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Le Panel joue les prolongations en Côte d’Ivoire

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, réuni lundi soir, a pris note de la nécessité pour le Panel de disposer d’un temps supplémentaire limité pour parachever sa mission. Il a donc décidé de lui accorder une prorogation de son mandat. De source diplomatique, on explique cette prolongation par des considérations juridiques. Le panel des cinq avait un mandat qui a expiré le 28 février. Comme ils n’ont pas pu rendre leurs recommandations à  la date prévue et afin que leurs conclusions ne soient pas contestées par l’une des parties, il fallait donc que le Conseil de paix et de sécurité prolonge leur mission jusqu’au 31 mars. Ces 30 jours devront donc permettre aux 5 chefs d’Etat de poursuivre leur mission qui est de trouver « une solution politique d’ensemble » à  la crise ivoirienne. Présidé par le chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, le panel est composé de Jacob Zuma (Afrique du Sud), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Idriss Deby Itno (Tchad) et Jakaya Kikwete (Tanzanie). Il a été créé en marge du dernier sommet de l’UA fin janvier à  Addis Abeba et a effectué une mission de deux jours la semaine dernière qui n’avait pas permis de décanter la situation que connait depuis maintenant 3 mois. Toujours selon des sources diplomatiques, l’échec de la mission du panel est dû à  des divergences au sein du panel sur la ou les solutions à  la crise. Nombreux sont ceux qui pensent que ce nouveau délai fait e jeu de Laurent Gbagbo, soupçonné de recruter et de réarmer ses troupes. Il obtient ainsi un sursis de 30 jours pendant lesquels tout sera possible. Une nouvelle réunion devrait avoir lieu ce vendredi 4 mars 2011 à  Nouakchott en la présence du président de la Commission de l’Union africaine et du secrétaire exécutif de la Cédéao. Cette réunion devra très rapidement être suivie d’un nouveau voyage à  Abidjan pour présenter leur plan de sortie de crise, des « solutions contraignantes pour les deux parties ». Un sommet des 14 chefs d’Etat membres du Conseil de paix et de sécurité qui décidera en dernier ressort de la marche à  suivre en fonction des réactions des deux protagonistes de la crise. Dégradation de la situation Ce délai intervient alors que la situation sécuritaire dans le pays ne cesse de se dégrader. La semaine dernière le quartier pro-Ouattara d’Abobo, dans le nord d’Abidjan, a été le théâtre de combats sanglants entre Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales au président sortant et insurgés armés, accusés par le camp Gbagbo d’appartenir à  l’ex-rébellion du nord ivoirien alliée à  M. Ouattara. Abobo est cependant calme depuis dimanche mais la situation demeurait préoccupante après plusieurs jours d’exode de milliers de familles terrifiées par les combats à  l’arme lourde. « Certaines informations font état d’un grand nombre de corps sans vie, de bus réduits en cendres, de magasins pillés et de jeunes miliciens qui attaquent les maisons », a déclaré le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR). L’agence onusienne s’est inquiétée du sort de civils « pris au piège », citant des témoignages selon lesquels « des groupes armés auraient empêché » des habitants de partir. Le nord du pays, aux mains de l’ex-rébellion, était privé de courant depuis lundi. Mis en cause par la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), le gouvernement Gbagbo a dit « optimiser l’utilisation du potentiel électrique actuel en fonction de ses priorités » et souligné que les coupures ne concernaient pas toujours le nord.

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