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Liberté d’expression en Afrique : encore un long chemin à parcourir !

Le gouvernement algérien de Bouteflika s’est illustré ce 3 mai, Journée internationale de la liberté d’expression, en interdisant la parution du dernier roman de l’écrivain Mohamed Benchicou. En effet, sur instruction du ministre de la culture, Mme Khalida Toumi, le Directeur de la Bibliothèque nationale a refusé le dépôt légal du dernier roman de Mohamed Benchicou, «Â Le mensonge de Dieu » qui devait paraà®tre chez un éditeur algérois. Ce dernier avait introduit sa demande le 19 janvier dernier. «Â Le mensonge de Dieu », roman historique, va sur les traces du peuple algérien de 1870 à  nos jours à  travers les destins croisés d’une famille de combattants indigènes, insoumis et séducteurs. Le roman sort en librairie ce jeudi en France et au Canada chez les «Â Editions Michalon ». Contraire à  la constitution du pays A l’heure o๠la parole se libère partout dans le Maghreb et dans le monde arabe, le régime algérien vient de légaliser la censure en transformant une formalité administrative en «Â autorisation de paraà®tre », s’indignent dans la presse, les défenseurs des droits l’homme en Algérie.  «Â l’Algérie devient le seul pays dans le monde à  utiliser la délivrance du numéro d’ISBN, simple enregistrement dévolu à  la Bibliothèque nationale pour immatriculer les ouvrages afin d’en faciliter la gestion par les professionnels, en «Â permission d’éditer », a déploré l’auteur dans un communiqué publié dans la presse algéroise. «Â Mme le ministre de la Culture se substitue à  la justice de son pays, dont elle bafoue les lois, déplore Mohamed Benchirou. Qui précise que la censure d’une œuvre de création intellectuelle relève des prérogatives exclusives de l’autorité judiciaire, et non d’un ministre. La Constitution algérienne proclame dans son article 38 : l’auteur a, en effet, saisi toutes les instances nationales (Syndicat des éditeurs du livre, SNJ…) et internationales (Unesco, Organisation mondiale des écrivains, presse internationale…)   à  propos de cette nouvelle censure d’un autre temps décidée à  la veille de la célébration de la Journée internationale de la liberté d’expression. Des efforts au Mali La nouvelle de cette censure a indigné les défenseurs des droits de l’homme. Elle relance, une fois de plus, le débat sur le respect de la liberté d’expression dans les pays africains o๠de nombreux journalistes et écrivains sont censurés, traqués à  cause de leurs idées. Beaucoup d’entre eux sont exilés, ou ont disparu dans des conditions non élucidés. Selon le rapport 2011 de Reporters sans frontières (RSF), 18 journalistes ont été tués à  travers le monde. l’exemple de notre confrère Norbert Zongo (de « l’Observateur Paalga » du Burkina Faso) en est une illustration parfaite. En Gambie, au Rwanda, en République démocratique du Congo (RDC), au Cameroun, etc. (pour ne citer que ces pays), la liberté d’expression a véritablement du chemin à  parcourir. Dans ces pays, plusieurs citoyens régulièrement victimes de chasse aux sorcières à  cause de leurs prises de positions. Au Mali, si des efforts sont à  saluer, certains cas d’emprisonnements de journalistes restent encore de mauvais souvenirs. En 2006, plusieurs journalistes et animateurs de la radio « Kayira » ont payé les frais de leur liberté d’expression à  Niono. l’affaire dite de « la maitresse du président », a occasionné l’emprisonnement de cinq journalistes maliens, une page sombre de notre démocratie. Le débat en cours pour la dépénalisation des délits de presse sonne ainsi aux yeux des observateurs, comme une réponse aux menaces sur la liberté d’expression au Mali.

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