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Oumar Mariko face à la presse : « Les politiciens doivent éviter d’apparaître comme des hommes affamés ! »

Deux jours après l’annonce de cette dissolution, Oumar Mariko, qui était par ailleurs le président du groupe parlementaire, s’est prêté aux questions des journalistes dans la salle de conférence de la radio «Â Kayira I » à  Bamako. Il aborde entre autres les raisons du refus de son parti d’entrer au gouvernement, la démarche à  adopter dans les jours à  venir pour la formation d’un nouveau groupe parlementaire, etc. Pourquoi avez-vous refusé de participer au nouveau gouvernement ? Oumar Mariko : Nous avons refusé de participer à  ce gouvernement pour des raisons de principes et d’éthique propres à  notre parti. Ce gouvernement aura pour mission de mettre en œuvre le Programme de développement économique et social (PDES) du président ATT. Or ce programme, nous l’avons combattu depuis 2007. Car il encourage les privatisations, l’injustice du capitalisme, le dictat des institutions de Bretton Woods, la spoliation des paysans de leurs terres à  l’Office du Niger, etc. De ce fait, ce programme n’est pas conforme aux orientations et à  la lutte que mène le parti. Il est donc compréhensible que nous ayons refusé la main tendue du chef de l’Etat. Notre place n’est pas dans ce gouvernement. Elle est dans l’opposition pour la défense de nos valeurs démocratiques. Journaldumali.com : En 2002, vous êtes pourtant entrés au gouvernement d’ATT ? Oumar Mariko : Le contexte était différent. Nous sommes rentrés au gouvernement au nom du consensus politique souhaité par le président Amadou Toumani Touré à  l‘époque. Mais nous avons posé nos conditions : celle de rester fidèle à  notre orientation politique. En acceptant en son temps le portefeuille de la culture, ( ndlr Cheikh Oumar Sissoko ), notre prétention n’était pas de révolutioner la culture, mais d’apporter notre expertise et de servir notre pays. Malheureusement, le document d’accord, qui avait été signé entre ATT et nous, n’a pas été respecté. C’’est pour cela qu’en septembre 2007, nous avons refusé de rentrer au gouvernement. Et nous l’avons réaffirmé récemment avec la formation du nouveau gouvernement. Journaldumali.com : Qu’est-ce qui a motivé la dissolution du groupe parlementaire PARENA-SADI ? Oumar Mariko : Nous avons formé ce groupe parlementaire avec le PARENA pour des raisons claires. Malgré nos divergences de vue (qui ont fait que nous partageons des partis politiques différents), nous étions en 2007 sur la même longueur d’onde sur plusieurs questions à  l’Assemblée. Mieux, nous partagions des valeurs démocratiques. Mais avec la nouvelle donne, nous sommes obligés de nous séparer. Nous avons été surpris de cette décision du PARENA. En fait, les dispositions de la Loi N°00- 047 du 13 juillet 2000, portant statut des partis politique d’opposition en République du Mali, prévoient de fait la dissolution du groupe dès l’entrée du PARENA au gouvernement. Car à  partir de cet instant, il n’est plus de l’opposition. C’’est ainsi que dans un document remis lundi dernier, le parti SADI a clairement exprimé sa position au bureau de l’Assemblée nationale. Journaldumali.com : Regrettez-vous d’avoir formé avec le PARENA un groupe parlementaire en 2007 ? Oumar Mariko : Pas du tout ! Ce que nous regrettons C’’est la rupture en plein chemin. A ce stade de la lutte, nous avions entrepris beaucoup de choses avec les députés PARENA. Ce parti a fourni à  notre Assemblée de valeureux députés. C’’est dommage que n’ayons pu continuer la lutte. l’entrée du PARENA au gouvernement est un gâchis pour notre lutte avec leurs députés. Journaldumali.com : Allez-vous débaucher des députés pour former un groupe parlementaire ? Oumar Mariko : Aucun contact n’est entrepris pour débaucher qui que ce soit. Cependant, nos portes resteront ouvertes à  ceux qui partagent les mêmes valeurs démocratiques que nous. A l’Assemblée nous resterons des députés d’opposition, et nous allons nous battre pour notre positionnement. Les politiciens doivent éviter d’apparaà®tre comme des hommes affamés. Nous avons un devoir vis-à -vis de nos électeurs à  qui nous devons rendre des comptes.

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