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Déclaration de la Coordination Malienne des Organisations Démocratiques (CO.M.O.DE.)

Nous publions l’exclusité de ce document d’analyse et de prospection. A lire ! La situation socio-économique et politique de notre pays est aujourd’hui très préoccupante. Elle se caractérise notamment par : la cherté de la vie, l’insécurité dans le nord du pays, mais également dans les centres urbains, par les spoliations foncières, la corruption, la persistance de la crise de l’Education, le chômage des jeunes. • Malgré les exonérations distribuées à  tour de bras à  certains opérateurs économiques, les denrées de 1ère nécessité (le lait, le sucre, l’huile le bois de chauffe, le charbon, le gaz butane) restent inaccessibles pour une large majorité de la population qui s’enfonce davantage dans la misère. Ils sont nombreux, les Maliens qui ne sont pas en mesure d’assurer à  leur famille, les trois repas quotidiens. Cette situation ne semble pas émouvoir outre mesure ces opérateurs économiques, prédateurs de l’économie nationale, soucieux de préserver la situation de rente, et les privilèges indus dont ils jouissent avec arrogance. Les plus connus d’entre d’eux (qui sont également des responsables politiques) viennent de décerner avec fanfare et trompette au Président de la République dont ils se réclament, une médaille à  coût de plusieurs centaines de millions de nos francs. Les Maliens ne sont pas dupes et ont compris le sens de cette «reconnaissance». • Progressivement le Nord Mali devient une zone de non-droit livrée aux narcotrafiquants parfois envahi et occupé par des armées étrangères. Que deviennent la souveraineté nationale et la défense de l’intégrité territoriale ? Nos centres urbains, en particulier la capitale, autrefois, réputés pour leur sécurité sont devenus la proie des brigands qui sont mieux armés que nos policiers et nos gendarmes. Dans ces zones, les populations ne dorment que d’un œil, tant leur anxiété est grande. • La corruption, qui se manifeste sous diverses formes et gangrène tous les secteurs de l’Etat, constitue une des entraves majeures au développement socioéconomique de notre Pays. • Quant à  la spéculation foncière, elle prospère au mépris des lois et règlements de notre Pays, au grand dam d’honnêtes citoyens, victimes de spoliateurs, véritables prédateurs insatiables, et hélas, assurés de l’impunité. Nos pouvoirs publics sont plus que jamais interpellés : il est plus que temps de passer du discours bien rodé, aux actes, et mesures énergiques pour mettre fin au calvaire des populations confrontées aux diverses formes de spéculations. • La persistance du chômage des jeunes (diplômés, ou non) dans les milieux urbains et ruraux malgré les initiatives prises par les pouvoirs publics reste un véritable cauchemar. Cet état de fait conduit au désespoir et annihile toute possibilité de relève. • Malgré les efforts considérables d’investissement consentis par les gouvernements successifs au bénéfice de l’école, et les nombreuses concertations autour de la question de l’éducation en général et de la crise scolaire en particulier, un malaise profond persiste chez tous les acteurs de l’école : de lourdes menaces continuent de planer sur l’année universitaire et suscitent angoisse et désespoir chez les élèves et étudiants. l’espace scolaire et universitaire renoue avec l’agitation et la violence : en témoignent, les évènements récents survenus dans les lycées de Gao et Kita. En outre, à  cette date, les inscriptions continuent pour les 1ères années des facultés, tandis que les autres niveaux n’ont pas encore validé l’année académique 2009/2010. • Au regard de tout ce qui précède la CO.M.O.DE, rappelle que C’’est avec le sang des jeunes, des femmes et des hommes de ce pays que la constitution du 25 février 1992 a été écrite. Notre Loi Fondamentale consacre le régime républicain dans tout son attribut, elle inscrit les élections comme la forme la mieux appropriée d’expression démocratique, ouvrant la voie à  l’alternance politique. Désormais le pouvoir échappe à  toute forme de «patrimonialité personnelle». Aussi la bonne gouvernance, l’amélioration des conditions de vie des populations constituent des axes majeurs de la Révolution du 26 mars 1991. Elle engage donc les pouvoirs publics à  : -/ prendre des mesures urgentes efficaces et pérennes permettant de pallier à  la cherté de la vie. -/ accélérer la mise en œuvre de politiques volontaristes vigoureuses pour combattre le chômage des jeunes. -/ équiper et à  former nos forces armées et de sécurité afin qu’elles puissent accomplir dignement leur mission de défense de l’intégrité territoriale. -/ prendre des mesures énergiques pour une application stricte de la loi pour enrayer le fléau de la corruption et de la délinquance financière. -/ mettre fin au règne de l’impunité afin de préserver les intérêts des plus faibles, en rétablissant dans leurs droits les victimes des spoliations foncières. -/ dynamiser les cadres de dialogue et de concertations autour de la crise scolaire en rétablissant la confiance entre acteurs de l’école (syndicats d’enseignants, d’élèves et étudiants, parents d’élèves et gouvernement) et en accélérant la mise en œuvre des recommandations issues des différentes concertations. A cet effet, il importe que tous les protagonistes respectent les engagements auxquels ils ont souscrit afin d’atteindre l’objectif commun de Refondation de notre système éducatif. La CO.M.O.DE réaffirme sa fidélité aux idéaux du 26 Mars 91, et son attachement à  la mémoire de tous les martyrs de la lutte pour l’indépendance du Mali, pour la démocratie et le progrès social. Elle restera mobilisée pour la sauvegarde et la consolidation des acquis de la REVOLUTION du 26 MARS 1991. Elle s’opposera avec détermination à  toute tentative de tripatouillage de notre Constitution. Elle invite les «apprentis sorciers» qui veulent entrainer le Président ATT dans un processus de prolongation des mandats électifs, à  méditer sur le cas de Tandja et sur le sort dramatique de Ben Ali, hier adulé parce que constructeur de routes, bâtisseur d’universités, d’hôpitaux et d’habitats à  loyers modérés (HLM) etc ; et de ce fait qualifié par les myopes politiques, d’homme «providentiel, indispensable et irremplaçable». Bamako, le 17 Février 2011 Le Président Prof. Ali Nouhoum Diallo Paru dans le Républicain Mali

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