant de la présidence d’affirmer que : «Â La Côte d’Ivoire n’est pas au bord du bain de sang… » et le rôle de l’ONU n’ est pas de proclamer des résultats! Face à  ce duel médiatique interposé, l‘horizon reste toujours aussi bouché, et si on a plus envie de rire de l’humour bluffeur de Laurent Gbagbo, les plaintes et doléances de Ouattara sonnent désespérés même si l’homme se veut endurant dans l’attente de son fauteuil dû. La question qui se pose maintenant, C’’est de savoir, qui lâchera en premier, à  défaut de recomptages, de ballets diplomatiques africains ou d’éventuelles concertations. A quand un nouveau face à  face Gbagbo-Ouattara et devant le peuple de Côte d’Ivoire cette fois ?

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