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BVG : Sidi Sosso Diarra remet son dernier rapport au Chef de l’état

Le Vérificateur général Sidi Sosso Diarra, en fin de mission, a remis hier son dernier rapport (2010) au chef de l’à‰tat au cours d’une modeste cérémonie qui s’est déroulée au Palais de Koulouba. C’’était en présence du Premier ministre Modibo Sidibé et de plusieurs membres du gouvernement. Détaillant le rapport 2010, Sidi Sosso Diarra le décrira comme la synthèse des résultats de 14 vérifications financières, 5 vérifications de performance, 5 suivis de recommandations, une étude transversale et 2 vérifications sur saisine reçues. Les travaux ont été effectués au sein de 21 structures publiques. Le total du manque à  gagner constaté dans le présent rapport est environ 35 milliards Fcfa. Cette somme est le résultat de vérifications effectuées dans 16 entités en 2010. Le vérificateur général a noté que les principaux dysfonctionnements et irrégularités constatés portaient sur la non-perception des droits et taxes dus à  l’à‰tat, les détournements des fonds et biens publics, les faiblesses dans la protection de l’environnement et l’insuffisance de la coordination des services publics impliqués dans la promotion de la femme. La mise en œuvre complète et diligente des recommandations formulées, a-t-il indiqué, permettra au Trésor public de recouvrer les fonds qui lui sont dus et aux différentes entités concernées de fonctionner avec plus d’efficacité, d’efficience et d’économie. Sidi Sosso Diarra s’est félicité que le taux de mise en œuvre des recommandations antérieures soit supérieur à  60%. Cette performance, a-t-il jugé, est le signe de la pertinence de ses recommandations mais surtout de l’adhésion des services publics au principe même du Bureau du vérificateur général. A cela s’ajoute l’amélioration notable de la qualité des relations de travail entre l’ensemble des entités vérifiées et le Bureau du vérificateur général. DES CHANGEMENTS DE VALEUR. Il a toutefois critiqué les résistances notées en matière de fourniture de documents et informations. Ces résistances, de son point de vue, sont nuisibles mais résiduelles et elles devraient être dissipées pour permettre des travaux diligents et complets. De même, le total du manque à  gagner identifié en 2010 atteste que l’ivraie de la mauvaise gestion des deniers publics continue encore d’éroder les efforts de développement national, a-t-il diagnostiqué. Sidi Sosso Diarra a saisi l’occasion pour faire le bilan de son mandat de sept ans à  la tête du bureau. Selon lui, le travail abattu par son équipe durant ces années a induit des changements de valeur et d’ampleur dans la gouvernance au Mali. Les résultats ainsi obtenus ont été accomplis par des femmes et des hommes qui, par leur engagement quotidien, ont permis au Bureau du vérificateur général d’être une entité active et productive, a estimé Sidi Sosso Diarra. Les travaux réalisés par l’institution, a-t-il analysé, améliorent la connaissance et le diagnostic des dysfonctionnements majeurs qui affectent la gestion publique, à  savoir les faiblesses des systèmes de contrôle interne, la méconnaissance de la réglementation, les fonctionnements défectueux des systèmes informatiques, en particulier ceux de la chaà®ne des dépenses publiques et des recettes douanières, le non-recouvrement des droits et taxes. A cette liste, il faut ajouter la liquidation des droits et taxes sur des bases illégales, le non-encaissement des chèques bancaires, la non-application des règles de transparence et de mise en concurrence des candidats aux marchés publics, l’absence de rigueur dans l’exécution des clauses des marchés, l’absence de cadre de performance. En tout état de cause, Sidi Sosso Diarra a souligné l’utilité du BVG. « Ayant eu l’honneur de le diriger pendant sept ans, je puis témoigner de sa grande utilité dans l’œuvre de construction nationale. J’ai pu me rendre compte de la pierre de touche qu’il constitue dans l’amélioration de la gestion publique. l’apport d’un outil comme le Bureau du vérificateur général ne saurait être cerné à  travers le prisme réducteur des pertes financières révélées, mais plutôt dans les mutations qui s’opèrent progressivement dans l’organisation, le fonctionnement et le contrôle des services publics », a-t-il commenté. Le vérificateur général a, en outre, attesté que l’indépendance d’action et de gestion qui a été octroyée à  son institution, constitue sa principale force. « Cette indépendance, comprise comme l’aptitude de prendre des décisions sans influence, est la sève nourricière de la qualité de ses travaux. Elle devrait être maintenue, voire renforcée », a-t-il plaidé. Sidi Sosso Diarra a rendu un hommage sincère au chef de l’à‰tat pour avoir mis en place le Bureau du vérificateur général du Mali et surtout de l’avoir soutenu. « l’ouvrage que vous avez mis sur le métier il y a sept ans en me nommant aux fonctions de vérificateur général poursuit son parcours et il est heureux de constater que votre soutien lui reste indéfectible. l’institution, en effet, concrétise l’un des vœux qui vous sont le plus chers, à  savoir l’amélioration de la gouvernance publique s’appuyant sur une structure de contrôle innovante, inspirée par l’expérience du Bureau du vérificateur général du Canada », a indiqué le Vegal. Sidi Sosso Diarra s’est dit satisfait qu’en plus de l’adhésion des structures publiques, le peuple malien tout entier s’est approprié le concept du Bureau du vérificateur général, suit ses travaux et veille sur les particularités qui en sont les forces. UNE DECISION COURAGEUSE. Dans son intervention, le président de la République a rappelé les péripéties de la création du Bureau du vérificateur général en jugeant que la décision de créer une structure de contrôle indépendante dans notre pays était une « décision courageuse voire audacieuse ». Depuis 7 ans déjà , beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et le Bureau du vérificateur général a produit plusieurs rapports suscitant parfois émotion, colère voire des polémiques fâcheuses. Le chef de l’à‰tat n’a d’ailleurs pas manqué de critiquer les polémiques ayant opposé le vérificateur général et les structures vérifiées, de l’étape des vérifications à  celui des investigations ou même de l’instruction au niveau de la justice. « Je ne regrette pas d’avoir mis en place le Bureau du vérificateur général. Mais l’usage dont on en a fait ne m’a pas plu », a-t-il aussi indiqué. Le travail du BVG exigeant mesure et responsabilité, Amadou Toumani Touré estime que la structure ne saurait être « une scène de théâtre ou de spectacle ». Selon lui, le BVG, au delà  de son rôle de contrôle, peut être utilisé pour éduquer, former ou même faire peur. Le président Touré reste cependant ferme sur la lutte contre la corruption et la délinquance dans notre pays. « Il ne s’agit pas de détourner le denier public et de dormir en prison. Tu manges, tu paies », a-t-il abruptement énoncé. Le chef de l’à‰tat a salué le travail abattu par Sidi Sosso Diarra durant ses 7 ans à  la tête du bureau. « Vous avez conduit à  bon port le bateau qu’on vous a confié », a-t-il constaté. Amadou Toumani Touré a aussi salué l’ensemble des structures de contrôle qui ont permis à  notre pays de récupérer beaucoup de fonds détournés. Il a annoncé que la nomination d’un nouveau vérificateur général et de son adjoint ne saurait tarder. La cérémonie a pris fin avec la décoration de Sidi Sosso Diarra qui a été fait officier de l’Ordre national du Mali par le président de la République.

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