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MALI : Faut-il reporter les élections de 2012 ?

La classe politique réservée La question intéresse ardemment les partis politiques et la société civile qui ont fait plusieurs déclarations de principe pour l’organisation d’élections transparentes et fiables en 2012. Mais à  côté des réformes constitutionnelles promises par l’hôte de Koulouba, les observateurs interrogent la fiabilité du fichier électoral au Mali alors que le RAVEC, le recensement national est toujours inabouti. Plusieurs organisations religieuses ont ainsi appelé à  la tenue d’élections « transparentes » en avril 2012 et vont mettre en place « une structure de veille chargée de surveiller les préparatifs des scrutins, dénommée Alliance pour des élections régulières et transparentes (APERT) ». Ces organisations estiment que la première étape pour que les élections générales (présidentielles, législatives et locales) se déroulent dans la régularité et la transparence, est de doter le Mali « d’un fichier électoral fiable ». C’est « urgent », souligne le texte signé par Le Forum des organisations de la société civile, le groupement des commerçants, le Haut conseil islamique du Mali, l’archevêché de Bamako et les syndicats. La question du temps se pose également et a été évoquée lors d’un débat organisé par le PARENA, le parti de Tiébilen Dramé sur le thème suivant: «Â Le processus électoral au Mali, que faire pour organiser des élections transparentes et crédibles dans les délais ? ». Autrement dit, en l’espace d’un an, comment s’assurer d’un fichier électoral conforme aux exigences d’une élection démocratique? Réponse des responsables du Parena : La mise en place d’une Alliance pour des élections transparentes en 2012, alliance basée sur des consultations et un plaidoyer des acteurs de la société civile, envers les hauts responsables politiques de ce pays. Surtout, l’appel du Parena vise à  prioriser les élections générales de 2012 quitte à  mettre en berne les réformes constitutionnelles promises par ATT. On ne peut pas suivre plusieurs lièvres à  la fois, semble dire le PARENA, qui souhaite ardemment que le Mali soit épargné par « des élections contestées, des crises et crispations post-électorales ». Un défi de taille pour président de la république mais aussi toutes les forces vives de la nation », a rappelé Tiébilen Dramé. Face aux cas de la Côte d’Ivoire, du Nigéria récemment ou encore des troubles qui agitent le Burkina Faso, l’appel du PARENA apparaà®t légitime. Par ailleurs, l’URD (l’union pour la République et la Démocratie) par la voie de son président Younoussi Touré remettait également en cause le fichier électoral actuel et ne souhaitait pas participer aux élections sur cette base, un avis également émis par d’autres formations comme l’ADEMA ou le RPM. Tandis que d’autres leaders politiques comme Poulo Guindo, président du parti CODEM, prône purement et simplement le report des élections à  2014 ? Loin de ressembler au scénario ivoirien, comment ce report, s’il avait lieu, serait-il perçu par les Maliens ? Vers un nouveau fichier électoral ? Quel fichier électoral pour 2012 ? Voilà  la question qui agite les partis politiques et la société civile malienne. l’actuel fichier est jugé caduc par les experts politiques car basé sur le RACE( Recensement administratif à  caractère électoral), un fichier vieux d’une dizaine d’années. Pour le Colonel Ntjo Bengaly, chef du bureau du fichier électoral, celui-ci serait même élaboré sur « la base de produits obsolètes et hors d’usage ». Reste que la mise en place d’un nouveau fichier électoral poserait problème faute de moyens et prendrait du temps puisque le travail d’extraction des électeurs à  partir de l’actuel RAVEC (Recensement administratif à  caractère d’état civil), une base de données à  caractère national devait débuter depuis Janvier et n’a pu se faire faute de ressources. Fautil alors utiliser le fichier obsolète ou reporter les élections ? Pour solutionner la question du temps, le gouvernement envisage de mettre en place un fichier biométrique avec des cartes d’électeurs informatisées. Cela dit, pourquoi ATT n’a-t-il pas pris en compte cet aspect un peu plus tôt lors de son mandat alors que la question a maintes fois été évoquée par la classe politique malienne et soulignée par lui même dans plusieurs déclarations. Réponse lors de la rencontre entre les partis politiques et l’actuel ministre de l’Administration territoriale, le Général Kaofugouna Koné ce mardi. Nous y reviendrons.

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