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Terrorisme : Peut-on vaincre AQMI ?

Après plusieurs mois de silence, sans doute mis à  profit pour se réorganiser et se réarmer pour éviter et mieux répondre à  des attaques comme celle menée récemment par la France et le Niger contre une de leurs positions, la nébuleuse suscite encore des appréhensions. Cette peur bleue a été exprimée par l’ambassade de France à  Bamako qui fait état de risques très élevés de prises d’otages de ressortissants français au Mali et au Niger. Une source sécuritaire malienne a également avoué être au courant du projet nourri par Al-Qaà¯da d’officialiser sa présence en Libye en enlevant des Occidentaux dans les pays du Sahel pour les transférer ensuite au pays de Kadhafi. Cette alerte est à  prendre au sérieux car, en plus du fait qu’AQMI détient toujours quatre Français depuis septembre dernier, le régime libyen avait aussi annoncé l’implication des disciples africains de Ben Laden dans le conflit qui l’oppose aux insurgés. Et cela repose l’épineuse question de la lutte contre l’araignée vénimeuse de la zone sahélo-saharienne, une région qui attire pourtant de nombreux touristes de l’Occident. Certes, il serait injuste de mettre sous le boisseau les efforts consentis par les pays concernés dans l’optique d’enrayer ce triste phénomène. Il serait cependant plus honnête et plus utile de reconnaà®tre que les actions menées dans ce sens n’ont pas toujours été accompagnées de stratégies consensuelles et de moyens adéquats. Au point que l’on est parfois tenté de se demander si l’on arrivera un jour à  bout de cette hydre dont les multiples têtes repoussent spontanément dès qu’on les sectionne. Mais toute vraie victoire s’appuie sur un socle psychologique fort, d’o๠la nécessité de préférer à  la question de savoir si l’on peut vaincre AQMI, celle de savoir si l’on veut réellement y arriver. Pour mieux traquer cette force difficilement saisissable jusque dans ses derniers retranchements, une synergie d’actions semble absolument indispensable. Une action conjointe franco-mauritanienne a déjà  permis de localiser et de frapper une base d’AQMI. La France et le Niger ont aussi détruit un groupe après une prise d’otages. C’est la preuve que l’invincibilité de ce mouvement n’est qu’un mythe. Il est donc grand temps de planifier une intervention durable basée sur une synergie d’actions impliquant aussi bien les pays victimes des enlèvements que ceux abritant les kidnappeurs. Ces derniers doivent naturellement jouer un rôle de premier plan, dans la mesure o๠les rapts se déroulent sur leurs sols et leurs auteurs s’y cachent. Car, hormis la Mauritanie, et l’Algérie dans une certaine mesure, les autres pays de la bande sahélo-saharienne ne donnent pas l’impression d’accorder la place qu’il faut à  cette lutte anti-terroriste. Est-ce parce que les terroristes n’ont visiblement pas pour objectif de déstabiliser ou de conquérir les pouvoirs d’Etat en place ? L’on sait en tout cas avec quelle hargne, quelle fougue et quel entrain, nombre de dirigeants défendent leurs trônes menacés par des rébellions ou des tentatives avérées ou imaginaires de coup d’Etat. Ils n’hésitent pas, dans ce cas, à  user de tous les arguments convaincants possibles pour, en cas de besoin, bénéficier d’un soutien extérieur conséquent pour sauver leur régime. Qu’ils mettent aussi le même zèle à  développer des stratégies et des systèmes de coopération militaire pouvant procurer à  leur Etat l’assistance technique et matérielle nécessaire en vue de sécuriser leurs territoires. Il y va non seulement de l’image des pays concernés, mais aussi de leur capacité à  attirer des touristes et des investisseurs étrangers. Les pays occidentaux ne sont guère épargnés par la sérieuse menace que constitue le terrorisme pour leur stabilité. Leurs ressortissants en sont du reste les premières victimes, d’o๠l’urgence pour eux de contribuer à  susciter des plans de lutte pragmatiques avec un effet positif assuré. Cela passe par une dotation des pays africains en moyens opérationnels allant du matériel militaire aux renseignements en passant par l’accompagnement technique et tactique. Mais les pays de la bande sahélo-saharienne ne peuvent pas occulter le fait qu’ils ont le devoir d’assurer la sécurité de tout citoyen vivant sur leur territoire.

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