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Afrique Noire, l’éternelle « oubliée » du Festival de Cannes

C’’est ce mercredi 11 mai que va s’ouvrir en France la 64ème édition du Festival de Cannes. Haut lieu de compétition entre les cinéastes du monde entier, cette fête constitue un cadre et d’échanges entre les professionnels du 7ème art. Très présent l’année dernière sur la croisette, l’Afrique semble être la grande oubliée dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2011. Au vu de la sélection officielle, annoncée le 14 avril, aucun de ses réalisateurs ne peut prétendre suivre la trace du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, dont le film «Â Un homme qui crie » (premier film africain en compétition pour la Palme d’or depuis 1997), avait remporté le prestigieux prix du jury. Tout au plus le Maroc apparaà®tra-t-il sur l’immense écran du Palais des festivals grâce à  «Â La Source des femmes », de Radu Mihaileanu, un réalisateur français d’origine roumaine. Entièrement tourné dans l’Atlas, ce long-métrage raconte comment, des femmes, lasses d’accomplir des tâches éreintantes, décident de faire la «Â grève du sexe » jusqu’à  ce que les hommes amènent enfin l’eau au village. Dans la sélection officielle non compétitive, «Â Un certain regard » représentera le continent pour la deuxième année consécutive, avec Skoonheid, du jeune Oliver Hermanus, déjà  remarqué en 2009 avec Shirley Adams. Le cinéma égyptien à  l’honneur l’Afrique peut néanmoins se consoler avec une nouvelle. Car, l’Egypte sera cette année le premier pays invité du festival de Cannes qui inaugure ainsi un hommage annuel aux grands pays du cinéma, avec un programme spécial de projections et de festivités le 18 mai. « Cette journée, sur laquelle planera le souvenir du regretté Youssef Chahine (mort en 2008), permettra de mettre l’accent sur les forces vives du cinéma égyptien qui sera représenté par des réalisateurs, des acteurs, des producteurs, des techniciens », ont indiqué jeudi les organisateurs du festival dans un communiqué. Mais, a précisé à  l’AFP le délégué général du festival, Thierry Frémaux, « le choix de l’Egypte n’est pas seulement motivé par les événements récents dans toute la région : il s’agit d’abord de rendre hommage à  un grand pays de cinéma ». Le président égyptien Hosni Moubarak a été contraint de quitter le pouvoir le 10 février après plus de deux semaines de manifestations populaires. Ces dix-huit jours de manifestations ( à  partir du 25 janvier ) ont d’ailleurs inspiré la première œuvre projetée le 18 mai : « 18 jours » réunit les courts-métrages de dix réalisateurs (Sherif Arafa, Yousry Nasrallah, Mariam Abou Ouf, Marwan Hamed, Mohamed Aly, Kamla Abou Zikri, Sherif El Bendari, Khaled Marei, Ahmad Abdallah et Ahmad Alaa), tournés dans l’urgence, « sans budget et de manière complètement bénévole », précise le festival de Cannes. L’histoire du cinéma égyptien est un véritable conte, o๠se mêlent larmes et sourires, et o๠les drames s’entrelacent au chant et à  la danse Deux longs-métrages égyptiens seront également présentés, l’un dans la sélection « Cannes Classics », avec une copie neuve du Facteur (Al Bostagui) d’Hussein Kamal (1968) et « Le Cri d’une fourmi » de Sameh Abdel Aziz (2011). Par ailleurs, le festival proposera un documentaire inédit sur la révolution de jasmin, en Tunisie, « Plus jamais peur » de Mourad Ben Cheikh (Tunisie), et « The Big Fix » (Surdose) de Josh Tickell (USA), documentaire environnemental produit par Peter Fonda. En choisissant l’Egypte comme pays invité d’honneur de cette 64ème, le Festival de cannes rend un hommage mérité au cinéma africain. On se rappelle qu’on 2009, le film «Â Minyé » de notre compatriote Souleymane Cissé avait été projeté en hors compétition.

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