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Le tourisme, outil de lutte contre la pauvreté

Le principal thème de la 7e édition du festival Kayes-Médine-Tambacounda concernait le tourisme sous régional qui est un créneau à  développer. Les conférences ont été animées notamment par le conservateur du fort de Médine, la directrice du festival, le représentant du ministre sénégalais du tourisme et un consultant du tourisme au Sénégal. Il y avait une importante participation d’élèves qui pour la plupart, ne connaissaient rien de l’histoire du fort de Médine et en ignoraient même l’existence. Préserver son patrimoine culturel Médine a été fondé par un chef guerrier du Khasso, Hawa Demba Diallo. A l’arrivée des occidentaux, il a été l’un des rares autochtones à  les accueillir à  bras ouverts. Il a même donné sa fille Sadioba en mariage à  l’un d’eux, Fernand Duranton, ce qui constituera le premier mariage mixte au Mali. Ils auront trois enfants dont la dernière Marie fut enterrée à  l’intérieur du fort de Médine. Le conservateur du fort, Gaoussou Fofana fit un bref rappel de l’histoire de ce fort créé en 1855 par le général Faidherbe. La construction aurait duré deux mois, du 15 septembre au 5 octobre 1855. Mr Fofana explique que le général français est venu avec des maçons indochinois et sénégalais pour la réalisation du fort. Ils furent aidés dans leur tâche par la main d’œuvre locale. Le fort fut construit pour défendre les intérêts commerciaux français. En effet, « des bateaux quittaient le Sénégal pour Médine avec des marchandises. Celles-ci étaient ensuite échangées contre des esclaves ou autres denrées de la région. Le fort a servit de tremplin à  la pénétration coloniale au Mali. Parce que C’’est à  partir de Médine, que les français ont réussis à  s’installer progressivement dans le pays. Aujourd’hui, le fort est peu connu, même des maliens. Il enregistre à  peine 5000 visites par an. Faire de Médine, un pôle d’attraction Le conservateur du fort, Gaoussou Fofana explique que le patrimoine et le tourisme sont deux choses intimement liées. Le meilleur moyen selon lui de valoriser la culture, C’’est de la vendre, aux touristes en particulier. Le fort de Médine est un patrimoine historique, une richesse aussi bien culturelle qu’économique. Mr Fofana estime que le tourisme peut grandement contribuer à  la lutte contre la pauvreté. Le secrétaire permanent du syndicat patronal de l’industrie hôtelière du Sénégal, Moustapha Kane, a donné l’exemple de son pays. Le Sénégal a réussit à  s’imposer dans le domaine du tourisme et reçoit annuellement plus de 800 000 touristes. l’à®le de Gorée est le principal pôle d’attraction touristique pour ce pays. Un ancien administrateur civil de Kayes explique que le fort de Médine avait exactement les mêmes fonctions que l’à®le de Gorée. « Par conséquent, je trouve dommage que nos autorités ne profitent pas de patrimoine pour faire du Mali, un pays incontournable en matière de tourisme. Prenons exemple sur le Sénégal voisin qui a su faire de Gorée, le principal lieu de pèlerinage pour tous les descendants d’esclavages vivants sur d’autres continents. Il suffit de savoir mener une meilleure politique», a-t-il ajouté. Pape Abdoul Niang, consultant en tourisme au Sénégal, explique que le tourisme est une école. Il cite un grand acteur du tourisme qui disait : « le tourisme est un métier de contact, le contact crée la rencontre, la rencontre la confiance et la confiance crée le partenariat. » Il ajoute que la culture est un élément d’influence et de domination et que miser sur le tourisme culturel, C’’est mettre le Mali en valeur. Pour ce qui de la promotion du tourisme sous régional, il suggère la mise en place d’un bureau d’information touristique au niveau de toutes les frontières africaines. Cela permettra, selon lui, de mieux vendre les destinations inter-Etats. Il lui semble également important de lever les contraintes douanières qui n’aident aucunement à  la facilitation du développement du tourisme sous régional. Le tourisme, a indiqué le conservateur du fort de Médine, est la meilleure arme pour lutter contre la pauvreté dans nos pays. « Qu’il soit remis en valeur, pris à  bras le corps par tout un chacun » a-t-il conclu.

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