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Opposant historique, président pathétique ?

Si, dans quelques pays, il a apporté une certaine démocratisation et une alternance au pouvoir, dans d’autres, les conséquences, près de 20 ans après, sont mal-gouvernance et conflits latents ou déclarés. Un des héritages des luttes pour le multipartisme et la démocratisation, C’’est la génération d’ « opposants historiques ». Chaque pays africain a son combattant de la liberté, qui au prix de marches de protestation et d’exil forcé, s’est fait une place sur l’échiquier politique national voire international. Certains ont fini par manger au râtelier des puissants qu’ils n’arrivaient pas à  déboulonner. Exemple au Togo o๠l’ennemi personnel du clan Gnassimgbé, Gilchrist Olympio, a « finit par faire des concessions et composer ». Dans d’autres pays, ils ont réussi, au prix d’énormes sacrifices, personnel mais surtout de leurs militants, à  se hisser au pouvoir. Laurent Gbagbo, après la prison et l’exil est devenu président de la Côte d’Ivoire. Même scénario au Sénégal avec Maà®tre Abdoulaye Wade. Le « syndrome de l’opposant historique » Le problème est qu’une fois installé dans le fauteuil tant convoité, nos « leaders de l’opposition » rejouent le scénario de ceux qu’ils auront longtemps combattu. Népotisme, gabegie, et surtout soif de pouvoir font alors verser des larmes amères à  leurs partisans qui voient les promesses et grands serments d’hier jetés aux oubliettes. Ces chantres de la démocratie deviennent les pires ennemis de la liberté d’expression, ils sont prêts à  faire autant de mandats voire à  mourir au pouvoir et surtout, ils font vivre à  ceux qui sont à  leur place d’hier, C’’est-à -dire les opposants, pire que ce qu’ils auront eux-mêmes traversé. Alors, devons-nous prier pour que Dieu nous protège des « opposants historiques » ? Oui, en tout cas, au vu de ce que nous montrent Gbagbo et Wade (qui malgré la maladie et ses 85 printemps, s’accroche), on se demande si on n’a pas plutôt intérêt à  garder nos bons vieux despotes. Avec eux au moins on sait à  quoi s’en tenir ! Mais, comme l’homme vit d’espoir, nous allons quand même laisser le bénéfice du doute à  nos deux nouveaux-présidents-anciens-opposants-historiques. En effet, il y a quelques mois, la Guinée a récompensé le combat du Pr Alpha Condé et hier, les nigériens ont élu Mahamadou Issoufou, qui s’est présenté à  toutes les élections du temps de Tandja. Ces deux peuples, riches de ressources naturelles et pauvres parmi les plus pauvres de la planète, ont donc choisis de confier leur destinée à  deux hommes qu’ils connaissent et dont le combat pour la justice et la liberté a duré des années. Il ne nous reste plus qu’à  prier qu’ils nous fassent oublier les expériences malheureuses et que sur la page blanche qui vient de leur être remise, ils écrivent une histoire nouvelle, un demain plus beau pour ceux qui ont mis en eux leur dernier espoir.

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