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Samba Touré, le blues songhaï nouvelle génération

Samba Touré fait partie de la jeune génération de musiciens qui revendique ses racines tout en faisant une musique aux sonorités modernes. Fidèle accompagnateur du regretté Ali Farka Touré durant de nombreuses années, Samba Touré est né en 1968 dans la région de Tombouctou (Mali), à  15 km de Niafunké. Son père étant décédé quelques jours avant sa naissance, C’’est sa mère qui l’élève seul avec son frère Ibrahima Bouri Séré, dans un environnement familial très marqué par la musique. Sa mère fut en effet l’une des premières femmes à  chanter avec le très jeune Ali Farka Touré, lors du Biennal Festival du Mali. N’ayant pas bénéficié d’une éducation formelle, Samba Touré part dès son adolescence chercher du travail à  Bamako et découvre dans la capitale cette musique issue des danses zaà¯roises interprétée à  la guitare, qui lui donne l’envie de devenir chanteur-guitariste. Il joue ainsi dans le groupe local Farafina Lolo (« Etoile d’Afrique »), groupe multiethnique au répertoire très varié et composé de son frère Bouri à  la batterie et de Baba Simagah à  la basse. A cette époque, Samba Touré tombe amoureux de la musique d’Ali Farka Touré, le John Lee Hooker africain, porte-parole de cette transposition de la musique traditionnelle du Mali vers un blues marqué par des tonalités du Nord de l’Amérique, et qui en fera ce Blues du Désert reconnu internationalement. Bien décidé à  bénéficier de l’enseignement de ce grand guitariste malien, Samba Touré finit par se retrouver aux côtés d’Ali Farka Touré, au contact duquel il apprend la maà®trise de la guitare du Désert Blues, avant d’adapter son jeu des instruments à  cordes traditionnels à  celui de la guitare électrique. Alors que le groupe Farafina Lolo se sépare au milieu des années 90, Samba Touré rejoint quelques temps le groupe Super Lolo (« Super Etoile »), avant de se concentrer sur l’écriture de ses propres compositions, tout en continuant à  affiner son style. Aux cotés de Farka En 1997, Ali Farka Touré offre alors la chance à  Samba Touré de partir en tournée mondiale à  ses côtés, oà¹ à  travers l’Europe et les Etats Unis, Samba Touré s’ouvre aux nombreux styles musicaux qu’il découvre. Cette expérience marquera à  jamais Samba Touré et influencera très profondément son futur répertoire qu’il est alors entrain de peaufiner. De retour au pays, Samba Touré forme le groupe Fondo (« le chemin » en dialecte songhaà¯), avec lequel il enregistre son premier album « Fondo » en 2004 aux studios de Seydoni Mali. Le groupe accompagne la majorité des artistes maliens et membre de l’orchestre d’Oumou Sangaré et de Djénéba Seck. l’album « Fondo » connait un succès retentissant dans tout le Mali, surtout grâce au titre « Anbafo » qui fait danser toutes les générations et ethnies confondues. Un vibrant hommage de Samba Touré à  son maà®tre spirituel, Ali Farka Touré, est également présent sur cet album, avec le titre « Ali Farka ». Samba Touré entreprend alors une tournée dans tout le pays, accompagné de nouveau par Baba Simagah et de son frère Bouri, et rejoint pour l’occasion par Oumar Touré, fidèle accompagnateur percussionniste d’Ali Farka Touré. Sur sa lancée, le groupe sort un deuxième album en 2007, « Aà¯to », toujours produit aux studios Seydoni Mali de Bamako. Ce nouvel opus confirme toutes les qualités artistiques du répertoire de Samba Touré, dont le Blues qualifié de Blues-songhaà¯, s’est encore affiné avec les différentes expériences musicales qu’il a vécues. Sous l’influence incontestable d’Ali Farka Touré, son répertoire a en effet réussi à  unifier harmonieusement le Blues du Niger aux tonalités occidentales des nombreux courants musicaux glanés lors de sa carrière. Aujourd’hui, Samba Touré revient avec un quatrième album, après « Songha௠Blues », sorti en août 2009. « Yeremakoye » fait la preuve de son doigté fidèle à  la tradition de son maà®tre, ce style qui a fait de lui le digne successeur de ce style de blues songhaà¯. Mais loin d’être une imitation, Samba a forgé son propre style, et son nouvel album à  paraà®tre internationalement au printemps 2011 est le témoin de l’évolution de son répertoire. Après le John Lee Hooker africain avec Ali Farka Touré, Samba Touré est en train de devenir avec sa bonhommie et sa bonne humeur constante et contagieuse, le Bo Diddley africain.

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