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L’ombre de Kadhafi

C’’est la petite ville de Sipopo à  10 kilomètres de Malabo, la capitale équato-guinéenne qui accueille finalement le Sommet de l’Union Africaine. Des délégations de quelque 50 pays membres de l’UA, ainsi que les délégations et les observateurs en provenance de Chine, de Grande Bretagne, de Slovénie et du Japon sont déjà  arrivées à  Malabo. La rencontre a pour thème « Accélérer l’autonomisation de la jeunesse pour le développement durable ». Selon le programme de travail établi par l’UA, la 22e session ordinaire du Comité permanent des représentants (CPR) s’est tenue les 23-24 juin et la 19e session ordinaire du Conseil exécutif a eu lieu hier et avant-hier, alors que la 17e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat de l’UA est prévue demain et vendredi. Mais le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, a donné le ton lundi 27 juin en insistant sur une résolution politique de la crise libyenne, lors de son discours de bienvenue aux participants de ce sommet, la crise libyenne sera au centre des débats. Le thème principal reste maintenu. La problématique des jeunes Africains, leurs attentes et espoirs, et surtout la manière de les piloter vers un avenir meilleur, en leurs donnant les moyens d’y parvenir, devraient constituer le C’œur du débat lors du sommet de demain et vendredi. Il est clair cependant que les crises actuelles sur le continent monopoliseront les débats qui promettent d’être houleux. Surtout en ce qui concerne la question libyenne tant l’Afrique a du mal à  s’entendre sur la position à  tenir face à  la crise libyenne. Si, unanimement, tous les dirigeants du continent condamnent l’intervention armée de l’OTAN, ils ont des attitudes différentes face à  la rébellion représentée désormais par le Conseil National de Transition qui siège à  Benghazi depuis plusieurs mois maintenant. Et le rendez-vous équato-guinéen n’augure pas d’un consensus sur le dossier. Tout dépendra en fait de la position de quelques poids lourds comme le Nigeria», dont le président Goodluck Jonathan a reçu vendredi un message personnel de Kadhafi. l’absence de Wade (qui fait face à  des manifestations violentes dans son pays) pourrait minimiser la voix des opposants libyens à  qui il a rendu visite il y a quelques jours à  Benghazi. Il y avait clairement évoqué la nécessité du départ du Guide, une position que de plus en plus de pays africains affichent. Longtemps éludée par les africains, la mise à  l’écart de Kadhafi, réclamée par l’Occident, semble désormais l’option retenue par ses pairs. On se souvient qu’en début juin, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz affirmait que «son départ devenait une nécessité». Officiellement, la position du comité de médiation sur le conflit libyen est très claire : « C’’est aux Libyens de décider de l’avenir de la Libye». Mais dans les coulisses, le discours est autre. «Tout le monde souhaite (son) départ. Le débat porte (…) sur la manière d’y parvenir», confie un diplomate africain. Il faut «aussi préserver l’image de l’UA, qui ne peut se déjuger trop vite dans ses critiques de l’Otan», poursuivit-il. Selon Jean Ping, invité de RFI il y a quelques heures, « la position de l’Union africaine est très claire depuis le début. Les chefs d’Etats ont mis en place une feuille de route en quelques points. Premièrement, un cessez-le-feu immédiat ; ensuite, gérer les problèmes humanitaires et la transition ; et enfin les questions des réformes politiques que la Libye devra enclencher, quel que soit le régime qui sera installé. Elle devra être inclusive et consensuelle. Ce qui est loin d’être gagné. Une chose est sûre, C’’est que les africains ne doivent pas rater ce rendez-vous avec l’histoire. Les changements majeurs que connait le continent doivent pousser les dirigeants à  impulser une nouvelle dynamique à  l’organisation continentale. « Donner une meilleure image du continent » en affichant une unité vraie avec pour une fois, une position commune, quelle qu’elle soit.

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