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Pouponnière I, que s’est-il vraiment passé ?

« En aucun moment, le directeur national de la promotion de l’enfant ne nous a parlé de ce problème de façon verbale ou écrite » nous a confié un haut cadre du ministère de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille. l’attitude de la direction de la pouponnière avait été condamnée à  l’époque par le cabinet qui lui a reproché de dissimuler des informations importantes pour le département. « Lorsque la ministre de l’époque a appris l’information, elle a appelé la secrétaire générale du département qui n’était au courant de rien. En ce moment, les deux responsables ignoraient totalement l’existence d’un tel problème. C’’est ainsi qu’une réunion d’urgence a été convoquée dans le bureau de la ministre. Le 7 mars 2011, C’’est la date de cette réunion qui a duré plus de 3 heures », nous confie-t-il encore. Au cours de cette rencontre, la parole a été donnée à  tous les protagonistes pour entendre leur version des faits. A la fin, le ministre a instruit au directeur de fournir un rapport de suivi de tous les centres d’accueil, y compris la Pouponnière. Mme Maiga Sina Damba voulait avoir une clarification sur chaque décès. Quelques jours après, elle s’est rendue au centre pour échanger avec le personnel à  qui elle a prôné l’entente et donner des directives pour la bonne gestion. Du coté des partenaires, des rencontres ont également eu lieu pour connaà®tre la nature de leur contribution afin d’assainir la gestion technique et financière. « Actuellement, on est à  une phase pour gérer les recommandations. Il faut aller vers le renouvellement de toute l’équipe » déclare notre interlocuteur du département. Des conditions déplorables Contacté par nos soins, une source hospitalière à  l’hôpital Gabriel Touré nous a confié avoir constaté courant janvier l’admission d’un nombre élevé d’enfants provenant du centre d’accueil. « On pouvait compter souvent 5 à  6 enfants hospitalisés » Après une mise en garde verbale, Mme Simpara Aminata Doumbia, que nous avons rencontré à  son lieu de service, a confirmé l’envoi d’une correspondance officielle, écrite à  la demande d’un agent du centre. « Celles qui accompagnaient les enfants ne savaient même pas préparer le lait » s’étonne Mme Simpara. Pour elle, C’’est un problème de préparation et de conservation du lait qui a été à  l’origine des maladies des enfants. Cette thèse rejoint le témoignage d’un enquêteur qui a effectué plusieurs visites à  la Pouponnière. Cet enquêteur certifie que biberon et mouches cohabitent dans un océan d’eau sale pendant plusieurs heures. Cet enquêteur évoque aussi le problème de l’insuffisance du personnel d’encadrement. Une seule personne peut s’occuper de plusieurs enfants. ‘’Moi-même, je suis mère de famille. On sait le prix de la prise en charge correcte d’un seul enfant à  plus forte raison plusieurs » s’agit-il d’une cabale ? La thèse officielle est réfutée par un agent du centre sous le couvert de l’anonymat. Selon elle, C’’est une cabale montée en toute pièce sur fond de rivalité entre la directrice et son adjointe. Travaillant à  la pouponnière depuis 3 ans, elle confie qu’il y a à  sa connaissance quelques cas de décès. « Le manque d’hygiène et de personnel d’encadrement à  la pouponnière I constitue un handicap à  la bonne marche de la structure et est la cause de toutes les maladies dont souffrent les enfants », peut-on lire dans un rapport rédigé par le commandant de la brigade chargée de la protection des mœurs et de l’enfance, contrôleur Ami Kane. Le débat autour de la mort des 33 enfants à  la pouponnière de Bamako ne serait-il donc qu’un coup monté de toute pièce ? Selon l’agent du centre, le centre n’a enregistré que la mort de 3 enfants. Les auteurs de cette cabale auraient donc voulu jouer sur la sensibilité du public pour attirer l’attention sur la direction de la pouponnière. Le conflit de leadership au sein de l’instance dirigeante de la pouponnière, arrive ainsi sur la place publique sous forme d’accusations au demeurant très grave si elles venaient à  être prouvées. En tout cas, la direction se défend et affirme que les enfants orphelins ou abandonnés qui lui sont confiés ne sont pas maltraités ou délaissés. Les trois décès sont d’ailleurs dus à  des causes naturelles et non à  cause d’un défaut d’hygiène ou de soin. l’enquête en cours, il faut le rappeler, ne concerne pas que les cas de décès d’enfant mais aussi une procédure d’adoption peu transparente. La directrice Mme Diallo Ami Kéita devra répondre des faits qui lui sont reprochés si ceux si sont avérés. En attendant, elle dort à  la prison pour femmes de Bollé.

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