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Luc Togo à propos de l’ AMO : « C’est simplement un problème de pédagogie ! »

Dotée des éléments de politiques en matière de protection sociale, la Direction nationale de la Protection sociale et de l’économie solidaire (DNPSES) a été on ne peut plus la cheville ouvrière du montage technique de l’AMO. Journaldumali.com : Pourquoi l’AMO ? Luc Togo : Je vous remercie d’être venu pour vous imprégner sur l’AMO. Vous savez, l’information est essentielle surtout dans des matières comme la réforme sociale qui touche au plus profond de la personne. L’assurance maladie obligatoire pourquoi? Parce que dans les pays comme le notre, les gens ont des limites objectives pour accéder aux soins quant ils sont malades. C’est à  dire que quand vous, ou un membre de votre famille est malade, soit vous vous dirigez vers un centre de santé pour vous faire soigner en acceptant de payer l’intégralité des prestations (et pour cela, l’on sait quelle misère le chef de famille court), soit vous choisissez de faire recours à  des tradipraticiens. Toujours est-il que quant on a une épisode de maladie dans la famille, on éprouve d’énormes difficultés à  se soulager. Du coup, la problématique de la barrière financière se pose. C’’est ainsi que, dans un contexte o๠les gens ont des revenus limités, nous avons perçu le dispositif AMO comme une véritable alternative à  même de résorber les difficultés liées à  la prise en charge socio sanitaire. L’AMO contribue à  n’en pas douter à  alléger les charges et facilitent l’accès aux soins de santé. Voilà , entre autres, les raisons qui ont motivé l’Etat à  initier l’AMO. Et, surtout que la protection sociale est un droit constitutionnel. Journaldumali.com : Qu’est-ce qui fait la spécificité de ce dispositif ? Luc Togo : Ce qui, à  mes yeux, demeure fortement symbolique C’’est le fait que l’AMO comporte une notion de solidarité très manifeste. Le système est fait en sorte que la cotisation des uns permet aux autres d’accéder aux soins de santé, car il est clair que tous ne peuvent tomber malade au même moment. Journaldumali.com : Pourquoi la mise en œuvre de l’AMO a suscité autant de réticences au sein de certains milieux socio-professionnels ? Luc Togo : Ecoutez ! Il y a un certain nombre d’explications claires qu’il faut donner. Loin d’être une imposition de l’Etat, le principe de l’AMO avait été revendiqué notamment par les partenaires sociaux. Les premières études du programme datent depuis 2004. Elles ont été suivies par de grandes consultations. Ainsi donc, les partenaires sociaux dont les centrales syndicaux, le Patronat, l’Association des retraités…, ont été consultés et associés à  toutes les étapes du processus de montage du dispositif AMO qui, déjà , était perçu comme une véritable révolution en matière de protection sociale dans notre pays. Bien d’autres études ont été faites pour non seulement décider de la taille des cotisations, mais aussi pour décider de la forme du (ou des) service qui allait gérer le projet. C’’est ainsi que le projet de loi relatif à  l’AMO a été monté et transmis à  l’Assemblée nationale qui l’a adopté après avoir consulté au préalable les partenaires sociaux. Voilà  une étape qui s’est déroulée sans anicroche. Ce qu’il déplorer C’’est la phase mise en œuvre qui a cruellement manqué de pédagogie. En ce sens que les partenaires sociaux n’ont pas pleinement joué leur partition qui consistait à  relayer l’information à  la base, auprès de leurs militants. Voilà  pourquoi il faut comprendre la réaction subite et négative de certains travailleurs vis-à -vis de l’AMO. Certainement l’Etat aussi n’a pas convenablement joué sur le levier de la communication à  un moment crucial, c’est-à -dire après l’adoption. Journaldumali.com : Qu’est-ce qu’il faudra pour que l’AMO obtienne une adhésion nationale ? Luc Togo : l’AMO est une réforme essentielle qui vient à  un moment o๠tous les pays sont en train de basculer dans un système de protection social performant et sécurisé. Le mali ne saurait aucunement rester à  la traine. Et déjà , il faut le dire, nous sommes entrain de servir de modèle à  certains pays comme le Cameroun, le Burkina…Je suis convaincu que l’adhésion et la compréhension des uns et des autres vont s’améliorer si seulement les partenaires sociaux et l’Etat intensifient l’information et la communication autour de ce précieux dispositif.

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