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Egypte : Un million d’égyptiens dans les rues

L’annonce lundi d’un nouveau gouvernement renouvelé de moitié, et l’annonce du vice-président Omar Souleimane de l’ouverture immédiate d’un dialogue avec l’opposition, n’a pas entamé la détermination des manifestants. La place Tahrir au Caire est noire de monde (environ un million de personnes, selon les sources) en ce 1er février. Les manifestants sont sortis pour la « marche du million », à  l’appel du mouvement de contestation qui réclame depuis une semaine le départ du président Hosni Moubarak. Malgré la répression qui a fair depuis le début du mouvement, le 25 janvier, 300 morts selon le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Navi Pillay. Hier, l’armée égyptienne, l’un des deux piliers du régime avec la police, a hier soir que les revendications du peuple étaient « légitimes » et s’est engagée à  ne pas faire usage de la force. Mais les manifestations de ce mardi se passent sous haute sécurité. Des hélicoptères survolent régulièrement le centre du Caire, et l’armée a fermé ce matin les accès à  la capitale et à  d’autres villes.Une autre manifestation géante était prévue à  Alexandrie. Moubarak qui ne semble pas prêt à  la défection mais fait des concessions à  la contestation. Lundi, dans la soirée, le vice-président Omar Souleimane a annoncé lors d’une brève allocution télévisée avoir été chargé par le président d’ouvrir un dialogue immédiat avec l’opposition, « autour de toutes les questions liées aux réformes constitutionnelles et législatives ». Dans la journée, M. Moubarak avait annoncé un important remaniement. Le ministre de l’Intérieur Habib el-Adli, dont les manifestants réclamaient le départ, a été remplacé par un haut responsable de la police, Mahmoud Wagdi. Et il n’y a plus de ministre issu du monde des affaires, considéré comme proche de Gamal Moubarak, fils d’Hosni et lui aussi conspué par les manifestants. Les Frères musulmans, force d’opposition la plus influente du pays, ont très vite rejeté ce nouveau cabinet, et appelé à  « des manifestations massives partout en Egypte afin que tout le régime — président, parti, ministres et Parlement — quitte le pouvoir ». Les manifestants répondent aux appels d’organisations pro-démocratie issues de la société civile, soutenues par des personnalités comme le prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, par une partie de l’opposition laà¯que et par les Frères musulmans, la force d’opposition la plus influente du pays. M. ElBaradei a prévenu que si le président « veut vraiment sauver sa peau, il ferait mieux de partir ». Il a donné jusqu’au vendredi au président pour quitter le pouvoir. 50 organisations égyptiennes de défense des droits l’homme ont appelé le président Moubarak à  « se retirer » du pouvoir pour « éviter un bain de sang ». l’un des faits marquants de cette révolution en Egypte, C’’est la place considérable des technologies de l’information. Internet est coupé depuis 6 jours maintenant et les égyptiens se sont rabattus sur le téléphone portable, lui-même brièvement interrompu la semaine dernière. Les mots d’ordre pour les manifestations circulent grâce aux sms et au bouche à  oreille.

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