Société › Éducation

Edito : Par pitié, libérez les étudiants !

Alors que dans les écoles et universités des pays alentour, les étudiants viennent de passer leur première session au compte de l’année 2010 , ceux du Mali ne savent plus o๠donner de la tête avec une année qui n’en finit pas. Cela fait en effet plus de 18 mois maintenant que dure l’année universitaire 2009-2010. Dès le mois de février 2010, les enseignants du Supérieur ont lancé un mouvement pour obtenir la satisfaction d’une série de doléances dont nul ne conteste la légitimité. La lutte pour l’amélioration des conditions de travail d’une couche si importante de notre population devrait recevoir l’adhésion de tous. Mais là  o๠le bât blesse, C’’est qu’au nom de la défense de leurs intérêts, les « profs »sont en train de saper les efforts des enfants et de leurs parents. Après avoir refusé de donner les cours et chômer pendant quatre longs mois, ils avaient finalement revu leur copie et dispenser à  la hâte 6 mois de programme en 8 voire 6 semaines. s’en sont suivis des examens, passés très difficilement par les étudiants. Et depuis, rien ! En ces temps difficiles o๠la charge d’un enfant est ce que l’on sait, o๠convaincre son enfant de poursuivre des études supérieures n’est pas chose évidente, comment comprendre l’intransigeance de ceux qui sont censés être des « parents » pour nos enfants…On dirait qu’aujourd’hui, seul compte le gain pécunier et que l’engagement pris de dispenser son savoir et de former est foulé au pied. Il y a quelques semaines, après une manifestation organisée par les étudiants qui se sentaient abandonnés (et pour cause !) par les autorités, Mme le ministre l’avait jouée ingénue : « je croyais ce problème réglé » avait-elle dit, candide, avant de donner des injonctions à  ses collaborateurs pour que la situation soit rapidement gérée, pour, je la cite, « libérer les enfants »Â…Malgré cette prise de conscience tardive, rien ne semble bouger. Nos sources nous indiquent, qu’après un énième mouvement d’humeur des profs qui ne voulaient pas corriger les copies tant qu’ils n’avaient pas de l’argent (encore !), ce sont à  présent les secrétaires qui refusent de reporter les notes pour que les résultats soient enfin promulgués. Ils auraient, eux aussi, des revendications à  satisfaire. Ce qu’on aimerait bien savoir C’’est si ces enseignants et leurs collaborateurs ont des enfants. La réponse étant certainement oui, comment peuvent-ils, en parents qu’ils sont et connaissant la situation actuelle, comment peuvent-ils infliger un pareil supplice aux étudiants et à  leurs familles ? On n’ose même pas imaginer les conditions dans lesquelles vivent aujourd’hui les étudiants étrangers, surtout ceux qui n’ont pas la chance d’être des boursiers et dont les parents se saignent pour payer les études. A l’heure o๠l’on parle partout des problèmes de notre système éducatif, voici donc venue l’heure de chanter son requiem. Car une chose est sure, ce n’est pas avec des situations du genre de celle qui a cours en ce moment dans nos facultés que l’on va redresser la barre. Mais pour le moment, une seule supplique, et je suis sûre que des milliers de voix se joindront à  la mienne : libérez nos étudiants, par pitié !

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